22 janv. 2009

TUYAUX DE 45 TROP RIGIDES !

Nous avons eu connaissance d'un texte circulant sur Internet supposé émaner d'un officier supérieur de sapeurs-pompiers occupant les fonctions de directeur départemental.

Le texte du document est reproduit in extenso ci-dessous, fautes de syntaxes et d'orthographe incluses.

N'ayant pas eu confirmation formelle ni de l'origine du document ni de son contexte, et le but n'étant pas de polémiquer avec son auteur mais d'analyser les données, le nom du signataire n'apparait pas.

ALERTE AUX TUYAUX DE 45 TROP RIGIDES !!!

Un bruit a couru sur une modification des tuyaux de 45. (??? modification de quelle nature ?)


L'objectif technique est le suivant :

Augmenter la résistance mécanique à l'abrasion et à la pression.


Les raisons :
  • les tuyaux de 45 et les LDV sont utilisées beaucoup plus fréquemment en intervention et en FORMATION puisque les services de la DDSC ont fait écrire dans les GNR le besoin pour la majorité des feux la nécessité d'atteindre des débit pouvant allez à 500 l/mn, pour nos feux qui s'éteignent à 80% du temps avec la LDV de la LDT. Donc usure excessive en formation et rupture en intervention !

La DDSC n'a rien "fait écrire", elle a simplement initié un groupe de travail composé de pompiers spécialistes dans le domaine des phénomènes thermiques à la demande des services de l'inspection suite à plusieurs décès de pompiers en opération imputables à la survenue de phénomènes thermiques. Quant aux feux éteint à 80% avec la LDT, il convient de remettre les choses dans leur contexte et aussi de s'interroger sur l'origine et la validité de cette affirmation chiffrée. Cet adage était valable il y a quelques dizaines d'années en arrière dans les grandes villes à l'époque où existait encore le concept de "Premier-Secours" décalant en quelques secondes et où les délais d'intervention étaient plus courts eu égard aux conditions de circulation. De plus, il convient d'intégrer que le potentiel calorifique contenu dans les habitations était beaucoup plus faible, que l'isolation des bâtiments n'était pas aussi répandue et efficace que maintenant. En clair, les quantités d'énergie développées par les incendies étaient moindres et le débit d'une LDT était souvent suffisant. Les choses sont bien différentes de nos jours, en tous cas quand on connait le domaine de l'incendie. De plus, le libellé du texte qui suit interpelle: "le besoin pour la majorité des feux la nécessité d'atteindre des débits pouvant ..." ? Les seuls débits que peuvent atteindre les feux sont des débits de pyrolyse ou d'énergie... encore faut-Il savoir de quoi on parle. Le débit mentionné par le GNR s'applique aux lances et pas aux feux.

Ensuite, l'auteur semble préoccupé par le fait que les tuyaux subissent une usure durant les formations ! Cela signifie-t-il qu'il faille limiter les manoeuvres et autres formations afin de ne pas user les tuyaux ? OUPS ! Une autre solution consisterait peut-être à réaliser des établissements virtuels ou à regarder des vidéos !

  • les tuyaux alimentés réglementairement sont beaucoup plus lourd que la LDT et subissent une abrasion au sol et dans les angles des bâtiments et autres installations, là où le tuyau semi-rigide, plus léger et plus lisse de la LDT glissait correctement.
Il est très réducteur (et aussi révélateur d'une méconnaissance de l'incendie) de considérer que le seul problème dans le domaine de la lutte contre le feu consiste à devoir s'approcher au plus près du foyer. Quid de la dangerosité des fumées, de la capacité d'absorption d'énergie de la lance, etc..? A quoi cela sert il d'avoir cheminé vers le foyer, soit disant plus facilement avec une LDT, si en fin de compte le pompier est inefficace face au feu et donc mis en danger ?

Le métier de sapeur-pompier requiert semble-t-il quelques qualités physiques et ce n'est pas pour rien. Quid de la notion de sauvetage potentiel à réaliser par les pompiers si le simple fait d'envisager que la progression d'une ligne de 45 nécéssite des efforts surhumains et relève soudainement de la compétence de Superman ! La mission de sauvetage est réglementaire. De plus, eu égard à la position hiérarchique de l'auteur, on est en droit de s'interroger sur le nombre de fois où il a eu l'occasion de progresser dans un bâtiment sinistré avec une lance et donc d'émettre un avis pertinent sur ce type de manipulation en opération.

