26 nov. 2009

Un véhicule de pompiers percute un piéton

COLLISION AVEC UN PIETON - UN BLESSE GRAVE
Photo d'illustration (non liée à l'accident mentionné)

Hier aux alentours de midi, alors qu'il partait en intervention, le VSR du CSP Meaux, en Seine et Marne, a percuté un piéton alors qu'il traversait un carrefour.

La victime, une jeune fille de 15 ans, se serait engagé sur un passage piéton mais, porteuse d'un balladeur MP3, elle n'aurait pas entendu arriver le véhicule des pompiers.

Il semble que le véhicule de secours roulait à faible allure puisqu'il venait de redémarrer après avoir franchi un obstacle.

Inconsciente suite au traumatisme cranien consécutif au choc, la jeune victime a été transportée par l'hélicoptère de la Sécurité Civile sur l'hôpital Necker à Paris.

Le conducteur du VSR a été placé en garde à vue au commissariat de Meaux puis a été libéré en fin d'après-midi.

Les contrôles d'alcoolémie et de présence de stupéfiants chez le conducteur se sont avérés négatifs.

Nous appelons de tous nos voeux l'amélioration de l'état de santé de la victime et nous adressons notre soutien moral à sa famille.

Nos voeux de soutien s'adressent également à notre collègue conducteur du véhicule de secours ainsi qu'aux autres membres de l'équipage du VSR.

RETEX
  • Le risque est omniprésent, il convient de rester vigilant en toutes circonstances et d'essayer d'anticiper les situations, cet accident peut potentiellement arriver à tous les conducteurs de véhicules d'urgence.
  • La question de la formation des conducteurs à la conduite en situation d'urgence se pose, il est impératif de consacrer le temps et les moyens nécessaires à une formation spécifique et adaptée afin de préparer les pompiers à la conduite des engins de secours,
  • Le fait d'être détenteur du permis de conduire correspondant au type de véhicule ne suffit pas,
  • A quand la mise au point de programmes spécifiques, de simulateurs de conduite pour les pompiers et autres conducteurs d'urgence ?
  • Toujours anticiper la mise en oeuvre des avertisseurs lorsqu'on s'engage dans une intersection afin d'attirer l'attention des autres usagers de la route, qu'il s'agisse de conducteurs comme de piètons.
  • Nos avertisseurs sonores sont-ils vraiment efficaces ? On est en droit de s'interroger quand on sait que les véhicules sont de mieux en mieux insonorisés, que les conducteurs écoutent la radio à un niveau sonore élevé, que les piétons sont souvent équipés de balladeurs,
  • Alors que le balisage des engins d'incendie et de secours s'améliore sensiblement, que les équipements de signalisation lumineuse sont, pour certains, de plus en plus performants, il convient de s'interroger sur l'efficacité de la signalisation sonore de nos engins,
  • A quand l'homologation et la généralisation en France de sirènes sinusoïdales qui offrent un niveau de perception et d'efficacité nettement plus élevé que nos pauvres "pin-pon",
  • A quand une réelle prise en compte de l'efficacité des avertisseurs sonores quand on sait que les hauts parleurs sont souvent installés sous les capots moteurs insonorisés de nos véhicules (!) ou qu'ils disposent d'une position dite "nuit" qui en atténue encore le niveau sonore ?

Ceci étant, quel que soit le niveau de performance des avertisseurs, il convient toujours de rester vigilant, attentif et prudent.

Soyons humbles et prudents.

Sources : Le Post.fr, Aujourd'hui en France.

9 nov. 2009

NY : Collision entre deux engins d'incendie

COLLISION ENTRE AUTOPOMPE ET BRAS ELEVATEUR


Alors qu'ils partaient pour "fuite de gaz", deux engins du FDNY, la 107° cie d'échelles et la 236° cie d'engin-pompe, sont entrés en collision à une intersection dans le district de Brooklyn le 24 octobre dernier.

Percuté à l'arrière par l'engin-pompe, le bras élévateur s'est couché sur le flanc puis a continué en glissant sur le sol jusqu'au moment où la cabine a heurté un arbre sur le coté de la chaussée.


Sur un total de 12 impliqués selon le FDNY, on dénombre quatre blessés graves et huit blessés légers.


Deux pompiers membres de l'équipage de la 107° Cie d'échelles ont été incarcérés suite à cet accident et parmi eux figure le conducteur de l'engin pour lequel plus de deux heures d'efforts furent nécessaires afin de procéder à son dégagement.

Souhaitons leur un prompt rétablissement.

