30 avr. 2009

Accidents de circulation

Accidents de circulation impliquant des véhicules d'incendie

USA : Houston (Texas).

Le 30 mars dernier, un accident grave a impliqué plusieurs véhicules dont deux engins d'incendie du corps d'Houston se rendant en intervention pour feu (qui en fait sera éteint avant l'arrivée des secours).

Les deux véhicules d'incendie sont entrés en collision à une intersection et sous la violence du choc, l'échelle aérienne s'est couchée en piégeant un véhicule de tourisme et fauchant au passage une cycliste qui passait à proximité.

Au final, le bilan est d'un mort (la cycliste qui décédera quelques jours plus tard à l'hôpital), de deux blessés graves (1 pompier éjecté lors de la collision et le conducteur du véhicule de tourisme piégé sous l'échelle) et de 8 blessés légers (6 pompiers et 2 civils).

Allemagne : Paderborn

Un autre accident grave se produisait le 10 avril en Allemagne impliquant une échelle aérienne du corps des pompiers, un taxi et deux autres véhicules de tourisme.

L'échelle partait en intervention avec ses signaux de priorité en marche lorsqu'elle fût violemment percutée à une intersection par un taxi avec 5 passagers à son bord (on ignore lequel des deux véhicules passait au vert).

Sous la force de l'impact, l'échelle s'est couchée puis a glissé jusqu'à venir percuter un poteau d'éclairage public heurtant au passage deux autres véhicules de tourisme.

Bilan final : Un mort et deux blessés graves chez les pompiers, deux morts et trois blessés graves dans le taxi, deux blessés graves et deux blessés légers dans les deux véhicules de tourisme.

USA : Camden (New Jersey)

Le 27 avril dernier, une collision s'est produite entre un pumper (Squad 7) et une voiture de police se rendant tous les deux sur la même intervention à Camden dans le New Jersey.

Fort heureusement, le bilan ne fait état d'aucun blessé parmi les pompiers ni parmi les policiers.


Comme souvent, l'accident semble venir du fait que deux véhicules prioritaires se présentent ensemble à une même intersection.

Photos : Steve Skipton.

RETEX

Comme toujours, loin de nous tout désir de porter un quelconque jugement, bien au contraire il s'agit plutôt en la circonstance de tirer des enseignements constructifs suite à ces drames.

  • Toujours marquer l'arrêt aux intersections et s'assurer que les autres usagers nous ont vu et nous cèdent le passage avant de s'engager,

  • Franchir les intersections à allure modérée,

  • Toujours penser que d'autres véhicules prioritaires (engins d'incendie, police, etc...) peuvent arriver par ailleurs,

  • Portons toujours la ceinture de sécurité,

  • Former les conducteurs à la conduite en "situation d'urgence",

  • Le seul fait d'être détenteur du permis PL ne fait pas un bon conducteur incendie,
  • Le rôle de conducteur devrait être reconnu, valorisé et ne pas concerner tous les détenteurs du permis PL mais uniquement un nombre restreint de conducteurs (on ne fait bien que ce que l'on fait souvent),

  • les conducteurs doivent être libres de leurs mouvements (pas de surpantalons, pas de veste de feu, pas de casque, etc...)

  • La généralisation des boites automatiques ou automatisées est un facteur de sécurité pour les engins d'incendie (les conducteurs se concentrent sur la conduite et pas sur le levier de vitesse),

  • Pas de matériel lourd et non fixé dans les coffres des cabines des engins (afin d'éviter les effets missiles dangereux pour les personnels en cas de retournement),

  • Nos engins doivent disposer de ceintures de sécurité à toutes les places, avant et arrière, et malgré les dispenses accordées par le code de la route, elles doivent être portées en permanence.

Les accidents illustrés ci-dessus sont certes survenus à l'étranger mais nous sommes exactement exposés aux mêmes risques.

Récemment en Ile de France, un accident de circulation impliquant un engin d'incendie et un poids lourd a piégé le pompier conducteur. Ce dernier aurait été géné par la manchette de sa veste de feu contrariant le mouvement sur le volant lorsqu'il a cherché à redresser. Fort heureusement, le conducteur ne fût que très légèrement blessé.