Conséquences du passage du tuyau souple à un tuyau de 45 à paroi renforcée :

  • tuyau plus lourd, qui nécessitera des efforts complémentaires pour la manoeuvre des lances qui est déjà beaucoup plus intense que le maniement simple de la LDT : aggravation des efforts et donc de la sécurité des sapeurs-pompiers (!!!)

Ce qui compromet réellement la sécurité des pompiers, c'est de les engager dans un bâtiment combattre un feu avec un outil hydraulique sous-dimensionné et inadapté !

  • tuyau plus rigide,

La rigidité d'un tuyau est plus liée à la pression interne du fluide qu'à la nature et à l'épaisseur de sa paroi, encore faut-il en avoir utilisé pour le savoir.

- qui limitera la mobilité et la rapidité d'éxécution des manoeuvres déjà aggravés vis à vis de l'usage de la LDT : pénibilité accentuée et efficacité diminuée.

Faux ! Il est extrêmement facile de démontrer, chronomètre à l'appui, qu'il est plus rapide et moins exigeant physiquement d'établir des tuyaux souples pliés en écheveaux dans les étages d'un bâtiment qu'une LDT.

Les tuyaux rivetés en cuir de l'époque pouvaient être rangés pliés dans la cuve de la pompe bras, on devrait pouvoir arriver à y ranger des tuyaux modernes fussent ils plus épais.

- qui ne permettra plus la possibilité de conditionnement en couronne ou en écheveaux dans les coffres de FPT et CCF et nécessitera des aménagements coûteux dans tous les sdis : dépenses supplémentaires

Absurde ! Même les tuyaux en cuir rivetés (dont les parois étaient pourtant fort rigides et épaisses) utilisés avec les pompes à bras pouvaient être roulés en couronne. Pour information, la norme des tuyaux d'incendie aux USA impose des parois plus épaisses et il se trouve que nos homologues nord américains utilisent les tuyaux en écheveaux depuis fort longtemps sans problèmes majeurs !

Il reste encore de la place dans les coffres même pour des tuyaux plus épais !

- qui ne permettra pas la manoeuvre de repli et de protection du sapeur-pompier confronté à un embrasement (situation, qui arrive extrêmement rarement, représentant l'une des raisons, qui a été l'objet d'un passage de la LDT à un tuyaux de 45 !!! mais qui est déjà extrêmement difficile à mettre en oeuvre dans le couloir d'un immeuble ou d'une cave collective avec un tuyau classique de 45 !!!) et bloquera l'agent sans protection thermique : risque vital pour le sapeur-pompier.

Au final, l'argument est toujours le même : "ça sera trop dur physiquement"; la solution existe : il suffit de ne pas recruter les pompiers parmi les "petits rats de l'opéra" mais selon des critères physiques adaptés aux missions.

Il semble effarant, encore plus de la part d'un officier supérieur, de considérer que parce que l'occurence de survenue d'un phénomène est faible (ce qui reste à démontrer), il ne faille pas donner les moyens aux agents (le terme pompier me semble préférable) de s'en prémunir. Une formation fréquente et adaptée à la mise en oeuvre et à l'utilisation de lignes de 45 en phase de progression dans une structure semble être un moyen de nature à permettre aux pompiers de faire face à ce genre de situation.

Ceci étant, il est vrai que les séances de formation sont propices à l'usure des tuyaux ! Tant pis pour les pompiers et les risques liés aux phénomènes thermiques mais aussi pour l'efficacité et de la qualité du service rendu au public qui ne semblent pas figurer parmi les préoccupations de l'auteur.

Il se peut que cette hypothèse soit une rumeur ou une information mal interprétée.

Si ce n'était pas le cas, il est urgent de se remettre autour d'une table pour redire concrètement le bon usage de la LDT avec LDV 125 (maniable, rapide, légère et efficace pour les petits feux, même clos !!) et de la LDV 250-500.

Ce qui est urgent, c'est d'appliquer les recommandations du GNR et d'améliorer la formation incendie des pompiers. Il convient aussi de noter que ce ne sont pas les feux qui sont clos mais les milieux dans lesquels ils se développent. Il n'y a pas de petits feux : tous les feux sont dangereux et méchants ! Qu'est-ce qu'une lance rapide ? Sur quels critères techniques et objectifs l'auteur s'appuie-t-il pour émettre de telles suggestions ?

Sinon, c'est moins efficace, plus dangereux et plus cher !!!

Selon quels critères ? Exception faite de la notion de prix qui est exacte, les autres propos (moins efficace, plus dangereux) sont totalement subjectifs et mensongers et de surcroit totalement inacceptables de la part d'un officier de pompiers. Ce qui est dangereux, c'est qu'un directeur départemental puisse tenir de tels propos à notre époque.

