5 févr. 2009

Québec : Sanctions suite au décès de 2 pompiers

DEUX MUNICIPALITES QUEBECOISES SANCTIONNEES SUITE AU DECES DE DEUX POMPIERS EN SERVICE COMMANDE EN 2008



Pompier Mathieu Emond


Pompier André Manseau


Au Canada, deux municipalités de la province de Québec se sont vues infliger des amendes d'un montant respectif de 5000 et 20.000 dollars canadiens pour carence de formation adaptée prodiguées à leurs pompiers volontaires.

L'enquête conduite suite au décès en service commandé de deux pompiers démontre que les municipalités de Varennes et de Val des Monts ont fait preuve de négligences graves ayant entrainé une mise en danger de leurs pompiers par carence de formation adaptée sur l'usage de leurs équipements et matériels.

Le pompier Mathieu Émond agé de 26 ans est décédé le 4 mars 2008 lors de l'attaque d'un feu d'appartement à Varennes.
Cinq jours plus tard c'est à Val des Monts que le pompier André Manseau, agé de 18 ans, trouve la mort alors qu'il lutte contre un feu de garage.

Concernant l'accident survenu au pompier Mathieu Emond, il semble qu'un problème soit survenu sur une valve de son ARI qui se serait refermée accidentellement. Selon un des enquêteurs, Mathieu n'aurait pas été formé pour apprendre à réagir face à ce type de problème en situation opérationnelle.

Dans le cas d'André Manseau, l'enquête a révélé qu'il n'y avait pas assez de postes ER pour que les pompiers de Varennes puissent communiquer entre eux, et qu'André, agé de seulement 18 ans, n'était pas suffisamment encadré causant une incompréhension suite à un ordre qu'il aurait interprété comme lui enjoignant de retirer son masque pour ..."économiser de l'air" !

Dans les deux cas, il a été démontré que la formation des pompiers à l'utilisation de l'ARI était insuffisante et ne les préparait pas à réagir en mode dégradé.

Au cours des cinq dernières années, ce ne sont pas moins de six pompiers volontaires québecois qui ont perdu la vie en service commandé dans des situations similaires.

Tous les pompiers reçoivent une formation minimale mais les procédures de sécurité et de conduite à tenir en mode dégradé varient d'une ville à l'autre.

La commission ne déterminera le montant définitif des sanctions financières imposées aux municipalités concernées qu'après avoir procédé à une nouvelle inspection des corps de pompiers afin de constater d'une part, quels enseignements on étés tirés de ces deux drames et, de manière plus concrète, quelles améliorations ont été apportées notamment à la formation des pompiers suite à ces deux décès.

Vous avez dit réactivité ?


Moins d'un an après la disparition de nos deux collègues dans des conditions tragiques des sanctions sont prises à l'encontre de deux municipalités employant ces deux pompiers volontaires mais aussi mesures incitatives et de contrôle visant à s'assurer que des mesures correctives ont été prises suite à ces accidents.

Le volet répressif ne nous interresse pas particulièrement, à contrario, l'aspect constructif (mesures correctives apportées) nous interpelle beaucoup plus.

Imaginons la même situation en France : Grosses réactions d'émotion suite à ces accidents, en tous cas dans la profession (car nous avons bien constaté lors du décès de notre camarade de Narbonne que la couverture médiatique avait été très limitée).

Ensuite, blocage des informations (ouvrant la porte à toutes les hypothèses) car prise en compte de l'enquête par la justice (et par le BPAE) donc pas d'infos ni de commentaires.

Dans quelques mois/années, l'enquête sera close, aucune information ne sera transmise, le dossier sera classé et les résultats de l'enquête du BPAE ne seront vraisemblablement pas diffusés car contenant des informations nominatives (alors qu'une version rendue anonyme suffirait, peu importent les lieux et noms, les faits et recommendations suffisent).

RESULTAT : Décès attribué à la "fatalité" et aux "risques du métier" sans enseignements concrets tirés visant à empêcher que des drames similaires ne se reproduisent.

Faisons le pari et donnons nous rendez-vous dans un an pour voir quels enseignements auront été tirés de l'accident de Narbonne (formation adaptée, sauvetage du sauveteur, EPI, etc...) avec diffusion à l'ensemble de la profession au niveau national.

En écrivant ces lignes, nous espérons sincèrement nous tromper, que les choses vont enfin changer et que la réactivité sera de mise au profit d'une meilleure efficacité du service rendu à nos concitoyens et de la sécurité des intervenants.

Que nos collègues André et Mathieu ainsi que Jérôme reposent en Paix et que leurs familles soient assurées de notre profond respect.

