27 janv. 2009

TEMPETE : 1 Pompier blessé grièvement.

Tandis que les vents se calment sur le Sud-Ouest de la France, pompiers et services publics sont à pied d'oeuvre pour tenter de limiter les dégats et venir au secours des populations.

Dans le département du Gers, un pompier a été grièvement blessé par la chute d'un arbre, on apprend que, fort heureusement, ses jours ne sont pas en danger.

Photo : Th. David. (Sud-Ouest)

Ces circonstances, tout comme les images diffusées sur les différentes chaines de télévision nous amènent à formuler quelques remarques et conseils.

On peut malheureusement se rendre compte de la disparité des tenues des pompiers français par rapport à celles de leurs collègues espagnols.

Dans l'hexagone on peut encore voir de nombreux pompiers équipés de vestes en cuir.

Eu égard aux circonstances, on peut aussi s'étonner du fait que tous les pompiers utilisant des tronçonneuses ne disposent malheureusement pas de jambières ou pantalons de protection contre les coupures par chaines !

RAPPELS
Pour éviter d'autres drames, n'oublions pas de nous munir des EPI adaptés aux circonstances :
  • Il n'est pas un seul "bien" qui vaille de prendre des risques inconsidérés pouvant menacer la vie des intervenants,
  • LSPCC lors des progressions en toiture et en hauteur,
  • Attention aux cables aériens qui peuvent être très "mobiles" notamment lors d'utilisation d'échelles aériennes,
  • Attention aux cables trainant au sol : toujours les considérer comme "sous tension",
  • Port de jambières ou pantalons de protection adaptés lors de l'utilisation de tronçonneuses,
  • Respect des consignes d'utilisation des tronçonneuses,
  • Méfiance par rapport aux arbres, poteaux et autres objets en équilibre instable,
  • Port du casque, des gants et des lunettes de protection adaptées,
  • Surveillance et entretien des chaines de tronçonneuse (risques d'échauffement et rupture),
  • Port des équipements haute visibilité sur la voie publique,
  • etc...

Nous souhaitons un prompt rétablissement à notre collègue du Gers et bon courage à tous les pompiers engagés sur le terrain.

23 janv. 2009

Décès d'un pompier

Nous apprenons le décès en service commandé de l'Adjudant-Chef Thierry SOREL
du centre de secours d'Amfreville la campagne (Eure) survenu le 21 janvier 2009.


Alerté au moyen de son récepteur d'alerte individuel pour un feu de cheminée, Thierry SOREL quitte son domicile pour se rendre au centre de secours. C'est durant ce trajet qu'il sera victime d'un accident de la route mardi 20 janvier.

Thierry SOREL était âgé de 46 ans, marié et père de quatre enfants (20, 17, 13 et 5 ans).

Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille et à nos collègues de l'Eure.

22 janv. 2009

TUYAUX DE 45 TROP RIGIDES !

Nous avons eu connaissance d'un texte circulant sur Internet supposé émaner d'un officier supérieur de sapeurs-pompiers occupant les fonctions de directeur départemental.

Le texte du document est reproduit in extenso ci-dessous, fautes de syntaxes et d'orthographe incluses.

N'ayant pas eu confirmation formelle ni de l'origine du document ni de son contexte, et le but n'étant pas de polémiquer avec son auteur mais d'analyser les données, le nom du signataire n'apparait pas.

ALERTE AUX TUYAUX DE 45 TROP RIGIDES !!!

Un bruit a couru sur une modification des tuyaux de 45. (??? modification de quelle nature ?)


L'objectif technique est le suivant :

Augmenter la résistance mécanique à l'abrasion et à la pression.


Les raisons :
  • les tuyaux de 45 et les LDV sont utilisées beaucoup plus fréquemment en intervention et en FORMATION puisque les services de la DDSC ont fait écrire dans les GNR le besoin pour la majorité des feux la nécessité d'atteindre des débit pouvant allez à 500 l/mn, pour nos feux qui s'éteignent à 80% du temps avec la LDV de la LDT. Donc usure excessive en formation et rupture en intervention !

La DDSC n'a rien "fait écrire", elle a simplement initié un groupe de travail composé de pompiers spécialistes dans le domaine des phénomènes thermiques à la demande des services de l'inspection suite à plusieurs décès de pompiers en opération imputables à la survenue de phénomènes thermiques. Quant aux feux éteint à 80% avec la LDT, il convient de remettre les choses dans leur contexte et aussi de s'interroger sur l'origine et la validité de cette affirmation chiffrée. Cet adage était valable il y a quelques dizaines d'années en arrière dans les grandes villes à l'époque où existait encore le concept de "Premier-Secours" décalant en quelques secondes et où les délais d'intervention étaient plus courts eu égard aux conditions de circulation. De plus, il convient d'intégrer que le potentiel calorifique contenu dans les habitations était beaucoup plus faible, que l'isolation des bâtiments n'était pas aussi répandue et efficace que maintenant. En clair, les quantités d'énergie développées par les incendies étaient moindres et le débit d'une LDT était souvent suffisant. Les choses sont bien différentes de nos jours, en tous cas quand on connait le domaine de l'incendie. De plus, le libellé du texte qui suit interpelle: "le besoin pour la majorité des feux la nécessité d'atteindre des débits pouvant ..." ? Les seuls débits que peuvent atteindre les feux sont des débits de pyrolyse ou d'énergie... encore faut-Il savoir de quoi on parle. Le débit mentionné par le GNR s'applique aux lances et pas aux feux.

Ensuite, l'auteur semble préoccupé par le fait que les tuyaux subissent une usure durant les formations ! Cela signifie-t-il qu'il faille limiter les manoeuvres et autres formations afin de ne pas user les tuyaux ? OUPS ! Une autre solution consisterait peut-être à réaliser des établissements virtuels ou à regarder des vidéos !