Personnellement, je suis contre.

Personnellement, je suis atterré de lire de pareilles sottises en 2009.

Lieutenant-colonel XYZ

FIRETEX

18 commentaires:

Robert Radke a dit…

Il faudra encore longtemps pour faire changer les mentalitées en france!
Que c'est usant de faire passer les messges,lorsqu'on voit la haute hiérarchie si loin de la profession par moment.

Mais il est rassurant de voir comment le pompier qui intervient au quotidien s'impreigne d'une analyse différente de l'intervention pour feu.

plus que jamais continuons.

Amitiées

Robert

PASCAL77 a dit…

J'ai eu vent de cet article , et il m'a fait rire jaune!!!Encore l'argent qui passe avant tout.plutôt que de vouloir revenir aux bonnes vieilles méthodes ( 1 ldt et un bon coup de pompe dans le c.. sans ari)àl'attaque!!!!.Tous ces grands chefs feraient mieux de faire évoluer le matériel et les normes nécessaires pour que les hommes qui éteignent les feux (oui ceux qui exposent leur vie pour sauver les autres )puissent travailler avec encore plus de sécurité et renforcer l'application des GNR (et oui ils existent)et feraient mieux de mettre en place des formateurs incendie et les outils nécessaires.Enfin bref un rêve je me calme , et restont vigilants et poursuivont le travail nôtre engagement est nôtre force.merci Stéphane

Anonyme a dit…

Mes chers collègues

qui réagissez à ce pamphlet qui fait actuellement le tour des Sdis, soit disant signé d'un lieutenant-colonel, qui plus est directeur départemental de son état (l'histoire d'ailleurs ne dit pas s'il s'agit d'un directeur des services d'incendie et de secours ou bien de l'agriculture et des forêts, tellement les propos de l'intéressé relèvent plus volontiers du domaine du jardinage que de la lutte contre les incendies), ne faites pas de grâce de vos commentaires une opposition entre les catégories d'emplois de notre profession.

Je suis moi-même officier supérieur de sapeurs-pompiers professionnels, et je veux croire que nous partagions tous les mêmes valeurs, et surtout les mêmes convictions quant à la dangerosité de notre métier.

Alors que penser d'un tel document ? Tout d'abord, que le chemin reste long à parcourir sur la voie de la connaissance des phénomènes thermiques et des accidents qu'ils engendrent. L'auteur de ce "tract" semble manifestement mieux maîtriser les règles des marchés publics que celles qui règissent les phénomènes de combustion et de développement d'un feu, tellement sa préoccupation est grande de faire économiser quelques précieux euros pour se faire ainsi bien voir de son Président de CASdis. Qu'à cela ne tienne, à chacun sa spécialité. Mais ce qui est dramatique, c'est qu'un technocrate se prenne pour un technicien du risque et qu'il se mette alors à disserter sur un sujet qu'il ne maîtrise manifestement pas, se réfugiant derrière de fausses affirmations, ponctuées de points d'exclamation, comme pour mieux nous faire adhérer à ses inepties.

Le plus grave dans tout cela, qui démontre bien que nous avons affaire ici à un individu qui s'est trompé de métier, qui porte un uniforme de sapeur-pompier alors qu'il devrait revêtir la tenue du parfait vendeur de chez Jardiland (et je n'ai rien contre les vendeurs de cette enseigne qui font certainement un travail respectable), le plus grave disais-je, c'est lorsque l'auteur aborde le thème de "l'embrasement", un phénomène qui, selon lui, "arrive extrêmement rarement". Alors là, bravo! Je pense que ce paragraphe est l'apothéose de la stupidité et de l'incompétence même. Voilà que ce monsieur (vous avez noté que je ne parle pas d'officier) aborde la problèmatique des phénomènes thermiques sous l'angle de la probabilité, au détriment d'une approche déterministe.

Les familles du sergent-chef Thomas GABREAU, du caporal-chef Mathieu IRIGOIN, du caporal-chef Romuald MOTTIN, du caporal-chef Gwenaël PILORGE et du caporal Benoît LARMINIER, nos cinq collègues de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris tragiquement décédés lors d'un incendie survenu à Neuilly-sur-Seine le 14 septembre 2002, apprécieront! Je m'empresse d'ailleurs de demander à ces mêmes familles d'excuser l'auteur de ces propos calomnieux et irrespectueux du sacrifice de leurs enfants. Pardonnez lui Messieurs Dames, cet homme ne sait pas de quoi il parle...

