8 mars 2009

Pompiers intoxiqués

Lannion : quatre pompiers hospitalisés suite à un incendie
Photo : Ouest-France
Suite à un incendie survenu au centre ville, quatre pompiers lannionais ont été hospitalisés pour y subir des examens après avoir été pris de maux de tête.
Ils pourraient avoir été victimes d’intoxication au monoxyde de carbone ou au cyanure lors de l’intervention alors qu’ils procédaient aux opérations de déblaiement. Les matières synthétiques continuant de se consumer peuvent être à l’origine de ces dégagements de cyanure.
Nous souhaitons un prompt rétablissement à nos quatre collègues.
RETEX
A l'issue des phases d'extinction et au moment du déblai, une fois les fumées dissipées, il est courant de négliger le risque toxique.
Il convient de le prendre en compte et, si nécessaire, de travailler sous protection respiratoire car, bien qu'invisible, le risque est présent.
Déblai = ARI pour tous les intervenants.
Il existe également la possibilité de travailler sous le flux d'air de ventilateurs, cependant, en ce qui concerne les appareils à moteurs thermiques, il faudra prendre en compte la présence des gaz d'échappement dans la veine d'air ainsi générée ( il est fréquent de constater des taux de CO de l'ordre de 80 ppm).
Restons humbles

1 commentaire:

aznavour a dit…

Bonjour à tous,

Je viens de lire l'article au sujet de cette intervention en centre ville de Lannion (22). Dans ces lignes la causes de l'hospitalisation est donnée à l'intoxication au CO supposé dans la phase de déblai. Ne négliger jamais cette phase et porter l'ARI tout en effectuant des analyses par le biais de détecteur (si possible)reste des gestes difficiles mais obligatoires.

Sauf que ce jour-ci c'est ce que l'on a fait. Tous les intervenants ont porté tout leurs équipements de protection (tenue de feu, ARI) durant la totalité de
l'intervention, déblai compris.

La cause de l'hospitalisation c'est une Rhabdomyolyse aiguë: destruction des cellules musculaires.

Pour comprendre je vous propose une explication de ce qui c'est passé et de vous même vous comprendrez les conclusions d'une telle journée.

Prise de garde habituelle au CIS, vérification, sport sympa mais fatiguant. Début de manoeuvre et vers 10h30 départ feu de cheminée (FPT + EPA). Feu de cheminée avec propagation à la toiture nécessitant dégarnissage. Retour vers 15h00, petite fatigue mais également petite faim car nous n'avions pas mangé. Repos et puis 17h00 départ feu de scooter en centre ville (FPT). A notre arrivée fuite de gaz enflammée avec propagation à des immeubles dont un désafecté en plein centre ville dans une rue large de 1,40m. Le scooter était garé contre un compteur gaz de ville.

Donc protection en attendant GDF. Propagation dans les rdc des immeubles attenant au compteur. Reconnaissance difficile, des fumées montant dans plusieurs bâtiments qui sont tous imbriqués les uns dans les autres et la fuite toujours enflammée. Le coffret gaz était en façade d'un local environs 25m² avec un toit terrasse dans l'angle de deux immeuble R+6.
Une fois le gaz coupé reconnaissance dans ce local complètement fermé. Au test de la porte une poignée brulante et aucun ouvrant visible, fermé par des volets. puis rupture d'une baies vitrée en partie haute et décallée. Nous réalisons une trouée dans l'angle de la porte une pièce entièrement embrassée, un tapis rouge sur la totalité du plafond. Après des impulsions, nous avons la possibilité de pénétrer. La pièce attenante au compteur était le stockage d'un cabinet d'architecte qui donait sur l'un des RDC(bureau compris 200m2). Le feu éteint, phase de déblai sous ARI mais très difficile. que des pappiers, dossiers, classeurs a retirer à la main. Fin d'intervention 22H sans avoir mangé.

En rentrant le soir avec le FPT nous nous sentions extrêmement fatigués. Mais la garde dure jusqu'au lendemain.Heureusement aucune autre inter.

Le lendemain un collègue se présente au urgence avec de fortes douleurs aritculaires une fatigue intense. Le lundi il est libéré et nous informe de sont hospitalisation autour d'un café et nous sommes plusieurs à présenter les même symptômes mis sur "nous vieillissons les gars".

Mais après de bilan médicale ce jour là nous avions eu cette Rhabdomyolyse aiguë soit une désydratation sévère.

Explication de cette origine:

- Aucune alimentation durant les deux interventions, seul une hydratation avec de l'eau. Mais également après les inters srtout le midi l'heure du repas dépassé. Comme dans bcp de caserne le département ne nous apporte aucune logistique alimentaire.

-La totalité des interventions réalisés sans relève soit près de 8 heures d'attaque, déblai sous ARI et tenue de feu. Pas de relève car plus de personnel au CIS (sur les lieux du 2ème feu 2FPT, EPA,) et malgrè la départementalisation difficile de contacter d'autre caserne pour faire le déblai.

-Une tenue de feu portée durant tout la durée des interventions (veste et surpantalon que nous venions de toucher) par méconnaissance des conséquences.

Conclusion:

Ne pas hésiter à alléger la tenue en fonction de la phase du sinistre.

Faire tourner le personnel et voir alléger le dispositif dans certaine phase pour mieux les reposer.

Alimenter en permanence sont personnel.

Merci à vous... Chet BAT du PFT