  • les tuyaux alimentés réglementairement sont beaucoup plus lourd que la LDT et subissent une abrasion au sol et dans les angles des bâtiments et autres installations, là où le tuyau semi-rigide, plus léger et plus lisse de la LDT glissait correctement.
Il est très réducteur (et aussi révélateur d'une méconnaissance de l'incendie) de considérer que le seul problème dans le domaine de la lutte contre le feu consiste à devoir s'approcher au plus près du foyer. Quid de la dangerosité des fumées, de la capacité d'absorption d'énergie de la lance, etc..? A quoi cela sert il d'avoir cheminé vers le foyer, soit disant plus facilement avec une LDT, si en fin de compte le pompier est inefficace face au feu et donc mis en danger ?

Le métier de sapeur-pompier requiert semble-t-il quelques qualités physiques et ce n'est pas pour rien. Quid de la notion de sauvetage potentiel à réaliser par les pompiers si le simple fait d'envisager que la progression d'une ligne de 45 nécéssite des efforts surhumains et relève soudainement de la compétence de Superman ! La mission de sauvetage est réglementaire. De plus, eu égard à la position hiérarchique de l'auteur, on est en droit de s'interroger sur le nombre de fois où il a eu l'occasion de progresser dans un bâtiment sinistré avec une lance et donc d'émettre un avis pertinent sur ce type de manipulation en opération.

Conséquences du passage du tuyau souple à un tuyau de 45 à paroi renforcée :

  • tuyau plus lourd, qui nécessitera des efforts complémentaires pour la manoeuvre des lances qui est déjà beaucoup plus intense que le maniement simple de la LDT : aggravation des efforts et donc de la sécurité des sapeurs-pompiers (!!!)

Ce qui compromet réellement la sécurité des pompiers, c'est de les engager dans un bâtiment combattre un feu avec un outil hydraulique sous-dimensionné et inadapté !

  • tuyau plus rigide,

La rigidité d'un tuyau est plus liée à la pression interne du fluide qu'à la nature et à l'épaisseur de sa paroi, encore faut-il en avoir utilisé pour le savoir.

- qui limitera la mobilité et la rapidité d'éxécution des manoeuvres déjà aggravés vis à vis de l'usage de la LDT : pénibilité accentuée et efficacité diminuée.

Faux ! Il est extrêmement facile de démontrer, chronomètre à l'appui, qu'il est plus rapide et moins exigeant physiquement d'établir des tuyaux souples pliés en écheveaux dans les étages d'un bâtiment qu'une LDT.

Les tuyaux rivetés en cuir de l'époque pouvaient être rangés pliés dans la cuve de la pompe bras, on devrait pouvoir arriver à y ranger des tuyaux modernes fussent ils plus épais.

- qui ne permettra plus la possibilité de conditionnement en couronne ou en écheveaux dans les coffres de FPT et CCF et nécessitera des aménagements coûteux dans tous les sdis : dépenses supplémentaires

Absurde ! Même les tuyaux en cuir rivetés (dont les parois étaient pourtant fort rigides et épaisses) utilisés avec les pompes à bras pouvaient être roulés en couronne. Pour information, la norme des tuyaux d'incendie aux USA impose des parois plus épaisses et il se trouve que nos homologues nord américains utilisent les tuyaux en écheveaux depuis fort longtemps sans problèmes majeurs !

Il reste encore de la place dans les coffres même pour des tuyaux plus épais !

- qui ne permettra pas la manoeuvre de repli et de protection du sapeur-pompier confronté à un embrasement (situation, qui arrive extrêmement rarement, représentant l'une des raisons, qui a été l'objet d'un passage de la LDT à un tuyaux de 45 !!! mais qui est déjà extrêmement difficile à mettre en oeuvre dans le couloir d'un immeuble ou d'une cave collective avec un tuyau classique de 45 !!!) et bloquera l'agent sans protection thermique : risque vital pour le sapeur-pompier.

Au final, l'argument est toujours le même : "ça sera trop dur physiquement"; la solution existe : il suffit de ne pas recruter les pompiers parmi les "petits rats de l'opéra" mais selon des critères physiques adaptés aux missions.

Il semble effarant, encore plus de la part d'un officier supérieur, de considérer que parce que l'occurence de survenue d'un phénomène est faible (ce qui reste à démontrer), il ne faille pas donner les moyens aux agents (le terme pompier me semble préférable) de s'en prémunir. Une formation fréquente et adaptée à la mise en oeuvre et à l'utilisation de lignes de 45 en phase de progression dans une structure semble être un moyen de nature à permettre aux pompiers de faire face à ce genre de situation.

Ceci étant, il est vrai que les séances de formation sont propices à l'usure des tuyaux ! Tant pis pour les pompiers et les risques liés aux phénomènes thermiques mais aussi pour l'efficacité et de la qualité du service rendu au public qui ne semblent pas figurer parmi les préoccupations de l'auteur.

Il se peut que cette hypothèse soit une rumeur ou une information mal interprétée.

Si ce n'était pas le cas, il est urgent de se remettre autour d'une table pour redire concrètement le bon usage de la LDT avec LDV 125 (maniable, rapide, légère et efficace pour les petits feux, même clos !!) et de la LDV 250-500.

Ce qui est urgent, c'est d'appliquer les recommandations du GNR et d'améliorer la formation incendie des pompiers. Il convient aussi de noter que ce ne sont pas les feux qui sont clos mais les milieux dans lesquels ils se développent. Il n'y a pas de petits feux : tous les feux sont dangereux et méchants ! Qu'est-ce qu'une lance rapide ? Sur quels critères techniques et objectifs l'auteur s'appuie-t-il pour émettre de telles suggestions ?

Sinon, c'est moins efficace, plus dangereux et plus cher !!!