Mes chers collègues, s'il vous plaît, ne vous trompez pas de combat et n'opposez pas les sapeurs-pompiers entre eux. Je vous assure que j'ai rencontré dans ma carrière des officiers brillants, qui sont de véritables techniciens du risque, des soldats du feu accomplis respectés de leurs hommes, dont un au moins est Directeur départemental (un vrai cette fois ci).

Ce contre quoi il faut lutter, c'est l'ignorance ; ce pour quoi il faut oeuvrer, c'est la formation de nos Hommes (et de nos Femmes) à détecter les signes annonciateurs d'un phénomène thermique imminent afin d'éviter l'accident. Il faut également achever de doter tous les sapeurs-pompiers de France en équipements de protection individuelle dignes de ce terme, conformes à la norme EN-469, et surtout ne jamais revenir à l'usage de la Ldt, surnommée comme chacun sait la "sert à rien", pour la lutte contre les incendies en espaces clos ou semi-clos.

Quant à l'auteur de ce pamphlet, objet de nos vives réactions, j'espère que ce monsieur rend à son employeur à la fin de chaque mois, la prime de 19% qu'il perçoit illégalement, appelée "Prime de Feu"...

Anonyme a dit…

bonjour,
je viens de lire l'article et je constate qu'il reste des inconditionnels de la "ldt".....Malgrés tout vu le "grade" de l'auteur, je ne suis pas convaincu qu'il connaisse la M1..... Par contre en tant que gestionnaire d'un service et maitrise des dépenses il doit être au top!
Enfin vous nos CA (moi je suis cch) continuez à nous faire établir des "LDJR" car pour tous les pompiers qui partent au feu le maitre mot c'est "la sécurité".C'est aussi de revenir...entier...mais le risque est toujours présent.
Alors continuons à defendre ce qui est bon pour les "opérationnels"..
Mettons en place cette filière "incendie" avec des formateurs compétents et passionnés.yves.(58)

Anonyme a dit…

Bonjour, et tout d'abord merci pour cet article, fort interessant.

Je souhaitais apporter quelques remarques :

- Tout d'abord, les remarques concernant les officiers mes semblent inutiles, et non constructives.

- Si je prends ce qui se passe dans mon département, il y a une grand confusion entre le débit réellement nécessaire pour eteindre l'incendie et l'interpretation du GNR... Je pense que le GNR demande un moyen PERMETTANT d'obtenir 500L/min, et non qu'il faille utiliser en permanence ce débit. Ce qui fait que les "anciens" sont horrifiés de voir la quantité d'eau parfois utilisée sur les sinsitres. Je conseille d'ailleurs la lecture du document "Flow-rates" de M. GRIMWOOD sur firetactics, qui clarifie les notions de debit théorique, débit nécessaire...

- En ce qui concerne ces fameux tuyaux, travaillant pour les services techniques de mon SDIS, j'ai eu l'occasion de les tester. Ce sont des tuyaux concus "specifiquement" pour les feux de volumes, et devant présenter une résitance améliorée à l'abrasion et à la pression (soit-disant plus resistants aux "impulsions"). Pour rassurer l'auteur de l'article (dont il est vrai, je me demande s'il les a vu à la lecture de ses arguments : on a réussi à les plier en couronne ! ;) ). Ils ne sont pas plus lourds, gueres plus rigides... Aucun des arguments donnés ne peut être retenu ! Sauf un : le prix ! Et oui ! Seule la qualité se paie, ce qui n'était pas le cas ici !

- Les contres-arguments sur la rigidité du tuyau sont ridicules ! La rigidité vient plus du matériau que de la pression du fluide : ma gouttière PVC est plus rigide que le tuyau d'une lance haute pression...

Bref pas mal de bons et mauvais arguments de tous les côtés... Mais c'est bien, c'est ce qui fait avancer les débats ! Pour ma part, je commence à lancer chez nous l'idée du diamètre 50, plus adapté que le 45 (re cf. l'étude flow rate !). Il vaut mieux un tuyau plus lourd avec moins de recul à la lance que l'inverse.


Voilà, je vous laisse démonter mon argumentaire ! A bientôt !

