12 oct. 2009

Lance et "test du plafond"

La vidéo ci-dessus présente un nouveau concept de lance qui intègre un dispositif permettant de réaliser le "test du plafond".

L'idée de base est consécutive au constat réalisé par un pompier professionel des Yvelines selon lequel il est assez difficile de réaliser un "test du plafond" efficace et bien dosé permettant une bonne interprétation du niveau de température du volume sinistré.

La notion de "test du plafond" est apparue avec le GNR "Embrasement Généralisé Eclair et explosion de fumées" paru en mars 2003.

Pour résumer, l'idée consiste à donner au pompier porte-lance un moyen d'évaluer l'ambiance thermique du volume sinistré dans lequel il s'apprête à pénétrer. En effet, le niveau de protection procuré par les vêtements de protection limite la perception sensorielle du pompier, aussi il est apparu nécessaire de lui fournir des "outils" d'interprétation de la température.

Le test repose sur l'utilisation des propriétés de l'eau par rapport à la chaleur. Ainsi, en envoyant au plafond une petite quantité d'eau en jet diffusé d'attaque, deux lectures sont possibles :

  • soit l'eau retombe (ce qui signifie que l'ambiance thermique est acceptable),
  • soit l'eau ne retombe pas et on peut en déduire qu'elle est vaporisée et que le niveau de chaleur dans le volume sinistré est important.

Pour que cette lecture soit efficace, il convient de projeter l'eau en petite quantité et en jet diffusé, le tout au bon endroit ce qui n'est pas forcément aisé selon la situation (à 03 h 00 du matinn au fond d'un couloir sombre et enfumé par exemple) et le type de lance.

Aussi, on trouve sur cette lance intègre un dispositif permettant de réaliser automatiquement un test efficace en agissant sur une commande intégrée.

Bravo à notre collègue pour cette idée interressante, ceci étant, ne nous reposons pas uniquement sur des réponses "outils" mais privilégions la connaissance et la lecture du feu qui seules permettront d'optimiser l'utilisation des outils du pompier, si performant soient-ils.

Restons humbles.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour à tous les lecteur de firetex,

Sur la vidéo, la qualité du jet est médiocre (jet pratiquement droit au centre et peu de fragmentation de goutte) et le tuyaux est coudé quand il fait son test (1 bar de perte de charge et donc modif du débit en sortie de lance). Intérêt d'un tel système quand on forme justement nos pompiers (et pas des "agents") à agir différemment en fonction de l'analyse de la situation.
Le test du plafond permet aussi et surtout de sécuriser une partie du ciel gazeux. Il faut donc s'habituer à réaliser des tests de plafond en fonction de la hauteur de la zone neutre (désolé mais elle n'est pas toujours au même endroit !), donc les impulsions courtes seront différentes en fonction de la situation.
Les meilleures protections du pompiers sont la connaissance, les entraînements en situations réelles et ses EPI.
Entraînons nous et restons humble.

ROBERT Emeric a dit…

Bonjour à tous,

Je viens apporter quelques précisions sur ce nouvel outil et répondre au commentaire laissé.

Il est composé d’un conduit secondaire, d’un diffuseur et d’une commande type gâchette activée de façon manuelle pour réaliser un test du plafond rapide, simple, efficace et aisé.

Le Testeur doit être additionnel à la lance et ne doit changer en rien les performances et le fonctionnement de celle-ci.

Le conduit secondaire, le diffuseur et la gâchette sont intégrés dans la structure de la lance, sous le conduit principal de sorte que l’utilisation de chacun des conduits soit autonome et indépendante.

La quantité d’eau projetée par le Testeur d’Ambiance Thermique s’évapore entièrement au contact d’une température = ou > à 150° C dans le plafond de fumées.

La pression exercée sur la gâchette déclenche l’envoi d’une quantité d’eau prédéterminée identique à chaque projection, l’utilisateur ne peut ni augmenter ni réduire le volume d’eau expulsé.

Grace aux angles du diffuseur du Testeur d’Ambiance Thermique, un disque de 1 mètre de diamètre composé de fines gouttelettes est projeté dans le plafond de fumées.


