24 févr. 2009

Deux pompiers belges grièvement brûlés

Accident survenu en opération à deux pompiers belges de Diksmuide.

Nous remercions Dirk Coopman des pompiers de Diksmuide pour la transmission de cette information, Philippe Filleul pour la traduction (le texte d’origine étant rédigé en Flamand) et Cédric Scheen pour nous avoir retransmis ce document.

Le 21 janvier 2009, une entreprise procède à des travaux d’isolation sur une habitation à Diksmuide en Belgique. Ces travaux sont réalisés par apport d’une mousse polyuréthane (PUR) à 2 composants sous la toiture. Dans la matinée déjà, les employés ont constaté un léger dégagement de fumée accompagné d’une odeur de brûlé dans un coin où du PUR avait été appliqué.
Cet incident a été maîtrisé avec les moyens d’extinction de l’entreprise. Le PUR a alors été retiré suivi d’une nouvelle application. A la reprise du travail en début d’après-midi, les ouvriers constatent de nouveau cette odeur de brûlé et décident de faire appel aux pompiers.
Informations concernant le produit utilisé (PUR)
Il s’agit d’une mousse de polyuréthane à deux composants :
• Resinol AL 800
• Urestyl 10
Ces produits sont chauffés à 45°C et restent séparés jusqu’au pistolet d’application fonctionnant sous une pression de travail de 40 bars. Les tuyaux sont également chauffés à 45°C. Les ouvriers de la société se protègent avec un masque et l’air est constamment aspiré. La mousse est appliquée sur épaisseur de 2 à 3 cm.



A l’appel, il est seulement fait mention d’un "petit feu" sans autres notions particulières et conformément à la procédure locale, un départ constitué d’une autopompe semi-lourde, d’un camion-citerne et de l’officier de garde est dépêché sur les lieux. A leur arrivée sur les lieux, les pompiers effectuent une reconnaissance et constatent que les ouvriers sont toujours à leur poste de travail.

Description succincte de l’habitation : Il s’agit d’une villa de plain-pied construite dans les
années 70 dont la toiture est composée d’une charpente en bois, d’une couche
de contreplaqué sur laquelle est appliqué un revêtement d'étanchéité bitumineux.
L’accès à la sous toiture se fait via une trappe amovible s’ouvrant depuis le hall d’entrée du pavillon.
A l’arrivée des pompiers la porte d’entrée était ouverte ainsi que la trappe
et son escalier d’accès au grenier.

L’officier de garde fait une reconnaissance puis regardé par la trappe ne remarquant ni odeur de brûlé, ni de sensation de chaleur, seulement un léger dégagement de fumées à peine visible.
Il est suivi par un adjudant volontaire (père d’une des victimes) qui lui non plus ne remarque rien d’inquiétant, aucun signe précurseur de phénomène thermique.

Ordre est alors donné au binôme composé du caporal Johnny Beernaert et du sapeur Bart
Sansen de monter sous la toiture en tenue complète avec appareil respiratoire afin de procéder à l’extinction au moyen d’un extincteur CO2, en effet, les ouvriers ont précisé qu’il convient de ne pas utiliser d’eau (l’enquête n’en a pas encore déterminé la raison précise).

Alors que le binôme vient de s’engager, les pompiers restés à l’extérieur observent un dégagement de fumée blanche suivi d’un nuage "jaune-vert" le tout accompagné d’un bruit court "woem" et d’une odeur inhabituelle. Ensuite, la maison se retrouve complètement entourée d’une fumée sombre qui se dissipe rapidement.

C’est alors que se produit un phénomène qui va grièvement brûler nos deux collègues. Des cris sont entendus, les pompiers à l'extérieur se précipitent au secours de leurs collègues. Le caporal se trouve encore au sommet de l’escalier tandis que le sapeur est déjà engagé dans le grenier. Ils sont tous les deux conscients et souffrent énormément.

Les pompiers se présentent à 13h45 et la demande d’ambulance est à 13 h 50.
Le phénomène s’est donc produit durant ce très court laps de temps.
A ce jour, la cause de l’accident n’a pas été établie avec précision.


Les 2 pompiers (qui sont encore aujourd’hui maintenu dans le coma et de qui nous savons
grâce à une brève reprise de conscience de Bart à l’hôpital universitaire de Gand : «Nous
avons vu que ça n’allait pas») n’ont pas encore pu être interrogés par la justice.

Les photos des vêtements laissent imaginer ce qui a pu se produire qui est considéré par le parquet et les pompiers comme une détonation de gaz inflammables au cours de laquelle une très haute température a été atteinte.


Reste à déterminer ce qui a causé ce phénomène ?

(Mousse de polyuréthane très combustible et à fort pouvoir énergétique, matériau utilisé chaud, application ayant pu faire pyrolyser d’autres matériaux, arrêt du système de ventilation lors du retrait des ouvriers,).
Selon un des ouvriers, il semblerait que du toluène soit libéré lors de l’application du PUR. Autre cause possible de réaction ?
Il faudra attendre de disposer de plus d’informations permettant d’étayer des hypothèses.


Les brûlures des 2 victimes sont les suivantes
:

Bart Sansen: 25% du corps principalement au 3ème degré avec par endroit du 3ème degré
profond. Avant-bras, mains, épaules et face.

Johnny Beernaert: 30 % du corps : Mains et bras au 3ème degré, épaules et face au 2ème
degré profond et le reste au 2ème degré superficiel.

Dans l’attente, nous adressons nos plus sincères vœux de prompt rétablissement à nos collègues de Diksmuide.

RETEX
Fort heureusement, malgré les signes ne laissant rien présager de très sérieux, nos collègues ont été engagés équipés de leur tenue de feu complète avec ARI capelé. On n'ose à peine imaginer les conséquences de l'accident si tel n'avait pas été le cas !
Restons humbles.

4 commentaires:

Gibouin Laurent a dit…

Merci a nos collègues pour ce retex fort intéressant!!
Tout mes voeux de rétablissement a ces deux valeureux pompiers. Encore une fois, un petit feu (comme beaucoup de drames, neuilly, plumaugat,...), sans signes flagrants!! Bravo pour leurs professionalisme quand a la mise en place de leurs epi, de leurs ARI!! Combien de pompiers se seraient engagés sans ARI et je n'ose l'imaginer sans EPI (casque).
Encore une fois, bon courage, et restez prudent...

Thierry Saillant a dit…

Oui, bravo pour leur professionnalisme, qui leur a certainement sauvé la vie!!!
Et en attendant d'en savoir plus, je souhaite à ces 2 camarades d' armes mes plus sincères souhaits de prompt rétablissement !!

fab a dit…

Une fois de plus, l'expérience prouve qu'il n'y a pas de petit feu et que l'on peut se faire avoir...
Tous mes voeux de prompt rétablissement à nos deux valeureux camaredes...

tamang66 a dit…

courage a nos camarades et à leurs familles
SPV argeles