Selon quels critères ? Exception faite de la notion de prix qui est exacte, les autres propos (moins efficace, plus dangereux) sont totalement subjectifs et mensongers et de surcroit totalement inacceptables de la part d'un officier de pompiers. Ce qui est dangereux, c'est qu'un directeur départemental puisse tenir de tels propos à notre époque.

Personnellement, je suis contre.

Personnellement, je suis atterré de lire de pareilles sottises en 2009.

Lieutenant-colonel XYZ

FIRETEX

21 janv. 2009

AISNE : 2 pompiers blessés

Pompier : Un métier dangereux ?
12 janvier 2009 vers 9 h 00 du matin, un incendie se déclarait dans une longère à Cerny les Bucy (Aisne).
Les occupants, une mère de famille et ses 2 enfants, ont heureusement pu sortir à temps de l'habitation.
Au cours des opérations d'extinction, 2 pompiers ont été sérieusement blessés en passant au travers d'un plancher. Transportés à l'hôpital, leurs jours ne sont pas en danger.
Source : L'Aisne nouvelle.

Au vu des photos, il semble que les pompiers ne disposent pas de surpantalons !

RETEX

  • Que se serait il passé si l'incendie s'était déclaré dans la nuit ? En l'absence de DAAF, le bilan aurait certainement été plus dramatique. DAAF obligatoires et information du public,
  • Combien de temps faudra-t-il encore avant pour qu'en France tous les soldats du feu soient correctement équipés avec des EPI conformes à la réglementation européenne (EN 469) ? Comment concevoir qu'en 2009 des pompiers ne soient pas protégés au niveau des jambes ? La chute au travers d'un plancher illustre bien, entre autre exemple, que cette partie du corps est très exposée ! Prise en compte des risques auxquels les pompiers sont réellement exposés et dotation en EPI adaptés,
  • L'accident survenu à nos collègues démontre une fois de plus qu'il est indispensable de former les pompiers au sauvetage du sauveteur afin d'être en mesure de porter secours rapidement et efficacement aux collègues qui viendraient à se trouver en difficulté en opération ! Pourquoi attendre ? La fatalité a bon dos. Les risques sont présents, clairement identifiés et les solutions existent alors appliquons les et n'attendons pas de nouvelles victimes,
  • Cheminements : Penser que l'incendie fragilise les structures fragiles (planchers bois par exemple), toujours cheminer au plus prêt des parois, s'assurer de la solidité en utilisant les outils à main (barre halligan, hache, pry-axe ou OFD) pour "sonder".

Nous souhaitons un prompt rétablissement à nos collègues.

Restons humbles.

20 janv. 2009

3 pompiers tués au Sénégal


Effondrement mortel suite à un incendie.

Le 16 janvier 2009, aux alentours de 22H00, un incendie d’origine accidentelle s’est déclaré dans un immeuble de quatre étages dans le quartier populaire de la Médina à Dakar.
L’incendie a été maitrisé avec les moyens du groupement national des sapeurs pompiers sénégalais (GNSP) vers minuit.
Le lendemain matin, l’immeuble s’est effondré, tuant sur le coup 3 pompiers sénégalais ainsi qu’une habitante de l’immeuble venue rechercher ses affaires.


Dans le cadre des accords de défense passés entre la France et le Sénégal, une quinzaine de pompiers des forces françaises du Cap-Vert se sont rendus sur le lieu du sinistre pour prêter main forte à leurs collègues sénégalais.

Nous adressons nos sincères condoléances aux familles des victimes ainsi qu'à nos collègues du groupement des sapeurs-pompiers du Sénégal.

Source : Site internet Ministère de la Défense.

18 janv. 2009

Pilotes et Pompiers

Pilotes et Pompiers , quels points communs ?

Commandant Chesley B. "Sully" SULLENBERGER
Source :
www.firefighterclosecalls.com

L'accident d'avion survenu jeudi après-midi dans le ciel new yorkais quelques minutes à peine après le décollage de l'Airbus A 320 d'US Airways de l'aéroport La Guardia, a mis en avant le comportement exemplaire du pilote qui, en réalisant un amerrissage en douceur sur les eaux gelées de l'Hudson river, a ainsi préservé l'intégralité de l'appareil et donc la vie de l'équipage et des passagers.

Il convient ici de saluer haut et fort l'attitude hautement professionnelle du commandant Sullenberger qui, comme tout véritable capitaine de navire, a quitté l'appareil en dernier après avoir effectué personnellement une dernière "visite" complète de l'avion rempli à mi-hauteur par les eaux.

Source : www.techno-science.net

Saluons également le comportement lui aussi exemplaire de l'équipage qui a su gérer dans le calme la situation, le stress des passagers et l'évacuation de l'appareil.

Au delà de toutes ces considérations, il semble interressant de s'interroger sur ce qui a permis à ces hommes et ces femmes, pilote, co-pilote et membres d'équipage de faire face à cette situation et de rapporter cela au métier de pompier.

Trois points paraissent essentiels :

  1. La formation,
  2. L'analyse des retours d'expérience,
  3. L'expérience de la pratique.

Les pilotes sont plutôt formés à éviter les problèmes, que ce soit par la formation des pilotes et des personnels naviguants, par l'application stricte de procédures (check-list avant décollage, préparation des vols, respect des consignes, etc...).Ils sont ensuite formés et entrainés à réagir face à différentes situations difficiles (pannes, incendie, détournements, etc...).

Ces entrainements sont clairement définis, obligatoires et dispensés par des personnels spécialisés et compétents et s'effectuent dans les conditions les plus réalistes possibles notamment par le biais de l'utilisation de simulateurs.

Pour ce qui est des pompiers, il s'agit plutôt de se former à réagir au quotidien face à des situations difficiles et dangereuses mais ceci ne s'effecue que de manière très disparate et variable au gré des installations, moyens et équipements disponibles dans les départements.