RETEX :

Conducteurs libres de mouvements, ceinturés, sans veste de feu, sans surpantalon, sans casque. Les risques pris par un conducteur qui est engoncé et géné par la tenue se reproduisent à chaque départ, tandis que l'occurence pour ce dernier de se retrouver exposé durant la courte période nécessaire pour s'équiper, une fois arrivé sur les lieux, est minime.

N'oublions pas la règle :

"Rouler vite c'est bien, arriver au feu c'est mieux" et mesurons les prises de risques selon les objectifs à atteindre.

Ainsi, concernant l'accident d'Houston, les pompiers partaient pour un feu qui s'est avéré éteint à l'arrivée des secours. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se dépêcher mais peut-être chercher à gagner du temps autrement que sur la route.

On peut adopter une conduite rapide, vive mais raisonnable.

Les quelques secondes "perdues" à ralentir au carrefour à Houston auraient permis aux pompiers d'arriver sur les lieux du sinistre, de ne pas envoyer neuf soldats du feu à l'hôpital, de sauver la vie d'une cycliste et d'éviter la destruction de deux véhicules d'incendie.

Au final, il convient de s'interroger : le "jeu" en vaut-il la chandelle ?

Restons humbles et prudents.

Sources :

http://www.firefighterclosecalls.com/

http://www.firegeezer.com/

29 avr. 2009

Hommage aux victimes de l'accident d'hélicoptère

Cérémonie d'hommage aux victimes



Madame Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, présidera la cérémonie d'hommage aux membres de l'équipage de l'hélicoptère de la Sécurité civile, Dragon 2B, décédés tragiquement samedi dernier.
Au cours de cette manifestation qui se déroulera à la base hélicoptère Sécurité civile de Bastia jeudi 30 avril à 12 h 00, madame la Ministre de l'Intérieur évoquera la mémoire de Philippe Métais, pilote, de Philippe Lopez-Guia, co-pilote, et de Michelle Salmont, médecin du Samu, tous trois décédés tragiquement dans l'exercice de leur mission.

Nous nous associons à la douleur des familles des victimes qu'il s'agisse des personnels de la Sécurité civile, du médecin du Samu mais aussi à celle de la jeune maman et de son bébé.
Qu'ils reposent en paix.

26 avr. 2009

Un hélicoptère de la Sécurité Civile s'écrase

Cinq tués dans l'accident d'un hélicoptère
de la Sécurité Civile


Cinq personnes dont un bébé, apparemment né en vol, sont décédées dans la nuit de samedi à dimanche lors d'un accident d'hélicoptère. L'appareil, un EC 145 de la Sécurité civile s’est écrasé, par mauvais temps, dans des montagnes au Sud-Ouest de Bastia, en tentant de gagner l’hôpital de la ville.

Après avoir décollé samedi vers 19 h 15 du centre de secours de Ponte-Leccia (Haute-Corse) où il avait pris en charge une femme de 20 ans sur le point d’accoucher, l’hélicoptère transportait également une femme-médecin du Samu de 43 ans, le pilote de 42 ans et son copilote de 56 ans.

C'est en survolant une chaîne montagneuse au Sud-Ouest de Bastia que l'appareil a disparu des écrans radar à 19H35 alors qu’il aurait dû être arrivé à destination.

L’épave a été repérée en plusieurs morceaux dans la nuit, à 03H30, à quelque 500 m d’altitude et une demi-heure plus tard, les pompiers ont découvert les corps, dans une région montagneuse difficile d’accès.

«Les deux pilotes étaient chevronnés et en Corse depuis plusieurs années, donc habitués à ce type de trajet», a souligné le préfet de Haute-Corse qui a souligné que la météo était «exécrable» au moment de l’accident. Les secours ont également mis en exergue l’épais brouillard, des vents violents et de la pluie.

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s'est rendue en Corse dimanche.
«Ce tragique accident endeuille cruellement la Corse et la communauté des acteurs de la sécurité civile», a réagi le Président de la République, Nicolas Sarkozy qui a chargé Mme Alliot-Marie «de transmettre aux familles ses sincères condoléances, et de redire en son nom aux représentants des services de secours sa reconnaissance et sa confiance».