RETEX

  • Toujours ralentir à l'approche des intersections et s'assurer que tous les autres usagers cèdent le passage avant de s'engager,
  • Ne pas se laisser "griser" par les avertisseurs lumineux et sonores,

  • Formation des conducteurs à la conduite en situation d'urgence (mise en situation, formation spécifique, utilisation de simulateurs, etc...),
  • Nos collègues new-yorkais doivent une fière chandelle au fait que le FDNY s'équipe de véhicules dits "purpose built" (fabriqués spécialement pour devenir des engins d'incendie) de marque Seagrave dont les cabines sont renforcées,

  • Port des ceintures de sécurité (quand nos engins en seront ils tous équipés aux places avant comme aux places arrières ?).

ROULER VITE, C'EST BIEN, ARRIVER AU FEU, C'EST MIEUX !

Restons humbles !

Source : Photos NY Post, www.firefightersclosecall.com

8 nov. 2009

VPP et Développement Rapide du Feu...

EXERCICE FEU REEL AVEC MISE EN OEUVRE DE LA VPP


Voici la version complète d'un exercice à feu réel déjà diffusé sur le web, qui illustre certains risques liés à la mise en oeuvre de la VPP lorsque les règles ne sont pas respectées.

Lecture Du Bâtiment :
pavillon isolé, simple RDC, structure bois, porche/terrasse accès, ouvrants latéraux ouverts (face B et D).

Lecture Du Feu :

-Face A ouvrants noircis en partie supérieure, mais intacts et fermés,
-Toiture sous pression à G entre tuiles et charpente avec dégagement fumées claires
(pyrolyse) par bouffées (30s),
-Face B une fenêtre embrasée (feu développé) (20s),
-Face C panache véloce (énergie et température élevées) de fumées denses et claires (feu se développant par un autre ouvrant).

Notons le positionnement de l'engin puis l'établissement de la lance face aux ouvrants, certes sous ARI.

Chronologie :

1'30 s : Purge et test du jet, engagement puis progression (apparemment sans attaque des fumées)

Vent moyen orienté B/C.

Dès ouverture de la porte du pavillon en façade A, les fumées sortent sous pression, le plafond (de fumées) est situé à environ 1m du sol, elles sont claires mais denses et véloces (feu en croissance dans/vers ce volume).

NB : Le porche cantonne les fumées qui s'y accumulent...risque de propagation, visibilité à genoux.

2'15 s : Un binôme stoppe la propagation face C/D au moyen d'une lance de plain pied,
pas de lance de sécurité à l'entrée malgré l'engagement de 5 SP à l'intérieur.

2'30 s : Les fumées deviennent plus sombres et plus épaisses, leur volume augmente, le feu se développe, dégage plus de puissance et donc augmente le taux de pyrolyse à l'intérieur du volume sinistré, porte d'entrée laissée grande ouverte permettant l'apport de comburant...

3'03 s : Mise en oeuvre VPP au moyen d'un ventilateur thermique positionné sur le porche à environ 2m de la porte, on voit encore les SP engagés dans l'entrée...

Dès le démarrage du ventilateur, les fumées s'échappent avec turbulence, deviennent plus épaisses et sombres, impossible de voir les SP pourtant à 2m de la porte d'accès !

3'11s : Auto inflammation des fumées surchauffées en partie haute du porche, NB d'abord à l'extérieur puis propagation dans le pavillon, provoquant un flashover ! D'après les images au ralenti, hypothèse :

Ce feu malgré la pièce post-flashover face B parait être limité par la ventilation, comme en témoigne la LDF vers 2'50 s alors que les SP sont déjà engagés et qu'ils progressent.
Volume important (zone neutre s'abaissant mi-hauteur) de fumées épaisses, chaudes donc véloces, et s'assombrissant.

Ajouter une ventilation à ce stade de développement du feu lui permet de dégager plus d'énergie et d'évoluer vers un Développement Rapide du Feu (flashover induit par la ventilation, backdraft, ou FGI : ici une auto inflammation) ;

Trop riches dans le volume (au delà de la LSI) pour s'enflammer avant apport de comburant en grande quantité par mise en oeuvre de la VPP, les fumées sont propulsées vers l'extérieur par la porte d'entrée, le courant d'air généré les ramène dans la plage d'inflammabilité.

Le front de flammes se propage ensuite très rapidement vers l'entrée du pavillon, entraîné par le flux rentrant du ventilateur et y provoque un flashover.

Cause supposée :

Ouvrant de sortie insuffisant en taille ou trop grands et trop nombreux (la vidéo ne nous permet pas de voir en détails les faces C et D), donc pas de mise en surpression du volume en feu, et/ou porte(s) non calée(s) à l'intérieur bloquant le flux d'air ?

Conséquences : les fumées sont "brassées" dans l'entrée et refoulées par la porte d'accès, plaçant ainsi les SP entre le feu et la sortie des fumées !
Evacuation :

3'20 s : Un SP évacue le pavillon par l'itinéraire de repli, le long de la ligne d'attaque, on entend le signal d'évacuation émis au moyen de la corne de brume de l'engin-pompe, la tape sur l'épaule par son camarade resté dehors risque de le brûler par pont thermique en rompant la couche d'air de sa tenue brûlante qui vaporise/pyrolyse.