En résumé, tout au long de sa carrière, la formation du pilote consiste à se préparer à gérer et anticiper des problèmes au faible risque d'occurence.

A contrario, le pompier doit (ou devrait) se préparer à faire face à des problèmes délicats et dangereux, pour lui comme pour les "civils", problèmes sur lesquels il n'a aucune emprise directe.
On pourrait donc penser que la formation OPERATIONNELLE du pompier dans des conditions aussi réalistes que possible devrait être une priorité. Force est de constater que la vérité est toute autre malgré les sommes et les volumes horaires importants consacrés à la formation.

Si les compagnies aériennes consacrent tant de temps et d'argent à la formation et à la préparation de leurs personnels à faire face à des évènements graves, ce n'est nullement par philantropie mais bien pour répondre à une logique économique et d'efficacité (les deux allant de pair).
Pourquoi les choses sont elles différentes chez les pompiers ?
Par analogie à la formation des pilotes d'avion, celle des pompiers devrait donc se concentrer sur les situations rencontrées le moins fréquemment.
Considérant que la lutte contre l'incendie est une activité technique et dangereuse qui représente environ 10% de nos opérations, il conviendrait donc de consacrer un maximum de temps de formation et de technicité pour s'y préparer.
C'est pourtant loin d'être le cas comparativement à l'activité secours à personnes qui occupe sensiblement 70% des interventions et pourtant un recyclage annuel en secourisme (ce qui est une excellente chose soit dit au passage) est obligatoire pour tous les pompiers.

On peut donc s'interroger sur les raisons qui font que la formation à la lutte contre l'incendie ne répond pas aux mêmes exigences de volume, de compétences et de rigueur que celle des plongeurs ou des secouristes par exemple ?

Autre similitude entre pompiers et pilotes d'avion : l'analyse des retours d'expérience via des structures d'enquêtes et d'analyse des accidents telles que le BEA (bureau Enquête Accident) de l'aviation civile.
En France, le BPAE (Bureau Prévention Accident Enquête), né des recommandations de la MISP (Mission Sécurité des SP), effectue un travail remarquable mais il est regrettable que les enseignements issus de ses enquêtes ne fasse pas l'objet de diffusion à l'ensemble de la profession.
Nos homologues anglo-saxons sont une fois de plus en avance dans ce domaine. A l'initiative de certains pompiers a été crée aux USA un site internet (http://www.firefighternearmiss.com/) sur lequel il est possible à tous les corps de pompiers de diffuser des retour d'expérience de manière volontaire, anonyme et sans aucune volonté répressive mais au contraire constructive afin d'éviter que des accidents similaires ne se reproduisent. Ainsi, de multiples données sont disponibles pour tous les pompiers par internet.
A quand une telle initiative en France ?

Autre aspect majeur : l'expérience. Le commandant SULLENBERGER est un ancien pilote militaire de l'US Air Force; Il a aussi occupé les fonctions de président de l'association des pilotes de lignes pour la sécurité en vol, il est membre de la commission technique de l'aviation civile US et a participé à plusieurs enquêtes relatives à des accidents d'avion.

De plus, parrallèlement à ses activités de pilote pour US Airways, il dirige également une petite société de consulting spécialisée dans le domaine de la sécurité aéronautique !
Quant au calme ayant présidé à sa prise de décision salvatrice (se poser sur l'Hudson plutôt que d'aller se poser sur un aéroport voisin), il est le fruit d'une très grande expérience acquise au cours de ses milliers d'heures de vol. Que se serait il passé si le pilote de l'avion avait été un "jeune" diplomé ?

Pour conclure,tout au long de sa carrière, le commandant SULLENBERGER s'est préparé pour réagir au pire, portant son attention sur tout ce qui pourrait compromettre sa sécurité tout comme celle de ceux dont il a la charge, passager comme équipage.

N'y a t il pas une certaine ressemblance avec la mission d'un COS chez les pompiers ?

17 janv. 2009

Décès

Nous apprenons le décès en service commandé du Major Professionnel Philippe VANDAELE
du Centre de secours Principal d'Avranches (50) survenu hier.


Le Major VANDAELE a été victime d'un malaise cardiaque pendant son service.

Agé de 47 ans, Philippe VANDAELE était marié et père de trois enfants (22,19 et 12 ans).

Nous adressons nos sincères condolèances à sa famille ainsi qu'à nos collègues du CSP d'Avranches.

14 janv. 2009

CEINTURES DE SECURITE

Dimanche vers 13 h 20, alors qu'il se rendait sur un feu de bâtiment, le pumper KME du White Mills Fire Department en Pennsylvanie (USA) a glissé sur la chaussée enneigée puis a percuté un arbre en contrebas de la route.

On ne compte que deux blessés légers parmi les membres d'équipage de l'engin-pompe qui étaient TOUS ceinturés !

Alors que la France grelotte sous des températures hivernales et que les routes sont rendues très glissantes par les conditions météo, pensons à adapter notre conduite aux conditions de circulation et surtout :

ATTACHONS NOS CEINTURES A L'AVANT COMME A L'ARRIERE DES ENGINS !

Un petit clic vaut mieux qu'une grande claque.

Tous les cahiers des charges devraient stipuler la présence obligatoire de ceintures de sécurité UTILISABLES à toutes les places assises des engins d'incendie et de secours.
Et tout cela ne servira à rien si les pompiers continuent à ne pas s'attacher parce que le code de la route leur accorde une dérogation (qui n'est d'ailleurs valable qu'en se rendant en intervention ce qui est d'autant plus paradoxal qu'il s'agit des conditions dans lesquelles le plus de risques sont pris !).
Soyez prudents.
Source : Firefighters Close Call website (cf.liste de liens)

13 janv. 2009

REACTIVITE


Réactivité

La semaine dernière avait lieu au tribunal où siège la cour suprême de l’état de New York, le procès consécutif à l’incendie de janvier 2005 au cours duquel deux pompiers de New York sont décédés et quatre autres furent grièvement blessés.