Nous adressons nos sincères condoléances aux familles des pilotes, du médecin et de la jeune femme durement éprouvées par ce drame.

21 avr. 2009

Pièces de jonctions et accessoires hydrauliques

RUPTURE DE MATERIEL HYDRAULIQUE
Un accident impliquant un accessoire hydraulique, en l'occurrence une division à 5 sorties, s'est récemment produit dans l'état du New Jersey (USA) lors d'une intervention blessant légèrement un pompier du corps de Lambertville.

Dans le cas de cette division, elle n'aurait apparemment pas été soumise à des coups de bélier lors de l'intervention durant laquelle est survenu l'accident.
Cependant, le réseau de distribution d'eau était en surpression (selon le service des eaux qui en avait avisé le service d'incendie). La pompe à laquelle était connectée cet accessoire était quant à elle équipée d'une vanne d'absorption à ouverture progressive.

Juste avant la rupture, les pompiers présents à proximité ont entendu un grand bruit sourd similaire à un coup de feu !

L'accident est survenu en mars 2009 et le rapport d'expertise produit par le fabricant (Snap-Tite) est disponible sur Internet moins de deux mois.

La séquence vidéo ci-après nous montre en "live" la rupture d'un tenon équipant un des orifices d'alimentation d'un engin-pompe quelque part en France, cette fois sans engendrer de blessures parmi les pompiers, seulement une bonne douche !

Ces accidents, bien que rares, sont suceptibles d'engendrer des blessures graves tant pour les pompiers des binômes que pour les opérateurs pompe, il convient donc de les prendre en compte et de tirer quelques enseignements.

RETEX

  • Manipuler les accessoires hydrauliques et pièces de jonction avec précaution,
  • Porter une attention particulière aux accessoires les plus exposés (ex : divisions équipant les dévidoirs mobiles),
  • Les vérifier régulièrement et en particulier après un choc,
  • Eviter, autant que faire se peut, les coups de bélier,
  • Rechercher les éventuels signes de faiblesse (traits) dans le matériau constitutif,
  • Attention aux tenons qui sont les éléments les plus fragiles,
  • Toujours porter un casque au poste pompe et en présence de tuyaux en pression,
  • Attention à la qualité des produits lors des choix de matériels, sachant qu'il n'existe pas de tests de résistance des demi-raccords et sertissages et que l'on trouve sur le marché des produits "made in China",
  • Eviter de stationner dans l'axe des orifices (alimentation et/ou refoulement,) aux postes pompe,
  • Lors de la rédaction des CCTP, il est prudent de demander à ce que les orifices de refoulement et d'alimentation soient orientés vers le bas afin de limiter les risques pour les conducteurs en cas de rupture,
  • Disposer de refoulements latéraux sur les engins-pompe est une solution alliant un aspect pratique pour les utilisateurs et sécuritaire pour les opérateurs pompe.

Restons humbles et prudents !

Source : www.firefighterclosecalls.com

Prévenir pour survivre...

FIRE KILLS

(Le feu tue)


EXEMPLE A SUIVRE...

Pour rebondir et faire suite à la vidéo de Jay mise en ligne il y a quelques jours.

  • Assurez vous que toutes et tous connaissent la conduite à tenir en cas d'incendie,
  • Préparez un ou des itinéraire(s) d'évacuation avec toute la famille,
  • Stockez les clés à un endroit connu de tous et aisément accessible,
  • Conserver l'issue de sortie dégagée.

Préparez vous, sortez vivant.

20 avr. 2009

FORCEMENT D' ACCES


Quelques applications d'outils de forcement d'accès



Dans ce post, deux vidéos illustrent quelques unes des possibilités des outils de forcement grand modèle que sont la barre Halligan et la hache tête plate

Face à des portes (et des ouvrants en général) de plus en plus plus sécurisées et isolées, il nous faut fréquemment jouer de la masse, de la grande pince et des outils de forcement petit modèle tels que Pry-Axe, OFD ou hachette

Nos collègues américains choisissent les différentes techniques selon le type de porte :
matériau constitutif, position et nombre de points de fermeture, sens d'ouverture, etc...