FIRETEX
Source : http://www.firefightersclosecall.com/

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Il n'y a pas besoin d'attendre les non-résultats de l'enquête de Narbonne, souvenez-vous de ce pompier volontaire de Bailleul (59), décédé il doit y avoir un peu plus d'un an, et qu'en est-il des conclusions aujourd'hui ???

Anonyme a dit…

bonjour!
Personnellement je suis sp pro dans le sdis 59 et aucune information suite à ce tragique accident est passée,(bailleul) des bruits de couloirs comme d'habitude sur les circonstances réelles de l'accident mais qui n'améne à rien, même pas un ritex.
A part peut être qu'une personne est mis en examen??Même sur ce sujet aucune information.
Enfin je pense qu'une analyse compléte de cet accident aurait était bénéfique à l'ensemble de notre profession qui apparement n'est véritablement pas dangereuse pour certaine personne!
Il y a des retours d'experiences mais avec aucune mise en application de matériel ou de formation pour cela ne se reproduise plus, aucune prise en compte ou plutôt trop légére ou le délai de réflexion trop long. Donc retour d'expérience bien entendu mais surtout sur certains cas mettre en route la machine pour éviter que cela se reproduise ou du moins éviter que cela mette en péril notre vie!



raphaël

Anonyme a dit…

Chers collègues,

Un certain nombre de structures et d’acteurs se partagent le pouvoir d'agir sur les situations de travail :

 l'administration payeur (CG...),
 l'administration prescrivant (DCS, préfecture...),
 le management local (DDSIS, chaîne hiérarchique, services internes...),
 les partenaires sociaux (syndicats actifs au sein des instances paritaires),
 les intervenants en prévention des risques professionnels (bureau interne H&S)...
 les experts internes ou externes sollicités sur des sujets particuliers,
 les agents

mais nous avons vu dans l’exemple canadien, qu’au dessus de ce petit monde, se trouve la décision de Justice... sur demande de l’état, des victimes, des familles ou des assurances (dénonçant le défaut d'organisation)... En droit français, l’obligation de résultat en matière de sécurité, automatise la responsabilité du « chef d’établissement ».

Avoir conscience d’une responsabilité organisationnelle lors d’un accident est une chose.
Envisager voir prendre des dispositions d’amélioration pertinentes en conséquence en est une seconde.
Communiquer de manière honnête et transparente sur la défaillance ou l’amélioration organisationnelle en est une troisième.

Le constat d'absence de transparence ou de diffusion de l'information que vous faites est frustrant bien évidemment... mais il est lié aux enjeux et au maillage décrit. Chaque acteur cherche en premier lieu à préserver sa place (sous couvert de loyauté), puis éventuellement cherche à faire respecter une forme plus ou moins élaborée de conscience déontologique ou professionnelle de ce qu’est la « prévention ».

Il y a des choses qui s’écrivent dans la lumière et des choses qui se disent en off. Les deux comptent. Je préfère une bonne analyse, de bonnes conclusions dont on ne ferait pas la publicité, du moment qu’elles soient reversées dès et autant que possible en conception ou en correction des moyens du travail, plutôt qu’une mauvaise analyse et de mauvaises conclusions dont on ferait une large communication.

Les réseaux d’échange informels (comme FIRETEX, mais il n’est pas le seul) alimentent la réflexion et ont leur rôle à part entière. Nous n’attendons pas tout de l’organisation formelle et c’est pourquoi la parole est prise ici (organisation informelle). C’est sur le terrain que les idées émergent, et c’est également sur le terrain que le travail est finalement réalisé. Dans beaucoup de situations, vous pourriez constater que l’administration suit le mouvement et non l’inverse.

Nous nous efforçons tous (y compris les acteurs et partenaires du BPAE), avec les marges de manœuvres qui nous sont laissées, d’infléchir les mouvements et les changements organisationnels dans le sens d’une amélioration des conditions de sécurité. Gardons-nous également de ne pas nous satisfaire d’une parole unique et privilégions l’échange des points de vue.

Pascal PEREZ GUERTAULT

Anonyme a dit…

Je tien seulement a dire que, si après de tragique événements comme la mort de deux collègue pompier, s'il n'y a pas de constat sur les circonstances de ces accidents. Comment pourrions nous prévenir les prochains accidents. Sur ce, un rapport dépersonnalisé de la commission de santé et sécurité au travail, a été publier sur un site internet. voici les liens.

http://www.zone911.com

http://www.zone911.com/index.php?option=com_content&task=view&id=5524&Itemid=213

Merci