Le dimanche 23 janvier 2005, les secours du FDNY (Fire Department of New York) sont engagés pour un feu d’appartement au quatrième et dernier étage d’un bâtiment à usage d’habitation dans le Bronx.

Les conditions météo sont très défavorables, températures très basses et fortes chutes de neige.

Un certain nombre de difficultés se sont accumulées (la fameuse loi de Murphy, connue également sous le nom de loi de l’emmerdement maximum !) :
  • Difficultés de circulation (neige),
  • Difficultés d’approche du bâtiment pour les engins,
  • Hydrant gelé,
  • Chute de pression suite à problème de pompe,
  • Etc...

De plus, l’appartement concerné par le sinistre avait fait l’objet de modifications (ajout de cloisons notamment) qui ont eu pour conséquence d’empêcher les pompiers engagés dans le bâtiment d'accéder à certaines fenêtres du bâtiment.
Durant l’attaque, la pression des lances chute suite à un problème sur la pompe d’un fourgon.
Les pompiers des équipes d’attaque se retrouvent très rapidement bloqués par le feu puis se manifestent aux fenêtres à l’arrière du bâtiment.

Les flammes continuent de se propager à une vitesse fulgurante, obligeant les pompiers à sauter par les fenêtres avant même que leurs collègues n’aient pu mettre des échelles en place.

Bilan : 2 pompiers décédés et 4 blessés gravement.

Ce sinistre aura un grand retentissement parmi les pompiers et il est notamment reproché au FDNY d’avoir retiré quelques années auparavant (en 2000) les dispositifs de sauvetage individuels qui se trouvaient en dotation collective dans les pompes et les échelles.

Très rapidement, après enquête interne, il est décidé de repenser à un kit individuel de sauvetage composé d’une sacoche contenant un cordage fixé à l’extrémité d’un crochet ainsi que d’un dispositif de freinage à la descente.

Un cahier des charges est établi et un appel d’offre lancé pour la fourniture de 11000 (onze mille) kits de sauvetage individuels.

Le marché est remporté par la société française PETZL (cocorico) et en octobre 2005, les premiers kits sont distribués tandis que commence en même temps la formation des personnel qui sera réalisée sur une installation spécifique au niveau de l’école (Fire Academy) mais également au moyen d’installations mobiles qui se déplacent dans les firehouses (casernes).

Quelques problèmes techniques sont constatés au niveau du descendeur et le fournisseur se remet au travail.



Le kit individuel de sauvetage PETZL élaboré selon le cahier des charges du FDNY.

Un nouveau modèle de descendeur est mis au point et testé par le FDNY et dès la mi-janvier 2006, la distribution des kits commence et les formations se poursuivent.

Dispositif "mobile" de formation à l'utilisation du "kit de sauvetage individuel".

Vous avez dit REACTIVITE ?

En 12 mois, le FDNY aura procédé :
· à la prise en compte du drame et de son impact sur le personnel,
· à l’analyse des circonstances,
· à la validation de la nécessité de doter chaque pompier d’un dispositif individuel de
sauvetage,
· à la rédaction d'un cahier des charges,
· à l'obtention du financement par un budget supplémentaire,
· au lancement de l'appel d'offres,
· aux évaluations et fait modifier les prototypes,
· à la mise en place du plan de formation spécifique à cet équipement pour 11000 pompiers,
· à la distribution d'un dispositif à chaque pompier formé à son utilisation.

Qui dit mieux ?

A quand des prises en compte et des changements aussi rapides en France ?

Suite au dramatique décès de notre collègue de Narbonne, pouvons-nous espérer que dans un an des dispositions visant à rendre obligatoire la formation des pompiers au sauvetage du sauveteur seront prises par nos autorités de tutelle ?

A quand la généralisation des radios pour chaque pompier engagé dans un bâtiment, des caméras thermiques, des détecteurs d’immobilité, des tableaux de contrôle ARI, etc… ?

Ou alors cet accident sera-t-il considéré comme une fatalité et faisant simplement partie des risques du métier ?

En cliquant sur les liens ci-dessous, vous pourrez obtenir plus d’informations sur le dispositif d’évacuation mentionné précédemment.

http://www.coastalfiresystems.com/PETZLEXO.htm

http://www.petzlexopss.com

8 janv. 2009

Feu d'appartement et façade au vent : duo gagnant pour un enfer...

NEW YORK : Feu d'appartement au 24° étage d'un IGH

Alors que les vents orientés nord, nord-est sévissent en France en ce moment, voici un RETEX illustrant les dangers associés au dieu Eole lors des feux dans les étages de bâtiments à usage d'habitation notamment.

Pour autant, les risques liès au vent restent comparables, qu'il s'agisse de sinistres de "plain-pied", de commerces ou de bâtiments à usage de bureaux.

Certains diront (à juste titre) qu'il s'agit encore d'un exemple venant d’outre atlantique, mais force est de constater que les Retex constructifs sont principalement rédigés dans la langue de Shakespeare, pas celle de Molière, (les dernières notes fatalistes et laconiques du BPAE quant à Nos morts au feu à Paris, Lyon ou Narbonne en attestent).

D’autant plus regrettable que les feux tuent chez nous comme là bas !

La Lecture du Feu sur la face A permet d'observer ci-dessous des ouvrants au vent ayant déjà cédés, aucune flammes ni fumées ne se dégagent. Le vent s'engouffre dans le(s) volume(s).

Les fumées sortent par la face D et s'élèvent entre les "piliers" en façade.