Malgré un poids de 4 kg, la barre Halligan fait partie intégrante du matériel de base dans certains SDIS pour les binômes, surtout lorsqu'ils s'engagent pour des missions dans les étages (citons notamment les Yvelines, le Loiret, l'Yonne...).

En dehors du forcement d'accès, les applications sont nombreuses, ainsi l'échelle permettant d'accéder à une machinerie d'ascenseur est souvent verrouillée par un cadenas. Dans ce cas, le pointeau de la barre Halligan sera utilisé pour rompre ou faire sauter l'anse d'un cadenas.

Il peut arriver que le bouton "coup de poing" permettant la mise hors tension d'une machinerie d'ascenseur soit hors de portée une fois les portes palières ouvertes, dans ce cas le manche peut servir de rallonge pour atteindre une commande

Le premier conseil adressé au public en cas d'incendie en habitat collectif est d'évacuer le logement en feu en fermant les portes...surtout celle d'entrée afin de préserver l'escalier des fumées mortelles ...

Dans le cas présent, la barre Halligan et la hache à tête plate seront fort utiles au binôme d'attaque pour pénetrer dans l'appartement.

N'oublions pas qu'un bon entretien de nos outils est un gage d'efficacité, pensons notamment à affuter le pointeau, la semelle et la fourche du Halligan tout comme la lame de la hache et aussi bien évidemment à prévenir la corrosion.

En bonus, la barre Halligan peut également servir :


-de marche pied pour franchir un muret,























ou de cale pied ou cale outil (disqueuse) sur une toiture en shingle à faible pente lors de la création d'exutoire par exemple,

















- mais aussi à dégonder une porte,

- de point d'ancrage (en la mettant en travers d'un ouvrant par exemple) pour créer un point fixe,

- etc...

A ce sujet, nous vous renvoyons à l'article traitant de cette technique opérationnelle paru dans "Soldats du Feu Magazine" n°31 de mars/avril 2009.


Entrainons nous et restons humbles.

Prévention, prévention, prévention...


TESTER UN BOUTON, PAS VOTRE CHANCE...



Ce sacré Papa est un peu tête en l'air, du coup il a oublié :

ses clés, de sortir les poubelles, la Saint Valentin, le rouleau de papier toilette, le parapluie, ET de remplacer les piles des détecteurs de fumée...

  • Installez des DAAF dans vos logements,
  • Pensez à les tester une fois par semaine,
  • Changer les piles au minimum une fois/an (au passage à l'heure d'hiver par exemple).

Pas besoin de commentaires pour ce clip vidéo britannique très explicite, très direct et avec un grand souci d'efficacité comme savent le faire nos cousins d'outre-manche : mettre l'accent là ou il le faut.

Exemple à suivre (protégeons ceux que nous aimons).

15 avr. 2009

DAAF : Apprenons aux enfants ET aux adultes.

Papa, c'est quoi le truc blanc qui sonne ???


Malgré les trop nombreux morts en France dû à l’incendie notamment à cause de l’absence de détecteurs de fumées, nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience qu'un DAAF est discret, simple à poser et peut avertir toute la famille qu'il y a un problème !

L'installation est effectivement rapide cependant quelques précisions s'imposent concernant l'utilisation et la conduite à tenir lorsque le détecteur se met à sonner dans une pièce de la maison.

En effet, la durée de vie des piles est variable, environ 1 an, mais il est utile de les tester de temps en temps (une fois par mois semble raisonnable, 1 fois par semaine est parfait).

Cette vérification est l’occasion pour toute la famille d’apprendre à identifier le signal sonore du détecteur de fumée.

Le test de fonctionnement du détecteur s’effectue en appuyant sur le bouton positionné sur sa face visible en le maintenant enfoncé pendant quelques secondes.
Le signal sonore retentit puis s'arrête lorsque l'on relâche le bouton.

Lors de ces essais, il est utile de sensibiliser l'ensemble des occupants de la maison à la marche à suivre lorsque cette alarme se fait entendre, en clair en cas d’incendie.