Anonyme a dit…

bonjour!
Comment peut on penser encore à ce genre de chose en 2009.
A croire qu'il y a encore des personnes qui ne sont pas dans le même millénaire.
La ldt la solution facile, rapidité (à prouver) efficacité, et bien oui...j'ai fais une attaque de 10 minutes hier sur un feu de chambre c'était d'enfer, on a mis une ldt et j'ai "baroudé" comme un fou, il y avait un mur de flammes devant moi et j'ai craché craché...etc. Et voilà pour moi le genre de discours qu'il faut changer c'est sur qu'en sortant de ce genre de feu, on su, on a eu chaud, et fier d'avoir circonscrit le feu et c'est aussi sans compter l'eau qu'il va y avoir dans le salon (si elle se vaporise avant!!) et surtout les risques encourus!!(Que nous connaissons) Je ne ferais pas l'épilogue de cette formule, tout le monde au moins ceux qui parcours les retours d'experiences savent l'importance du débit à la lance et son efficacité donc tout simplement pour dire que le parcours est encore long avant d'inculquer à tous l'importance des formations et des discours.Surtout quand je vois qu'il y a des officiers supérieurs(certains :)) qui ont encore ce discours qui ébranlent notre chateau de cartes qui commence à ce construire petit à petit!
Pour moi (encore plus depuis peu puisque je suis passé OTR) il faudrait passer l'ensemble de nos officiers superieurs dans le caisson, en TP, et en feu réel et là (peut être!!!??!!)que le château de cartes ne serait pas aussi secoué avec certains discours.

Amitié à ter tous!!(désolé je suis du nord)

Rapahël

Stéph a dit…

Bonsoir,

Quelques éléments de réponse par rapport aux remarques du lecteur anonyme ayant rédigé le 5° commentaire.

Tout d'abord merci pour votre commentaire, source de débat et donc d'enrichissement.

Ensuite, je vous invite à lire le texte en bleu avec précision et ainsi vous constaterez qu'il n'y a pas de remarques sur "les officiers" en général mais uniquement sur l'auteur, je peux d'autant plus facilement écrire cela ayant moi-même rang d'officier.

Ensuite, étant co-rédacteur du GNR, je confirme que l'idée est de considérer qu'il faut établir des moyens permettant d'avoir un débit de l'ordre de 500 l/mn. A aucun moment il n'est écrit qu'il faut impérativement et UNIQUEMENT utiliser ce débit. C'est d'ailleurs pour cela que les DMR ou LDV permettent de sélectionner des débits afin que le porte-lance puisse s'adapter à l'importance du foyer qu'il attaque. Pour être tout à fait précis, il faut remettre les choses dans leur contexte et savoir pourquoi le texte a été rédigé ainsi. A l'époque (le document a été rédigé bien avant sa publication), une majorité de corps de SP utilisaient encore les lances à fut tronconiques. Le débit 500 l/mn correspondait à la capacité des GL et seules les LDV permettaient d'utiliser 500 l avec un tuyau de 45. Comme la DSC ne voulait pas que le texte impose l'utilisation des LDV (ce qui aurait supposé des acquisitions donc des dépenses), nous ne pouvions parler que des débits nécessaires. Ainsi, comme il est très difficile de progresser avec une GL, il faudrait bien malgré tout en venir aux LDV, mais sans l'imposer. Toute la subtilité administrative(!) était là.

Tout à fait d'accord avec la référence au texte de mon ami Paul Grimwood sur la modularité des débits.

En ce qui concerne la rigidité du tuyau, il faut là aussi remettre les choses dans leur contexte et en l'occurence nous parlons des tuyaux d'incendie souples de diamètre 45 mm. Quant à leur rigidité, je pensais à la comparaison entre deux types de tuyaux souples et surtout, je faisais référence à leurs conditions d'emploi et dans ce cas prècis la rigidité est, sauf erreur de ma part, liée en grande partie à la pression du fluide qui y circule. Il est vrai que jusqu'alors je n'avais pas encore envisagé d'utiliser des gouttières en PVC pour attaquer des feux ! Je dois aussi confesser que j'ai du mal à débattre face à des arguments de mauvaise foi.

Enfin, en ce qui concerne l'idée de passer au tuyau de 50 mm, pourquoi pas mais attention au poids supplémentaire (cela risque de donner des arguments à l'auteur du document)et à l'impact financier et technique qu'imposerait un tel choix. De plus, il s'agit une fois encore d'une réponse technique. N'oublions pas la dimension humaine et pensons plutôt à améliorer la formation des pompiers à l'utilisation des lances. Il s'agit là d'un véritable problème que nous constatons régulièrement lors de nos séquences de formation sur feu réel : les pompiers ne savent pas utiliser leurs lances ! D'ailleurs, c'est normal puisqu'on ne les forme pas à cette utilisation. La priorité est la mise en place d'une formation théorique, pratique, technique et tactique adaptée dans le domaine de l'incendie que malheureusement la FNSPF s'efforce d'enterrer au prétexte qu'il s'agit de notre "coeur de métier". C'est justement à cause de cela qu'il conviendrait d'y consacrer le temps et l'énergie nécessaire.
Mais il s'agit là d'un autre débat...
FIRETEX

Franck a dit…

Bonsoir,

Je souhaite apporter quelques précisions quant à l’évaluation faite par l’auteur sur "l’embrasement" qu’il qualifie de " …situation, qui arrive extrêmement rarement… ".