Photo 1 : Le volume des fumées augmente, elles sont grises et blanches traduisant la présence de produits de combustion mais aussi de pyrolyse.


Photo 2 : Les fumées s'assombrissent (intensification de la combustion).


Photo 3 : Des flammes sont visibles à la fenêtre dans les fumées depuis l'extérieur.

Photo 4 : L'appartement s'embrase (flashover), les équipes d'attaque se replient dans le couloir tout en maitrisant la porte d'entrée.

Photo 5 : Propagation verticale vers le 25° étage, les quantités de fumées produites s'intensifient au niveau de l'appartement.



Photo 6 : Les importantes volutes de fumées noires attestent du développement de l'incendie, de la richesse des matériaux impliqués et d'une combustion très incomplète. Le tapis de fumée est beaucoup plus épais. La force du vent limite aussi vraisemblablement la sortie des fumées.


Les deux photos suivantes sont prises 10 minutes après celles ci-dessus

Photos 7 et 8 : L'incendie s'est propagé à l'étage supérieur, on constate un important dégagement de flammes sur les faces A et D sur deux niveaux.

Inversion du vent


Photos 9 et 10 : L'effet "tourbillonnant" généré par les vents en hauteur modifie le sens du "tirage" et influe sur le développement du feu.

RETEX

Lecture Du Feu / Lecture Des Bâtiments : Connaissance du secteur avec visites permettant de se familiariser avec les particularités des IGH et autres bâtiments à usage d'habitation :(nombre d'étages, type : habitations - commerces - bureaux avec risques - larges surfaces non recoupées !!! - en construction - facteurs aggravants tels qu'absence de C+D - cage d'escaliers encloisonnée - système(s) de désenfumage - colonne sèche en état, etc...

SENS ET FORCE DU VENT : en drapeau (vitesse de sortie des gaz importante donc feu violent), en panache , fumerolles conduits de chauffage), etc... La force du vent peut avoir plusieurs effets (accélérateur de la combustion, limitation de la vitesse de sortie des fumées, etc...) qui influeront sur la vitesse de développement du feu.

Les binômes d'attaque doivent impérativement tenir compte de ces effets lors de leurs phases de progression afin de ne pas être surpris par le feu ou par une inversion de tirage par exemple, qui pourrait les mettre en position difficile (d'où l'impérieuse nécessité d'avoir auparavant repéré un itinéraire de secours fonctionnel, cf. item ci-après),

ISOLER LE FEU quand cela est possible (fermer les portes),

DEBIT ADAPTE : Le choix de lances permettant des débits importants est primordial , et malgré ce qu'annoncent de soi-disant référents incendie vantant les mérites des LDV de type DMR à réglage manuel pour la qualité de leur pulvérisation(!); en cas de chute de pression ces dernières, contrairement aux DMRS (lances automatiques) ne permettent pas de conserver un jet offrant une portée et une qualité afin de se protéger !

Ceci sans compter sur les sources d'erreur de manipulation (surtout en milieu enfumé) que représente une bague de débit manuelle versus une poignée de débit face à la soudaineté et à la violence de phénomènes tels que les FDR (feux à développement rapide) !!!

ETABLIR AU MINIMUM UNE LDV500 ET UNE LANCE DE SECURITE depuis n-1,

PREVOIR UN ITINERAIRE DE SECOURS en cas de long couloir (en forçant la porte d'un appartement adjacent à celui sinistré, véritable refuge en cas de maîtrise impossible de la porte lors du forcement d'accès du volume concerné par le feu),

DISPOSER D'EQUIPES "D'APPUI" au niveau n-1 ou à proximité immédiate afin de pouvoir remplacer ou renforcer les équipes engagées compte tenu des conditions d'attaque difficiles en étage. De plus, le fait d'anticiper la montée des équipes de relève et/ou de renfort à proximité permet aux personnels concernés d'avoir une phase de repos avant l'engagement.

RESERVES D'AIR Disposer de réserves d'air au niveau n-1 pour faciliter la rotation des équipes d'attaque. La mise en place d'un tableau de gestion des binômes et des ARI est indispensable pour la sécurité des intervenants,

MOYENS DE COMMUNICATION indispensables pour les équipes d'attaque engagées afin de pouvoir les renseigner sur les conditions extérieures (changement de sens du vent par exemple),

TENUES DE FEU ADAPTEES (EN469) Importance vitale de disposer de tenues de feu adaptées et confortables pour un maximum d'efficacité et augmenter les chances de survie des pompiers en cas de difficultés liées au développement du feu !

Période de grand froid et feu, gare au mélange des deux...

REFLEXIONS HIVERNALES

En ces fraiches périodes hivernales où la bise glaciale met nos organismes à rude épreuve en interventions au nord comme au sud de la Loire (CQFD), voici quelques infos sur les dangers associés au froid lors des feux se déclarant dans nos chers bâtiments :

Au-delà des problématiques de sécurité individuelle et collective réelles :

  • gel à craindre au niveau des pompes et des établissements, mais aussi au niveau des hydrants (plus rare mais possible, idem pour les bouches introuvables sous la neige),
  • sols glissants pour les engins en route (puis sur place pour les moyens aériens etc.) vers l’intervention puis les évolutions des hommes, une fois sur place, avec les risques de chute…
  • prise en charge des victimes à rassembler dans des PRV chauffés pour éviter l’hypothermie, facteur toujours aggravant pour l’équipe médicale du fait de la vasoconstriction qui limite alors la possibilité de poser une voie.

On constate en effet à travers de nombreux retex que des températures basses voire négatives furent souvent relevées lors de Développement Rapide du Feu, ayant provoqué des phénomènes thermiques dont l’issue fût parfois fatale pour les sapeurs-pompiers.