3'30 s : Un 2ème SP sort à son tour...

3'37 s : Le 3ème aussi avec la lance ce qui permet une attaque massive en parallèle de celle menée par le SP debout proche de la porte,

3'40 s : le 4ème puis le dernier SP sortent à 3'55s s soit plus de 30 secondes après le déclenchement de l'embrasement dans l'entrée du pavillon...

NOTA :
Dans son ouvrage "Euro Firefighter", le spécialiste britannique Paul Grimwood émet l'hypothèse que l'EGE ne s'est peut être pas encore produit plus loin dans le volume du fait d'un mélange toujours trop riche pour s'enflammer bien qu'une zone de réaction existe au niveau de la porte), mais avec néanmoins des températures très élevées de l'ordre de 400 à 500 °C à 1m du sol, ce qui peut expliquer la sortie "indemne", de fait non "en flammes" des SP plus de 20s après l'EGE (mais autant dire qu'en cuir, sans surpantalon et avec une cagoule à bavolet fermant par ruban auto-agrippant, les conséquences auraient été bien différentes...).
Il convient aussi de noter que la norme américaine NFPA requiert pour les tenues de feu nord américaines un niveau de protection thermique très élevé.

RETEX
Points positifs :

  • Réactivité, le ventilateur est coupé très rapidement,
  • Mise en oeuvre du signal d'évacuation, (à quand les mêmes sur nos engins en Europe ?),
  • Tenues textiles haute protection,
  • Calme et professionnalisme.

Points à améliorer :

- Formation des intervenants aux règles de mise en oeuvre de la VPP (il ne suffit pas de disposer un ventilateur devant l'entrée du bâtiment sinistré),

- Analyse du bâtiment afin d'appréhender l'existence, la position et la dimension des ouvrants (entrant, sortant), position du foyer, sens de développement du feu,

- Choix tactique de mise en oeuvre de la VPP à déterminer (attaque, protection, etc...) est du ressort du COS et doit s'effectuer de manière combinée avec tous les intervenants (moyens de communication indispensables),

- Les choix de mise en oeuvre de la ventilation doivent être basés sur une très bonne connaissance des phénomènes liés à la combustion, au développement des incendies et des phénomènes thermiques associés,

- Connaitre les conséquences de la mise en oeuvre de la ventilation selon le stade de développement du feu (feu limité par le combustible ou par la ventilation),

Nota : Dans le cas d'un feu limité par la ventilation, l'apport de comburant va augmenter la puissance du feu et la quantité de chaleur dégagée pouvant entrainer un flashover induit par la ventilation.

Aussi, il convient d'anticiper sur les conséquences par la mise en oeuvre de lances afin d'absorber préventivement l'énergie ainsi dégagée.

L'attaque des fumées est aussi de nature à limiter les risques de développement incontrôlé du sinistre. Comme on peut le constater sur le vidéo à 3' 45 s, le feu est rapidement contrôlé par la mise en oeuvre de lances dans le ciel gazeux suite à l'embrasement consécutif à la mise en oeuvre du ventilateur. Si cette attaque des fumées avait été menée en amont, les conséquences auraient vraisemblablement été très différentes.

- Ne pas mettre en oeuvre de techniques de ventilation après l'engagement de SP dans le bâtiment,

- S'assurer qu'il n'y ait pas de victimes ni de SP entre le foyer le sortant des fumées et gaz chauds,

- Disposer des outils de forcement permettant la création d'exutoires si cela s'avère nécessaire,

- Disposer au minimum d'une lance de sécurité ou d'appui,

- S'assurer que le feu est localisé et qu'il n'y ait pas de signes de backdraft avant la mise en oeuvre de la VPP,

- Respecter un ratio proche de 1 entre la dimension de l'entrant et du sortant (on peut accepter que l'ouvrant soit de dimension légèrement supérieur à l'entrant),

- Anticiper sur les conséquences éventuelles de la mise en oeuvre de la ventilation (itinéraire de repli, itinéraire de secours, renforcement des moyens hydrauliques, etc...),

En résumé, l'utilisation de la VPP est un outil particulièrement puissant et efficace pour autant que les règles de mise en oeuvre soient connues et respectées.

On notera au passage les splendides images de ralenti de SP sortant de la gueule de la bête ...car on sait que les conséquences pour nos collègues sont sans gravité !

Remercions au passage nos collègues qui ont permis la diffusion de ces images qui nous permettent de réaliser un RETEX constructif afin de continuer à nous améliorer et à apprendre.

Restons humbles.