Bien que ce point ai déjà été traité dans le troisième commentaire, je vais tenter d’apporter un regard plus " pragmatique " et factuel :

Beaucoup ont compris en quoi le niveau d’isolation / confinement d’un logement pouvait être majorant dans la mise en place d’un phénomène. Le niveau d’isolation d’un logement peut être évalué via la consommation d’énergie nécessaire à son chauffage. Selon une étude de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) réalisée fin 2007, en moyenne, le parc des logements français consomme 274 kWh/m2/an. Le seuil retenu lors du grenelle de l’environnement comme moyenne à atteindre d’ici 2050 est de 50 kwh/m2/an (soit 4 fois moins afin d'obtenir des logements dits BBC : Bâtiment Basse Consommation). Par le biais des RT (Réglementation Thermique) quinquennales, les logements neufs vont, d’année en année, devenir énergetiquement de plus en plus performant (cqfd : le risque d'occurence des phanomènes va devenir de plus en plus présent !)…

NB : il existe dore et déjà des logements dits passifs qui eux ne consomment que 15 kWh/m2/h. Pour atteindre un tel objectif il faut aller jusqu’à traiter l’étanchéité à l’air du logement !

Sans faire une thèse sur le sujet (les modes constructifs et leur évolutions) que je suis de très prés depuis maintenant 2 ans, je pense que le pire est à venir et qu’il est encore temps de s’équiper, de se former et de maintenir nos acquis au mieux afin d’être prêt…

Fr@+nck

Stéphane a dit…

houla ! c'est chaud, c'est chaud !
Il ne s'agit pas de faire des généralités ou des procès d'intention à l'encontre des officiers (il y en a heureusement quelques uns de très efficients, j'ai des noms ...). Mais ce cas est malheureusement une triste caricature de nombre d'individus qui sont rentrés chez nous sur titre , vierges de toute expérience professionnelle, après une formation accélérée d'un an et qui feront leur carrière dans des bureaux sans réellement connaître les contraintes et les particularités qui font l'essence même de notre profession .
Mes amis canadiens étaient sidérés face à notre politique de recrutement : "Ils n'ont aucune expérience et ils vous envoient au feu ??? Ils ont vos vies entre leurs mains et certains n'ont jamais fait de feu ?!!? "
Chez eux, inimaginable !
3 ans de cursus universitaire, concours d'entrée comme sapeur, 10 ans minimum par la base avant de passer le concours de chef (logique, non ?).
Concernant l'article proprement dit , plus rien ne m'étonne. J'arrive même à penser qu'il y a peut être un aspect comptable à tout cela , que la tendance étant au tuyaux de 45 en écheveaux, il serait bien mal venu pour ces gestionnaires de budget de transformer tous leurs fourgons le cas échéant...(au moins la ldt, elle est déjà en place).
Des pointeuses dans les casernes( si, si!), des camions à moitié remplis, des effectifs de nuit à faire trembler, des temps de formations qui fondent à vue d'œil, des rationalisations qui nous parlent de stats et d'occurrence mais qui n'ont jamais vues un bon gros feu à 5 heures du matin ! Bref, que des avancées pour la profession ! Ah, au fait j'ai un scoop : bientôt le retour du seau pompe, un colonel a lu dans un livre que l'on pouvait éteindre un feu avec un verre d'eau ...
POINT DE DEVOIR DE RESULAT, ASSURONS JUSTE LE DEVOIR DE MOYENS !
Beaucoup de collègues m'ont confié qu'ils envisageaient même de changer de métier tant le sentiment d'aller dans le mur est fort.
Pour terminer, il n'est nullement question de généraliser sur le statut d'officier car, nombre de mes amis le sont et font preuves d'intelligence et de compétences hors normes. Juste un raz le bol de quelques individus qui parlent de victimes et de pompiers morts avec une calculatrice et qui arrivent à trouver qu'un pompier est trop protégé, trop équipé pour les pauvres missions qu'il a à remplir...
"Si vis pacem, para bellum"

Anonyme a dit…

(Re) Bonjour,
J'étais le 5 Anonyme ! (Faudra penser à m'inscrire !).

Merci d'avoir répondu !

