31 déc. 2009

Deux accidents graves en quelques jours

Accidents d'engins de secours : quels enseignements tirer ?

En moins d'une semaine, alors que des conditions météorologiques hivernales régnaient sur le pays, deux accidents graves de la circulation impliquant des engins d'incendie et de secours sont survenus respectivement dans les départements du Gard et du Morbihan.

Dans le même temps, d'autres accrochages de moindre gravité sont survenus avec des engins de secours dont un mettant en cause une échelle aérienne du sdis 89.

Nous relations dans un précédent post l'accident du VSR d'Hennebont (Morbihan) au cours duquel un pompier a perdu la vie tandis que les deux autres membres d'équipage étaient gravement blessés.

Suite à l'annonce de ce décès, le BPAE (Bureau Prévention Accident Enquête) de la DSC diffusait le 24 décembre dernier un message dit "Sécurité Information Accident Mortel".

Les conclusions de ce message sont les suivantes :

"Tout déplacement routier présente un risque. Des accidents récents rappellent que des conditions météorologiques défavorables constituent des facteurs aggravants qu'il y a lieu de prendre en compte, notamment une éventuelle présence de verglas..../... Le risque routier est majeur et représente en 2009 plus de 40% des circonstances d'accidents mortels"

Loin de nous tout désir d'entrer dans une polémique stérile, cependant nous ne pouvons que regretter la "timidité" des propos mentionnés dans ce message.

Il est bien évidemment important de rappeler que les conditions météo influent sur les risques d'accidents de circulation cependant, il eut été interressant que soit à minima mentionnée la recommandation pour tous les occupants des engins d'incendie et de secours de boucler leur ceinture de sécurité, même si, malheureusement, le code de la route nous en dispense.

RETEX

- Tous les sdis, tous les CHS, les unités FORMISC, la BSPP, le BMPM ainsi que les organisations représentatives du personnel étant destinataires du message, nous espérons que cela induira une réflexion globale sur les besoins en équipements de sécurité de nos véhicules.

- Les normes relatives aux engins d'incendie et de secours doivent rapidement évoluer afin d'intégrer les dispositifs de sécurité que l'on retrouve depuis longtemps dans la voiture de Mr Tout le Monde (ceintures de sécurité trois points, airbags, etc...), mais aussi reconnaitre et intégrer les équipements visant à améliorer la signalisation des engins d'incendie et de secours (signalisation lumineuse et sonore)

- Comment pouvons nous accepter que les spécialistes du secours que nous sommes soient moins bien protégés dans les engins de secours en partant en intervention que lorsque nous venons au travail ou allons chercher du pain avec notre véhicule personnel ?

- Les sapeurs-pompiers doivent être demandeurs et ces exigences doivent apparaitre dans les futurs CCTP afin d'obliger les équipementiers à aller au delà des exigences réglementaires minimales derrière lesquels ils se retranchent pour fabriquer à moindre coût (les économies ne doivent pas se faire au détriment de la sécurité des sapeurs-pompiers),

Des solutions existent, il suffit de visiter les sites internet d'équipementiers américains tels que Seagrave (http://www.seagrave.com/ puis dans la rubrique Seagrave video gallery cliquer sur "crash test" , à voir également la présentation du nouveau chassis MarauderII qui permet de voir la structure renforcée de la cabine) ou Ferrara (http://www.ferrarafire.com/ puis cliquer sur ferrara custom puis sur safety) qui démontrent la nature des tests réalisés pour mettre en évidence la résistance des cabines. Au niveau des constructeurs européens, nous vous invitons à visiter l'excellent site de l'équipementier autrichien Rosenbauer (http://www.rosenbauer.com/ puis cliquer sur vehicles/municipal vehicles/Eurosystem/crew cabin) où l'on peut constater la nature et la qualité des équipements de cabines proposés avec par exemple une option pour les ceintures en version deux ou trois points !

- A quand le même genre d'offre sur le marché français ? Il faut pour cela que nos décideurs ne cèdent pas aux chants des sirènes de la MEC dont les auteurs ne considèrent que les dépenses engendrées par les services d'incendie sans prendre en compte les services rendus à la population, alors de là à prendre en compte la sécurité des sapeurs-pompiers !

- Le décès de notre collègue ne doit pas être considéré comme une fatalité mais bien comme la conséquence d'un risque majeur (cf : message du BPAE: 40% des décès en opération sont consécutifs à des accidents de circulation), alors il convient que ce risque soit pris en compte et d'agir en conséquences,

- Le code de la route devrait être modifié et les sapeurs pompiers ne devraient plus être dispensés du port de la ceinture de sécurité lors des phases de départ en intervention (puisque c'est à ces moments là que la prise de risque est la plus élevée),

- La formation des conducteurs doit être sérieusement revue notamment afin de se préparer à la conduite en situation d'urgence tant en réel qu'au moyen de simulateurs et autres formations spécifiques adaptées,

-Fort de tous les constats réalisés lors de la survenue des différents accidents impliquant des engins de secours et des sapeurs-pompiers, nous pourrions espérer que la BPAE ait un rôle plus proactif dans le domaine de l'amélioration des conditions de sécurité tout comme les organisations représentatives des SP qui devraient s'impliquer activement à ce sujet.