3 Positions sont possibles :

Position 1 pour structure avec plafond à 2 M 50 (Appartement ou bureau traditionnel)
Position 2 pour structure avec plafond à 3 M 50 (Immeuble bourgeois …)
Position 3 pour structure avec plafond à 4 M 50 (Usine ancienne, hangar réhabilité en habitation ou bureaux).

Quelque soit la position choisi, l’angle devra permettre une projection identique soit 1 mètre de diamètre pour chacune d’entre elle dans le plafond de fumées.

Dernière précision, la vidéo présenté est réalisé avec un prototype artisanal pour illustrer le principe. Il ne reflète effectivement pas le résultat escompté du produit final.

Je rejoinds l'auteur du commentaire précédent sur l'importance de la formation des intervenants. L'outil n'est pas pour se substituer au pompier mais au contraire pour l'aider lors de son intervention.

Amicalement

ROBERT Emeric

ludo45 a dit…

Le test du plafond étant délicat à réaliser avec les gants qui diminue notre dextérité, même entrainé il arrive de projeter trop ou pas assez d'eau, ce concept semble intéressant, sans se substituer à l'entrainement bien sur.
Quand est t'il du prix? car c'est ce qui vas intéresser nos décideurs.

ROBERT Emeric a dit…

Bonjour Ludo,

Merci pour ton message, en ce qui concerne le prix je n'ai pas d'info car l'outil est encore au niveau du bureau d'étude.

Amicalement
Emeric

Anonyme a dit…

salut à tous!!
Certains pourraient dire que nous alons construire des robots mais je leur diraiant qu'ils se trompent.
Car ce test du plafond est relativement complexe à effectuer si vous avez déjà essayé les leader avec les crans au niveau de la poignée de débit c'est même des fois complétement éroné et si c'est loupé ou nous semble loupé ??on inerte non??quel temps perdu! et cette fois une lance nous permet ,même à 3h du matin aprés avoir passé la moitié de la nuit dehors à éteindre des feux de détritus, de palier à ces contraintes et bien pourquoi pas! Essayons si ça peut nous aider à garder nos collégues!!!

Anonyme a dit…

boujour à tous !!!

justement ce test du plafond est trés complexe , plus complexe qu'il n'y parait!!!
En effet ce test est trés bien mais dans les laboratoires!!!!

Je ne remets pas en cause la bonne volonté de mr Robert emeric, bien au contraire, mais il se trouve que chaque feu et chaque situation est différent et s'arrêter à 3 préreglages ....

Pour exemple si on a un plafond de 1M80 qu'on met le préreglage de 2m50, le jet va taper sur le plafond, et les gouttes vont retomber!! donc on est pas en danger???!!
Et puis la température aussi....

Bref je pense qu'il est préférable de bien entrainer les personnels Sp et de remettre au gout du jours les gnr!!! etde ne pas s'arrêter aux 2 phénomènes backdraft et flashover... cela je pense permettrai d'aider à garder nos collègues...

ludo45 a dit…

Pour répondre à anonyme, Le test du plafond étant délicat à réaliser, tu conseille l'entrainement, je suis tout à fait d'accord avec toi. Toutefois, ne nous voilons pas la face, combien de fois en une semaine voire un mois un SPP s'entraine à ces techniques? (et je n'aborde pas le cas des SPV). Pour pratiquer convenablement une technique il faut se répéter, et si on doit le faire pour tout ce que l'on est censé faire (SAP, DIV, TOP, INC...) il faut du temps. C'est vrai que sur une journée de garde on pourrai en faire une bonne partie si on restait "dans la cour" au lieu d'être dans les bureaux l'après midi, une sacré révolution pour nos collègues (c'est comme cela que je vois notre métier, mais je ne me fait pas des copains quand j'en parle).
Comme ce n'est pas pour demain je pense que cette innovation sur les lances peut palier à une déficience de pratique et être bénéfique dans la plus grande partie des cas rencontré sur intervention (beaucoup de plafond sont à 2.50m) sans pour cela répondre à toute les problématique.
Qu'est t'il préférable? voir un binôme réaliser un test du plafond correctement dans la majorité des cas aux quels ils seront confronté, ou plutôt, de les laisser prendre le risque de les rater à chaque fois.
à mon humble avis il n'y à pas de solution miracle et comme chaque incendie est différent la réponse devrait être différente. l'entrainement est le maître mot, mais il vas falloir changer les mentalité et les réticences des uns et des autres (j'espère qu'on y arrivera)!