Pour ce faire, il faut expliquer aux enfants ainsi qu’aux adultes ce qu'il convient de faire et de ne pas faire, mais également les faire participer, sous forme de jeu ludique, en répétant les "gestes qui sauvent et qui préservent".

Ainsi, on peut rapidement et simplement apprendre aux enfants à sortir de leur chambre et d’en informer leurs parents mais aussi expliquer quelques gestes simples qui auront pour but d’empêcher le feu de se propager.

Rien de compliqué, uniquement du bon sens et de l'anticipation.


Mais pour le comprendre et le faire il faut l'avoir vu et entendu au moins une fois...

  1. Expliquer aux enfants de ne pas se cacher sous les lits, dans les placards, les recoins,
  2. Permettre aux enfants de pouvoir sortir facilement de leur lit (pour ceux en âge de marcher bien sûr!), en mettant une petite chaise à coté du lit par exemple,
  3. Fermer les portes en sortant (éviter ainsi la propagation directe du feu mais aussi l'entrée de fumées dans les pièces "saines"),
  4. Dans les grands appartements ou pavillons, demander aux enfants de se signaler une fois qu'ils ont quittés de leur chambre, en criant qu'ils sont sortis et en indiquant où ils se trouvent (à l'entrée par exemple),
  5. Vérifier que tous ont compris, évitant aux parents de retourner dans une chambre d'enfant pour aller chercher leur petit qui est déjà sorti, et se faire piéger par les fumées...

Dans la vidéo qui suit, vous verrez la vérification du DAAF de la chambre d'une petite fille de 3 ans et demi se trouvant dans son lit.

L'alarme retentit et elle répète les gestes appris sous forme de jeu au début puis compris par la suite, expliquant ce qu'il est bon de faire ou de ne pas faire si "ça sonne et qu'il y de la fumée dans la maison" :

  1. Sortir de la pièce où ça sonne,
  2. Se mettre à genoux car l'air sans fumée est en bas,
  3. Fermer la porte de la chambre pour emprisonner la méchante fumée et le feu,
  4. Longer le mur pour ne pas se perdre,
  5. Crier que l'on est sorti de sa chambre et dire où on attend.




Les explications pour les enfants doivent rester ludiques et sont alors très bien comprises et assimilées, même lorsqu'ils sont jeunes (dès 3 ans...).

Il faut garder à l'esprit que chaque situation est différente, que le feu et la fumée tuent.

Dans certains cas l'adaptation sera donc de mise.

Il est important de comprendre pour mieux se préparer et s'entraîner au cas où ... Même si c'est ce n'est qu'une fois par an.

On ne retient bien que ce que l'on fait en pratique.

Soyez prudent et offrez des DAAF, ils sauveront peut être des vies, l'actualité nous le prouve malheureusement trop souvent chez ceux qui n'en possèdent pas.

Restons humble.

Remerciements à Jay pour sa participation et la mise à disposition de ses documents.

9 avr. 2009

SAUVER OU SURVIVRE...

SAUVER OU NE PAS SAUVER ?

Dans la vidéo ci-dessous, vous pourrez voir la mise en oeuvre de la technique "Vent, Enter, Search" évoquée dans un précédent post.

La scène se situe aux USA au cours d'une intervention nocturne pour feu de bâtiment. On y voit l'adjudant-chef (captain) Rick Van Sant des pompiers d'Indianapolis, chef d'agrès d'une échelle aérienne, s'engager dans une pièce située au 1° étage d'un pavillon au moyen d'une échelle à coulisse bien qu'un certain nombre de signes laissent présager un feu à développement rapide.

Suite à la diffusion de cette vidéo sur le site Américain http://www.vententersearch.com/ , de très nombreux commentaires (151) plus ou moins critiques ont été formulés sur la pertinence ou non du choix opéré par Rick de s'engager dans la pièce en question à la recherche d'une présumée victime.

Regardez les images plusieurs fois avec attention puis lisez le témoignage de Rick.



Traduction des légendes apparaissant sur la vidéo par ordre chronologique :

- "Close call" (presque accident) sur feu de pavillon. Des pompiers dressent une échelle vers la fenêtre du premier étage, pour rechercher un occupant piégé.

