31 déc. 2009

Deux accidents graves en quelques jours

Accidents d'engins de secours : quels enseignements tirer ?

En moins d'une semaine, alors que des conditions météorologiques hivernales régnaient sur le pays, deux accidents graves de la circulation impliquant des engins d'incendie et de secours sont survenus respectivement dans les départements du Gard et du Morbihan.

Dans le même temps, d'autres accrochages de moindre gravité sont survenus avec des engins de secours dont un mettant en cause une échelle aérienne du sdis 89.

Nous relations dans un précédent post l'accident du VSR d'Hennebont (Morbihan) au cours duquel un pompier a perdu la vie tandis que les deux autres membres d'équipage étaient gravement blessés.

Suite à l'annonce de ce décès, le BPAE (Bureau Prévention Accident Enquête) de la DSC diffusait le 24 décembre dernier un message dit "Sécurité Information Accident Mortel".

Les conclusions de ce message sont les suivantes :

"Tout déplacement routier présente un risque. Des accidents récents rappellent que des conditions météorologiques défavorables constituent des facteurs aggravants qu'il y a lieu de prendre en compte, notamment une éventuelle présence de verglas..../... Le risque routier est majeur et représente en 2009 plus de 40% des circonstances d'accidents mortels"

Loin de nous tout désir d'entrer dans une polémique stérile, cependant nous ne pouvons que regretter la "timidité" des propos mentionnés dans ce message.

Il est bien évidemment important de rappeler que les conditions météo influent sur les risques d'accidents de circulation cependant, il eut été interressant que soit à minima mentionnée la recommandation pour tous les occupants des engins d'incendie et de secours de boucler leur ceinture de sécurité, même si, malheureusement, le code de la route nous en dispense.

RETEX

- Tous les sdis, tous les CHS, les unités FORMISC, la BSPP, le BMPM ainsi que les organisations représentatives du personnel étant destinataires du message, nous espérons que cela induira une réflexion globale sur les besoins en équipements de sécurité de nos véhicules.

- Les normes relatives aux engins d'incendie et de secours doivent rapidement évoluer afin d'intégrer les dispositifs de sécurité que l'on retrouve depuis longtemps dans la voiture de Mr Tout le Monde (ceintures de sécurité trois points, airbags, etc...), mais aussi reconnaitre et intégrer les équipements visant à améliorer la signalisation des engins d'incendie et de secours (signalisation lumineuse et sonore)

- Comment pouvons nous accepter que les spécialistes du secours que nous sommes soient moins bien protégés dans les engins de secours en partant en intervention que lorsque nous venons au travail ou allons chercher du pain avec notre véhicule personnel ?

- Les sapeurs-pompiers doivent être demandeurs et ces exigences doivent apparaitre dans les futurs CCTP afin d'obliger les équipementiers à aller au delà des exigences réglementaires minimales derrière lesquels ils se retranchent pour fabriquer à moindre coût (les économies ne doivent pas se faire au détriment de la sécurité des sapeurs-pompiers),

Des solutions existent, il suffit de visiter les sites internet d'équipementiers américains tels que Seagrave (http://www.seagrave.com/ puis dans la rubrique Seagrave video gallery cliquer sur "crash test" , à voir également la présentation du nouveau chassis MarauderII qui permet de voir la structure renforcée de la cabine) ou Ferrara (http://www.ferrarafire.com/ puis cliquer sur ferrara custom puis sur safety) qui démontrent la nature des tests réalisés pour mettre en évidence la résistance des cabines. Au niveau des constructeurs européens, nous vous invitons à visiter l'excellent site de l'équipementier autrichien Rosenbauer (http://www.rosenbauer.com/ puis cliquer sur vehicles/municipal vehicles/Eurosystem/crew cabin) où l'on peut constater la nature et la qualité des équipements de cabines proposés avec par exemple une option pour les ceintures en version deux ou trois points !

- A quand le même genre d'offre sur le marché français ? Il faut pour cela que nos décideurs ne cèdent pas aux chants des sirènes de la MEC dont les auteurs ne considèrent que les dépenses engendrées par les services d'incendie sans prendre en compte les services rendus à la population, alors de là à prendre en compte la sécurité des sapeurs-pompiers !

- Le décès de notre collègue ne doit pas être considéré comme une fatalité mais bien comme la conséquence d'un risque majeur (cf : message du BPAE: 40% des décès en opération sont consécutifs à des accidents de circulation), alors il convient que ce risque soit pris en compte et d'agir en conséquences,

- Le code de la route devrait être modifié et les sapeurs pompiers ne devraient plus être dispensés du port de la ceinture de sécurité lors des phases de départ en intervention (puisque c'est à ces moments là que la prise de risque est la plus élevée),

- La formation des conducteurs doit être sérieusement revue notamment afin de se préparer à la conduite en situation d'urgence tant en réel qu'au moyen de simulateurs et autres formations spécifiques adaptées,

-Fort de tous les constats réalisés lors de la survenue des différents accidents impliquant des engins de secours et des sapeurs-pompiers, nous pourrions espérer que la BPAE ait un rôle plus proactif dans le domaine de l'amélioration des conditions de sécurité tout comme les organisations représentatives des SP qui devraient s'impliquer activement à ce sujet.

FIRETEX

Sources photos : Le midi Libre.com / Ouest-France

1 commentaire:

Yvan P. a dit…

Excellent post,
Je suis du même avis. Nous avons une approche archaïque du risque et de la sécurité. Bien sûr nos collègues anglo saxons ont plusieurs longueurs d'avance. Mas plus près de nous il faudrait aller voir comment travail l'armée de l'air, on apprendrait beaucoup.
Il faut juste lever la tête...