etienne a dit…

Bonsoir à tous,

Merci beaucoup pour vos commentaires qui contribuent à faire vivre et évoluer le blog, et témoignent de votre passion. Ah ce fameux test du plafond (TP) !
Sacré coup de chapeau à Emeric d’avoir penser à proposer un outil aidant le SP dans ce geste technique, qui demeure malgré la pratique difficile, on est tous d’accord !

Pour compléter vos avis que je rejoins quant aux besoins énormes en terme de formation, de changement des mentalités, d’évolutionS des GNR, voici la définition du TP issue de la terminologie de notre groupe de formateurs :

« A pour objet d’estimer la température de la couche de fumées en partie haute du volume.
Cette recherche de température s’inscrit dans une démarche globale de « lecture du feu » (LDF) et ne doit pas être interprétée comme une validation systématique à l’engagement et/ou à la progression.

Technique :
Projection d’eau à faible débit en JDA dans le plafond de fumées, afin d’avoir une estimation de la température dans la zone du binôme et de la « sécuriser ».

Le testeur d’Emeric est très prometteur, mais prenons du recul pour ne pas « bloquer » sur ce TP …

Avec bon sens et logique, inscrivons le en effet dans la LDF doublée de la LDB (lecture du bâtiment) ; exemples non exhaustifs :

Dans le cadre du TOOTEM, lors du test de la porte, l’eau se vaporise en partie haute sur celle-ci, par les interstices des fumées sombres et véloces (signe de chaleur NB) se dégagent sur le tiers supérieur, la peinture de celle-ci est cloquée etc :

à combien pouvons nous d’ores et déjà estimer la température des fumées de l’autre côté de la porte ?

Suite à l’ouverture de porte, même estimée comme froide lors de son test car isolée ++ ou coupe feu etc :
Un épaisse et véloce fumée noire s’échappe avec une zone neutre à mi hauteur :

à combien pouvons nous d’ores et déjà estimer la température des fumées dans le volume ?

Tester le plafond face à ces conditions respecte certes le GNR mais doit être relativisé car complété par notre LDF associé à la LDB.

Et en l’absence de foyer visible ou de signe d’alarme de l’EGE, l’attaque de ces fumées s’impose, même si l’eau est retombée ! , car le pompier qui analyse, agit puis d’adapte (à l’inverse du robot) a compris que ces fumées sont à plus de 100°C…donc il faut sécuriser le volume en 3D avant de progresser...

Et sans compter que même froides, elles demeurent inflammables…

Bref, le débat est loin d’être clos, et après une récente semaine de stage en Allemagne avec comme formateurs entre autres les australiens John McDonough, Shan Raffel, référents quant au 3D Firefighting…la route sera longue.

Restons unis, et humbles.

Anonyme a dit…

bonjour à tous!!!

je suis tout à fait d'accord avec toi Etienne!!!
Cependant, quand tu dis:
"et ne doit pas être interprétée comme une validation systématique à l’engagement et/ou à la progression."

Alors pourquoi je fais ce TP??? et non pas un refroidissement directement???!!! est ce pour se donner bonne conscience vis à vis de ce gnr???!!!

D"ailleurs, ce que tu dis par la suite est trés juste!
:"... car le pompier qui analyse, agit puis d’adapte (à l’inverse du robot) a compris que ces fumées sont à plus de 100°C…"

Je pense qu'on ose pas dire que ce TP n'est pas adapté pour les SP en terrain, même en manoeuvre d'ailleurs...

Tout le monde sait , et tout le monde le dit, notamment ici même que ce test est trés complexe.
Alors pourquoi ne pas le retirer!!! ou simplement dire qu'on peut l'utiliser commme un simple outil.

Pour la plupart des gens , si le SP en manoeuvre, ne l'utilise pas ,c'est une faute!!! pas bien!!! on va lui taper sur les doigts!!!
Alors que, on sait trés bien qu'en inter, pas beaucoup de personne l'utilise...

fredo