- Un pompier s'engage par la fenêtre pour effectuer une rapide reconnaissance de la chambre.

- Un EGE s'y produit, il doit évacuer d'urgence par la fenêtre tandis que son binôme doit sauter de l'échelle pour dégager l'itinéraire de repli.


-
Pas de victime au final dans l'habitation, le pompier souffre de brûlures mineures au dos.

Témoignage de Rick Van Sant publié en date du 22/11/2008 sur le site http://www.vententersearch.com/.

« Bien, voilà mon tout premier post sur un site web, mais mes amis m’ont dit que c’était l’occasion ou jamais. Il fallait que je jette un œil… Je suis le pompier qui apparait sur cette vidéo, et au fond de moi, j’ai besoin de clarifier les choses. Je suis adjudant-chef à Indianapolis et j’ai servi au cours des 23 dernières années dans les compagnies les plus actives de la ville. J’ai donc déjà vécu quelques feux...

Parce que vous n’étiez pas là, je vous suggère de regarder à nouveau la vidéo après avoir lu mes explications, peut être penserez-vous différemment.

Nous sommes engagés à 04h00 par radio pour feu de pavillon avec notion de victime, la tension est perceptible dans la voix de l’opérateur. L'échelle est le premier engin à se présenter sur les lieux. Des voitures sont garées dans l’allée du garage (signe indiquant potentiellement la présence d'occupants dans le pavillon), des voisins hurlent qu’une femme est piègée dans la maison et désignent cette pièce.

Au vu de la propagation du feu au reste de la maison, Ventiler Entrer Rechercher (VES : Vent Enter Search), va être l’option à retenir.

Quand nous ventilons la fenêtre avec l’échelle, on a l'impression que la chambre est en feu, mais en fait les flammes que vous voyez proviennent du couloir et passent sous le cantonnement par le haut de la porte. Regardez encore et vous verrez les flammes « rouler » au plafond.

Quand j’accède à la fenêtre, il y a un lit double grande taille contre le mur de celle-ci, je ne peux donc tester le sol comme certains me le reprochent. Notez qu’on continue de me voir quand je rentre, puisque je suis sur le lit.

Croyez moi, au début, l'ambiance thermique de cette chambre était « vivable » pour moi comme pour une éventuelle victime qui y aurait été piégée. Autrement, comment aurais je pu entrer sur le lit, calmement, 1 mètre au dessus du sol ? Faites moi confiance quand je dis que je sais ce que chaleur veut dire, et à ce stade ce n’était pas plus chaud que sur les autres feux que j’ai pu vivre.

Mon objectif était d’atteindre la porte de la chambre et de la fermer, comme prévu par la procédure VES. On le fait avec succès à chaque fois.

Arrivé au bout du lit, je descends au sol et je tente de fermer la porte, mais à cause de débris au sol, je n’y arrive pas. A ce stade, les conditions sont encore supportables mais je sais qu’avec le volume de flammes entrant en partie haute, et la couche de fumées qui s'épaissit, cela ne va pas durer. Comme expliqué plus haut, c’est mon métier depuis 23 ans, et je connais le comportement du feu.

Je garde un oeil sur mon itinéraire de repli, et termine ma recherche, y compris dans le placard qui n’a plus de porte. Alors que je suis à environ un mètre de la fenêtre, la chambre s’embrase, le reste n’est qu’histoire et commentaires par de soit-disant experts.

J’ai du mal à imaginer que des pompiers non présents sur place puissent m’accuser de tant de fautes alors que je n’ai fait que ce que je suis supposé faire, à savoir risquer un maximum pour sauver une vie « sauvable ». J'insiste, mais la pièce n’est pas embrasée quand je m’y engage, malgré ce que l'on pourrait croire en regardant la vidéo. Je vous l’accorde, après le flashover, aucun civil ne peut survivre, mais si la femme avait été là, peut être, juste peut être, aurai-je pu l’extraire de la pièce avant le flashover.

Je me demande quels auraient été les commentaires si en regardant la vidéo, on m'avait vu rester au sommet de l'échelle sans m’engager comme beaucoup le suggèrent, et que plus tard nous ayions trouvé le corps de cette femme de l’autre côté du lit.