Je prends note de la précision sur le GNR... Et confirme qu'il existe bien un problème de formation. Peut-être qu'un jour, si on ne fait PLUS que de l'incendie, on arrivera à être un peu plus performant (PAF ! un autre débat !).
Quant à la FNSPF, je préfère ne pas en parler, je serais trop virulent et pas objectif.
Et que vivent les débats (et à mort les certitudes !!!)
Vite vite un nouveau sujet !

etienne a dit…

Bonjour à tous, merci beaucoup pour vos commentaires passionnés, la richesse est dans l'échange et dans nos différences.

Je partage votre déception et votre colère face à de tels propos dont c'est la complaisance qui me révolte le plus, au delà de l'incompétence.

Nos trop nombreux frères d'arme piégés depuis les années 90 par les phénomènes thermiques doivent,pour reprendre Pascal, "rires jaunes" eux aussi...qu'ils reposent en paix.

2009, nous sommes en 2009 !
Comment la problématique peut - elle encore tourner autour du bienfait ou non de notre (r)évolution ?

Elle a fait ses preuves là où elle est en place, à savoir ailleurs, pas en France hélas !

Ce, malgré le récent élan national salutaire de formation désormais Freiné par un grand F par notre FNSPF qui refuse la refonte de la filière INC (sic)

Allons au delà du débit amplement justifié de 500l/min pour lutter efficacement et en sécurité contre un feu de chambre post EGE, capable de nos jours de dégager jusqu'à 5MW en terme de puissance (contre 200 KW dans les caisson gaz CQFD), encore faut-il, pour rebondir sur les propos de Stephane, "savoir de quoi on parle"...!

Le danger ne vient évidemment pas de la lance ou de son débit mais plutôt de celui qui l'a entre les mains, non ?

la Formation prime versus "l'Ignorance" pour citer un des commentaires.

Regardons à l'image de Franck vers l'avenir :

La logique de développement durable va nous plonger d'ici peu dans des feux encore davantage sous ventilés car se développant dans de véritables "fours".

Est-on équipés, formés et entrainés à ces risques déjà encourus mais qui vont se renforcer, c'est incontournable ?

Si le savoir, le savoir faire et le savoir être impressionnants des pompiers scandinaves en la matière à au bas mot 20 ans, on en est encore à se battre chez nous pour qu'un SP aille au feu mieux protégé que pour faire de la moto, faire comprendre à tout l'effectif que la fumée brule et que laisser un feu respirer c'est le laisser empirer...

La lenteur de notre évolution est d'autant plus frustrante quand on a la chance de s'ouvrir à la réalité du métier au delà de nos frontière, de lire l'anglais...car 6 ans après la parution du GNR EF EGE, le besoin en terme d'équipement et de formation reste béant comparé à nos voisins européens et anglo saxons.

Et quand un officier londonnien (er) comme Paul Grimwood nous parle feux de structures, il a 30 ans de terrain chez lui mais aussi outre atlantique et en Europe dans des corps prestigieux.

Ce blog est un outil de plus pour nous permettre (les chanceux anglophones) de vous faire partager ces connaissances et retours d'expériences oh combien enrichissants ; et d'échanger avec vous dans un but constructif ;
à l'inverse des critiques non fondées et rétrogrades du courrier concerné.

Allez, malgré ces propos décourageant, il faut poursuivre notre engagement au profit des victimes comme des pompiers qui, nombreux, désirent s'améliorer.

Des officiers exemplaires, passionnés et respectés sont parmi nous, même s'ils ne viennent pas tous de la base. Sachons nous unir pour renforcer notre dynamique et prévenir tout retour en arrière impensable, mais surtout afin de prévenir des drames trop souvent prévisibles à l'avenir.

Pensons avant tout aux gens que nous défendons (elle est là notre raison d'être, d'ailleurs le rédacteur ne l'évoque pas un instant....)

Battons nous fièrement pour ce service public exclusif qu'est la lutte incendie ; comme pour nos proches qui nous attendent toujours avec cette pointe d'inquiétude(s'ils savaient la réalité ...)

Pour finir, une pensée pour nos collègues des régions touchées par la tempête, les colonnes de renfort, et le SP du Gers blessé gravement. Bon et rapide rétablissement à lui.
Courage et prudence à tous.

Restons humbles
Etienne

Anonyme a dit…

Bonjour,

Toujours 5ème commentaire-man...

Je me permets de poster un lien, (j'éspère ne pas l'avoir trouvé ici !) sur les comptes-rendus de presque accident aux USA : www.firefighternearmiss.com
Bien interessant !
A bientôt !