(Royaume Uni : Blaina 1996 deux morts, USA : Keokuk 1999 trois morts et New York 2005 deux morts et quatre blessés graves, Canada : Winnipeg 2007 deux morts, etc...)

Pourquoi ?

En terme de combustion, Paul Grimwood, pompier (e.r) de Londres et aujourd'hui expert reconnu et de renommée internationale dans le domaine de l'incendie, explique en page 299 de son livre "Eurofirefighter", comment un mètre cube d'air voit sa teneur en O2 augmenter de 15% par grand froid.

(Pour les puristes, à partir de la loi de Charles (thermodynamique) relative à la contraction des gaz au refroidissement et inversement.).

Or, non seulement la "bête" adore se gaver de ce bonus de comburant du à un air frais plus dense, mais en plus les éventuels échanges gazeux entre air et fumées (NB : à "lire" au niveau des ouvrants) peuvent atteindre des vitesses plus élevées à cause de différences de pression plus importantes.

Et nous le savons bien , un feu qui respire n'est pas pour nous servir !

Illustration sur les 3 photos ci-jointes d'un feu de pavillon, où durant le laps de temps nécessaire pour capeler, de surcroit face à une porte d'entrée (oups !) grande ouverte, on peut observer ces échanges air/fumées. Le feu se développe rapidement pour atteindre l'EGE, (qui contrôle l'air, contrôle le feu...) notons aussi les traces de fumées sur les ouvrants ainsi que les couleurs et la densité des fumées qui sortent...

Attention : ne pas stationner face aux ouvrants !

Les fumées brûlent...

Flashover ! Il faut "taper" fort en "ouvrant" un peu plus le jet de la lance

A noter : ces différences importantes de températures entre le volume en feu et l’extérieur fragilisent un peu plus les ouvrants en verre qui n’apprécient guère les chocs thermiques

Il convient donc d'envisager des ruptures de vitres, donc à surveiller et à communiquer au COS ainsi qu'aux équipes engagées dans les volumes. (Nécessité de disposer de portatifs pour Tous les intervenants)


Enfin, quelques « astuces » à partager sans retenue, pour récupérer au mieux de ces températures frisquettes, surtout sur des interventions dépassant une heure :


  • la notion de soutien de l'homme de plus en plus souvent prise en compte par les Sdis a pour vocation de nous aider à être à nouveau efficace afin de mener de nouvelles missions en sécurité.

(Liste non exhaustive, vos "recettes" de terrain sont les bienvenues !)

  • Penser à stocker au chaud dans la cabine du fourgon des effets pompiers usagés (tels que sweat, polos, chemises F1,pantalons) pré emballés sous plastique, qui, après l’extinction permettront d’effectuer le déblai, ranger du matériel etc... dans un confort bien agréable !
  • Si en dotation d’habillement vous avez la chance d’avoir deux paires de gants et deux cagoules, cela vaut la peine de les avoir avec soi dans un léger « sac perso » à emmener sur intervention,
  • Le conducteur peut d’ailleurs les faire sécher sur le tableau de bord de l’engin entre deux missions… les collègues apprécieront à coup sûr !
  • Lors de la mise hors gel des pompes, en dehors des procédures habituelles, ne pas hésiter à manipuler les vannes plusieurs fois sans quoi les résidus d’eau dans la valve sphérique gèlent !
  • Purger les lances sans retenue avant rangement, voire les laisser dans la cabine le temps du retour,
  • Est-il utile de rappeler l’importance de la « Log » avec les bienfaits d’une bonne soupe, d’un bon café (ou thé !) brûlant, de barres de céréales, etc...?
  • Malgré nos bottes de feu étanches, ce sont souvent nos pieds qui souffrent le plus…pourquoi ne pas penser à s'équiper de "chaussons" ?
  • Une tenue textile complète (gants y compris) de qualité est sans comparaison en termes de confort et de sécurité par rapport à la tenue de feu "classique" pour ne pas dire démodée et surtout totalement dépassée, qui équipe encore de nombreux pompiers en France : veste et gants de cuir, pantalon F1 et bottes à lacets sans membrane imper-respirante …

Par – 10°c, que du bonheur !

Bon courage à toutes et tous,vivement le printemps !

Restons humbles.

7 janv. 2009

Se préparer au pire...

Voici une vidéo d'un spot TV diffusé lors de précédentes campagnes de prévention des incendies domestiques réalisée outre-Manche.

Cette dernière illustre le travail qui reste à accomplir au-delà de l’installation de DAAF, en termes d’information auprès du grand public.

« Le 3 mars l’année dernière, la famille Powel est réveillée en pleine nuit par son détecteur de fumées, tandis que madame Powel évacue la maison avec son bébé, monsieur Powel va chercher ses deux filles dans leur chambre mais trouve leurs lits vides !

Il parvient à évacuer lui aussi et constate que les filles ne sont pas sorties, il tente de retourner dans la maison mais la chaleur et les flammes l’en empêchent.

Leurs corps ont été retrouvés dans la garde robe, là où elles s’étaient cachées.

Utilisez ce document, Planifiez votre sortie, Sortez en vie. TOUS »

Prévention incendie, changeons !


6 janv. 2009

Obsèques pompier Narbonne


MORT AU FEU

Photo Le Journal de Saône et Loire.

Jérôme Gateau, SPV à Narbonne est décédé le 27 décembre dernier des suites de l’intoxication survenue lors d’une phase de recherche de victimes pendant un feu d’appartement le 25 décembre.
Il laisse une veuve, elle-même infirmière SPV au SSSM du sdis 11, et deux jeunes garçons en bas âge.

Ses obsèques se sont déroulées le 30 décembre dernier au Palais des Expositions de Narbonne où un émouvant hommage lui a été rendu.
Après avoir été cité à l’Ordre de la Nation, Jérôme Gateau a été décoré de la Légion d’Honneur et de la médaille d’or pour acte de courage et de dévouement à titre posthume.