Au lieu de me traiter d’idiot, on m'aurait traité de lâche. Alors, je préfère idiot, et de loin !

A Dave, lui aussi pompier à Indianapolis, qui écrit qu’avec le recul, il estime que ce n’était pas l’option la plus judicieuse, tu as absolument raison. C’était la SEULE option à retenir. Et si je suis confronté à une situation identique une centaine de fois encore, je m’engagerai à nouveau à travers cette fenêtre, car je suis sapeur-pompier.

Et à ceux qui s’interrogent afin de savoir comment j’avais conscience des conditions de l'environnement à tout moment, comment j’ai su reconnaître l’imminence de survenue du flashover, et pourquoi je m’extrait la tête la première sur l’échelle (bailout) sans hésiter et sans heurt …

Ma réponse porte sur un seul mot : Formation !….

A celui qui dit que je n’avais pas d’outils, regarde et tu verras la hache fixée à la ventrale de mon ARI. Je ne l'ai pas à la main car quand je cherche une victime, j'ai besoin du contact de la main pour être certain que ce que je touche est un corps, toucher avec un outil c’est prendre le risque de fausser la perception et croire que c’est tout sauf un corps…, mais j’ai TOUJOURS un outil avec moi.

En conclusion, je suggère juste que lorsque vous regardez une vidéo de ne pas oublier,avant de porter un jugement, que vous n’étiez pas présent.

Et si vous êtes face à la même situation, avec les mêmes conditions que celles que j’ai affronté et que vous ne choisissez pas la même option, alors je suis heureux que nous ne soyions pas de garde ensemble.

Soyez prudents mes frères. »

RETEX

  • Qui à dit Professionnalisme ?

La compétence en matière d'incendie et de sauvetage s'acquière t-elle au travers de la formation, de l’expérience et de l’équipement, ou bien l'a t-on de facto en percevant son casque ?

  • Efficace ces échelles à coulisses accessibles sur les côtés de l'engin, plutôt que d'avoir à monter sur un toit pour défaire des noeuds, non ?

Dans le cas présent, depuis l'engin elle sera dressée en 1 minute, pourtant en marchant, ce qui permet de faire une lecture du feu en s'approchant du bâtiment :

Lecture du Feu / Lecture du Bâtiment :

  • Environnement : GH 04h00, voiture face au garage, témoins affirmant la présence d'une victime à l'étage,
  • 50 sec : le RDC est post-EGE avec le hall d'entrée embrasé, les fenêtres noircies, probable propagation face C et D (lueurs), deux fenêtres noircies à l’étage (chambres),
  • 1.01 : deux VES sont menées simultanément au 1er étage,
  • 1.07 : fenêtre gauche noircie mais laissant apparaitre des lueurs, ventilée néanmoins par l'échelle,
  • 10 secondes après, la création d’une voie d’air entre le RDC et cette fenêtre, (effet cheminée !) a pour conséquence l'intensification du feu dans la chambre, le plafond de fumées s'épaissit.

On observe des Roll over au plafond = signe annonciateur de l'EGE

  • Choix tactique = VES :

    1.30 : nota : plus de 20 sec après la ventilation de la fenêtre, le pompier s'engage, lors de sa reconnaissance, sa tentative d'isolation du feu (porte bloquée par débris) échoue, (feu qui respire = feu qui empire...)

    1.40 : EGE
    1.47 : Evacuation / technique du"bailout"

    7 secondes en enfer : sa formation, son expérience, son sang froid et son équipement (et en particulier sa tenue de feu complète) lui ont permis de s'extraire vivant.

Philosophie opérationnelle = Risquer un maximum mais de façon contrôlée, pour une vie sauvable.

Techniques de survie du sauveteur répétée en formation, afin d'être maitrisée en intervention...

Question : En présence d'une victime, comment envisager pouvoir l’extraire seul, à temps, par la fenêtre, si l'on ne peut pas contrer le développement du feu ? (cela s'est ici avéré impossible car porte bloquée et pas de lance).