Stéph a dit…

J'invite le 5° commentaire-man à lire le post intitulé "Pilotes et pompiers", ainsi il remarquera que nous avions déjà fait référence à ce site Internet très interressant qu'est "firefighternearmiss.com".

Merci de vos commentaires et de votre fidélité à FIRETEX.

Gibouin Laurent a dit…

Les familles du sergent-chef Thomas GABREAU, du caporal-chef Mathieu IRIGOIN, du caporal-chef Romuald MOTTIN, du caporal-chef Gwenaël PILORGE et du caporal Benoît LARMINIER, nos cinq collègues de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris tragiquement décédés lors d'un incendie survenu à Neuilly-sur-Seine le 14 septembre 2002, apprécieront! Je m'empresse d'ailleurs de demander à ces mêmes familles d'excuser l'auteur de ces propos calomnieux et irrespectueux du sacrifice de leurs enfants. Pardonnez lui Messieurs Dames, cet homme ne sait pas de quoi il parle...
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Merci de penser a eux, pour les avoir connu, et mettre engagé dans la voie de la formation suite a cet accident affectant durement ma compagnie, ce chapitre me touche !

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En ce qui concerne ce monsieur (je n'ai rien contre les officiers, mais lui, devrait se reconvertir chez mobalpa célèbre fabricant d'étagère), et autres rigolos qui n'ont plus rien de pompier (certains ne mettent déjà plus la tenue !), je les invitent a monter dans les engins d'incendie, découvrir notre métier, ainsi que les progrès en matière de formation. Nous l'aimons ce métier, il est honorable, et nous y trouvons encore des gens qui le font par passion, qui ne compte pas leurs heures, et même qui ne touche pas de prime de feu (je ne savait même pas que cela existait). Je prends ces propos comme des insultes contre les passionnés que nous sommes, nous décalons, nous formons, nous échangeons, et parfois même nous devenons plus que des relations de travail, de véritables liens d'amitiés se sont tissés depuis plusieurs années (quelque soit les générations, les grades, les institutions!). Je pense donc qu'il y a dans ces propos un peu de jalousie et de peur face a nos compétences ! car nous sommes compétents!. Monsieur, vous me donnez donc, envie de "gerber", pire de pleurer en pensant a Matthieu, Romuald, Thomas, Benoit, Gwénael!

Désolé mon cher Stéphane, avec mes propos le débat n'avance pas beaucoup, mais il fallait que cela sorte!
Et moi je signe / laurent gibouin

Yves a dit…

Aux USA dans les cours dispensés aux sapeurs-pompiers, pour l'attaque des feux intérieurs, il est précisé :
"si au bout de 10 secondes, le feu ne régresse pas : posez-vous la question ? mon DEBIT est il suffisant?

Yves Fallavier

Anonyme a dit…

la vraie question est de savoir si l'auteur des absurdités qui sont évoquées dans ce document a t il déjà lui même tiré un tuyau (fireflex ou équivalent) pour savoir de quoi il parle ? Et d'ailleurs a t il déjà tout simplement lui même un jour éteint un incendie, ou ne serait-ce au moins une fois tenu une lance entre ses mains ? Monsieur le scribouillard, restez donc derrière votre bureau, là au moins vous y êtes en sécurité. Quant aux problèmes d'extinction, d'incendie et autres sujets traitant des sapeurs-pompiers, évitez à l'avenir d'évoquer ce que vous ne connaissez pas. Vous gagnerez du temps plutôt que d'écrire des âneries, et nous, les sapeurs-pompiers, nous vous en serons gré !

Stéphane a dit…

Je viens de me relire et j'avoue, à froid, que mon dernier post ne faisait guère avancer le débat mais je suis comme Laurent :" il fallait que cela sorte !"
Désolé , car je ne suis pas un habitué des discours haineux et stériles. La prochaine fois j'irai me calmer avec quelques pompes avant d'écrire ;)

Florian a dit…

Je suis sapeur-pompier en Suisse et je me permets de témoigner de nos pratiques et notre expérience.

Il ne nous viendrait même pas à l'esprit d'utiliser une LDT pour attaquer un feu en milieu clos voire semi-clos. Elle est réservée aux feux extérieurs sans aggravation possible.

Dans le canton de Genève (comme dans d'autres d'ailleurs) nous n'utilisons d'ailleurs que du diamètre 55mm et personne ne se plaint qu'il est trop lourd ou pas assez maniable ! Pourtant, d'autres cantons ont fait le choix du 40mm et pour l'avoir essayé, la différence avec le 55mm est flagrante et je ne comprends pas qu'on puisse prétendre que votre 45mm - paroi renforcée ou pas - soit difficile à manier ou lourd.