Vous pouvez faire un don de soutien à la famille de Jérôme par l’intermédiaire de l’Amicale des sapeurs-pompiers de Narbonne à l’adresse suivante :

Amicale des sapeurs-pompiers
BP 108
11101 NARBONNE

Quelques questions...

FORMATION INCENDIE : COMMENT ?


Photo : Alban Ferrand

Suite au décès de notre collègue, le BPAE (Bureau Prévention Accidents Enquête) de la DSC transmettait un fax d'information le 31 décembre dernier dans lequel il relatait qu'il s'agissait du dixième accident mortel survenu en service commandé durant l'année 2008.

Le fax précisait également que sur une période de 10 ans il avait été constaté que 38% des décès de sapeurs pompiers en service étaient survenus au cours d'opérations.

A ce sujet et à l'heure où certaines instances "représentatives" de la profession se positionnent clairement contre l'amélioration du niveau de la formation incendie dispensée aux sapeurs-pompiers par la mise en place d'une "filière" de moniteurs et instructeurs ayant reçu une formation spécifique et adaptée, on est en droit de s'interroger sur un certain nombre de points tels que :

FORMATION DES POMPIERS A LA LUTTE CONTRE L'INCENDIE : Il est indispensable de connaitre le feu et son développement mais aussi l'influence de la structure bâtimentaire et des ouvrants pour bien le combattre.
Indispensable aussi de se former sur feu réel et pas uniquement avec des simulateurs à feux de gaz qui conduisent à faire croire qu'il suffit de projeter de l'eau sur les flammes pour éteindre un feu (!) sans tenir compte de la dangerosité et des propriétés des fumées ni de la "ventilation" du feu (feu qui respire : feu qui empire !).
Il est nécessaire de se former avec des feux fumigènes car ce sont les fumées qui génèrent la panique des occupants, qui désorientent les pompiers et qui, de surcroit, brûlent !
Rappelons à ce sujet les cinq propriétés des fumées (merci Michel) :
  • Toxiques,
  • Opaques,
  • Chaudes,
  • Mobiles,
  • Combustibles.
Un pompier ne peut pas être prêt et efficace en découvrant le feu le jour de sa première intervention. Il lui faut au contraire en amont être préparé à le combattre dans les conditions les plus réalistes possibles tout en respectant bien évidemment toutes les règles de sécurité conformément au principe de nos homologues suédois qui précise :

"Nous travaillons dans un environnement dangereux, alors entrainons nous dans un environnement dangereux tout en respectant les règles de sécurité maximales".


EPI (Tenue de feu) complets, en bon état et adaptés : Il est intolérable qu'en 2008 il y ait encore en France des pompiers qui ne disposent pas d'ensembles de protection textiles adaptés (EN 469) et confortables, de gants de feu dignes de ce nom, de cagoules efficaces, de bottes réellement étanches, etc...

COMMUNICATION : A l'heure où la France met régulièrement des satellites en orbite avec la technologie Ariane, comment pouvons nous accepter que chaque pompier en opération ne dispose pas d'un moyen radio lui permettant de communiquer avec son chef d'agrès situé à quelques mètres à l'extérieur d'un bâtiment ? La vie d'un pompier vaut-elle si peu ?

CAMERAS THERMIQUES : Comment comprendre que chaque engin-pompe ne dispose pas d'une caméra thermique (valeur env. 5000 euros HT cf. dossier technique in "Soldats du feu Magazine" n° 30 Janv-Fév. 2009) pour aider à la localisation des victimes (le sauvetage fait partie de nos missions), des foyers d'incendie et éventuellement des pompiers dans l'hypothèse où ces derniers viendraient à se trouver en difficulté ?



SAUVETAGE DES SAUVETEURS : Pourquoi notre pays est il (une fois de plus) à la traine dans ce domaine alors que nos collègues anglo-saxons s'y préparent depuis longtemps ?

Nous nous préparons à toutes formes de sauvetages (en extérieur, en excavation, etc...) mais jamais à venir en aide à un de nos collègues en difficulté.


D'aucuns diront, à juste titre d'ailleurs, que le GNR ARI prévoit la mise en place de binômes de sécurité. C'est exact. Mais qui le compose ? Avec quelle formation ? Avec quels matériels ? Comment les pompiers sont ils préparés à localiser, à tirer, à déplacer, à descendre ou remonter un escalier avec un collègue inconscient en tenue de feu complète avec ARI ?

Sommes nous préparés à gérer une rupture d'air ? Comment gère-t-on l'air restant entre les membres d'un binôme ?
Autant de questions qui sont aujourd'hui sans réponses sauf quelques initiatives locales.


En mémoire de nos collègues disparus et de leurs familles, n'attendons pas que de nouveaux drames surviennent ou que soient publiés des règlements spécifiques ou autres GNR.
Anticipons, soyons proactifs, réagissons, interpellons nos supérieurs et nos élus, formons nous, entrainons nous, demandons des équipements nécessaires et adaptés aux exigences de services d'incendie modernes et efficaces pour le plus grand profit de nos concitoyens et des sapeurs-pompiers.

Et enfin, soyons humbles face au feu qui reste un ennemi sournois et dangereux.
FIRETEX

1 janv. 2009

Bonne et heureuse année 2009

FIRETEX vous présente ses meilleurs voeux de bonne et heureuse année 2009 et vous offre, avec l'amicale complicité de René Dosne, un magnifique bouquet de DAAF.
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Que cette nouvelle année soit celle de la formation incendie (filière), de l'évolution de la participation des pompiers à l'éducation du public face aux risques d'incendies domestiques, de la loi sur les DAAF et de la diminution du nombre de victimes du feu et enfin de l'amélioration de la sécurité chez les sapeurs-pompiers.