CONCLUSION

Comment ne pas faire le lien avec le slogan publicitaire flamboyant :

"Aller en enfer, chercher quelqu'un, revenir avec, l'engagement avec un grand E"

issu de la récente campagne de la FNSPF … et son opposition paradoxale à la mise en place une filière de formation incendie à la hauteur de l'enjeu.

Sauver ou survivre, versus « périr » !

Restons humbles.

8 avr. 2009

TOOTEM...

Mise en oeuvre d'une technique d'engagement par une porte ici à la mode scandinave lors d’une formation sur feu réel (vidéo en bas de page).

Lecture Du Feu = F.F.C.O.S.
  • Fumées
  • Flammes
  • Chaleur
  • Ouverture
  • Sons

Signes observables

  1. Pulsations de fumées claires en haut de la porte par les interstices, (volume chaud et surpression en partie haute, présence de vapeur d'eau (?), de gaz de pyrolyse, feu en phase de croissance),
  2. Lueurs orangées en partie basse à droite de la porte (feu sous - ventilé, mélange gazeux riche),
  3. Chaleur probable, (mais pas de test de porte réalisé pour s'en assurer),

  4. Porte fermée, tirante gauche, ne donnant pas sur un couloir ou une cage d’escalier, et s’ouvrant presque d’elle-même…
  5. Sons ( ?)

    TOOTEM

    Test de porte (non réalisé dans l'exemple ci-après) : estimer la chaleur/plafond de fumées dans le volume + réglage du jet en JDA avec pression correcte à la lance.
    Observation – voir LDF
    Ouverture : Le positionnement du binôme empêche la maitrise de l’ouvrant ET la communication entre chef et équipier… le chef ouvre la porte du bout des doigts puis doit faire face à une inflammation soudaine des fumées dès l’ouverture !

Test du plafond : absent car attaque immédiate nécessaire.

Engagement Mini : En la circonstance, c’est plutôt "Maxi" non ?


RETEX


Pourquoi ne pas rester à la porte dont l’ouverture serait contrôlée par l’équipier pour attaquer en sécurité depuis l'extérieur avant de s’engager…?

En l'absence de victime, quelle est la plus-value de l'engagement direct et immédiat dans le volume sur l'efficacité de l'attaque ?

Sécuriser l’ouverture de porte : Le binôme se place de chaque côté de la porte puis après analyse, adaptation selon le type de porte et l’environnement (couloir, cage d’escalier, sens d'ouverture, etc...) :

  • Chef à D : prêt à attaquer avec la lance, main sur le levier de manoeuvre, selon réaction des gaz chauds au contact avec l'air, donne l'ordre d’ouverture/fermeture,

  • Equipier à G : conserve la maitrise de l’ouvrant avec une courroie d’amarre sur la poignée ou la barre Halligan glissée en bas de la porte.

Prévenir l’auto inflammation des fumées : si ces dernières ont atteint leur température d'auto-inflammation, elle peut se produire au plafond au contact de l'air lors de l’ouverture (en particulier si le BAT se trouve dans un couloir ou dans une cage d’escalier non cloisonnée) :
Appliquer deux impulsions au plafond (une à D, une à G) en JDA /45°/ débit faible, juste avant l'ouverture de porte pour que les gouttelettes en suspension inertent les gaz chauds sortant.

(Réf. GNR lances p.71 « 3.2.3 Procédure attaque feu en volume clos ou semi ouvert »).

Ne pas s'engager inutilement :

Quand cela est possible, il convient d'attaquer depuis l'extérieur du volume concerné par l'incendie (utiliser la portée de la lance) et d'inerter le volume (laisser agir la vapeur = refroidissement + rétrécissement de la plage d'inflammabilité) avant de progresser. Il est possible et nécessaire d'agir sur la masse gazeuse même lorsque le foyer n'est pas visible. Après engagement du binôme, la porte d'accès doit être repoussée afin de limiter l'apport de comburant au foyer.

Bref, « Qui contrôle la porte contrôle l'air et contrôle le feu… » clin d'oeil à notre ami Stéphane du groupe Flashover 33 pour cette adaptation de la fameuse règle.

Restons humbles.