FIRETEX

Sources photos : Le midi Libre.com / Ouest-France

30 déc. 2009

Obsèques de l'Adjudant Hochet

Les pompiers d'Hennebont honorent leur camarade disparu

Plusieurs centaines de sapeurs-pompiers et de nombreuses personnes se sont rassemblées lundi 28 décembre afin d'honorer la mémoire de l'adjudant Damien Hochet, décédé en service commandé des suites d'un accident de circulation.

La cérémonie, sobre et émouvante, était présidée par le préfet Alain Perret, directeur de la Sécurité Civile et par le président du conseil général du Morbihan.

Malgré leurs blessures, les deux pompiers qui composaient l'équipage du VSR d'Hennebont ont tenus à être présents à la cérémonie pour rendre un dernier hommage à leur collègue.
Notre camarade a été élevé au grade de major et également fait chevalier dans l'Ordre National du Mérite.
Qu'il repose en paix.
Sources : Ouest-France / Maville.com

29 déc. 2009

Incendies meurtriers en série

INCENDIES MEURTRIERS

A l'approche de cette fin d'année, nous avons tenté de faire le point sur un certain nombre de sinistres particulièrement meurtriers ayant endeuillé notre pays au cours des quelques années et mois écoulés.

Photo : Image d'illustration sans lien avec les évènements mentionnés.

Incendies domestiques les plus meurtriers depuis 2006

2006
- 25 mai : Cinq personnes - un couple de 40 ans et ses trois enfants - meurent dans l'incendie de leur maison à Etouvans (Doubs).

2007
- 25 avr: Quatre personnes - une mère et ses trois enfants de 3, 5 et 6 ans - meurent dans l'incendie accidentel de leur pavillon de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

- 6 juin : Quatre personnes - une femme et ses trois enfants de 5 à 12 ans - périssent dans l'incendie de leur maison à Bazas (Gironde).

- 17 juin : Cinq morts dans l'incendie d'une maison à Moissac (Tarn-et-Garonne).

- 8 nov : Quatre personnes, dont une fillette de dix ans, meurent dans l'incendie d'un petit immeuble dans le Xe arrondissement de Paris déclenché dans la cage d'escalier.

- 16 déc: Quatre personnes - un père, ses deux enfants de 14 et 16 ans et leur belle-mère - périssent dans l'incendie de leur pavillon près d'Orléans.

- 27 déc: Quatre personnes d'une même famille, les parents et deux des enfants, meurent dans l'incendie de leur maison à Flesselles (Somme), près d'Amiens.

2008
- 4 mars : Quatre personnes, une mère de famille, ses deux enfants de 3 et 1 ans, et son frère de 16 ans, trouvent la mort dans l'incendie de leur maison, dans une cité pavillonnaire du Moule (Guadeloupe).

- 17 déc : Cinq personnes - un couple et leur nourrisson, une femme enceinte et une autre de 91 ans - meurent dans l'incendie d'un immeuble de Pantin (Seine-Saint-Denis), à la suite du dysfonctionnement d'un radiateur électrique. Un homme de 35 ans est aussi grièvement blessé en sautant par la fenêtre.

2009
- 27 mai : Quatre morts - une femme et ses trois enfants de 3, 6 et 7 ans - dans l'incendie de leur maison à La Trétoire (Seine-et-Marne).

- 24 juin : Quatre enfants âgés de 2 à 7 ans, bloqués par la porte blindée de leur appartement, trouvent la mort dans un incendie de HLM dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy (Lorraine).

- 30 juin : Six morts dans le violent incendie d'un hôtel meublé à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

- 21 juillet : Quatre morts, trois enfants âgés de 2, 3 et 7 ans ainsi que leur mère ont péri dans l'incendie d'un pavillon à Mantes la Jolie (Yvelines).

- 11 décembre : Trois personnes (deux hommes et une femme) ont trouvé la mort dans l'incendie d'un appartement situé dans les combles d'un immeuble de deux étages à Charleville-Mézières dans les Ardennes.

RETEX
  • Le gouvernement vient de lancer une campagne d'information du public face aux risques d'incendies domestiques et il s'agit d'une très bonne chose,(www.prevention-incendie.gouv.fr)
  • Espérons que cette campagne soit le début d'une véritable politique de prévention des incendies qui sera accompagnée de moyens humains et matériels,
  • Espérons que cette sensibilisation soit relayée en milieu scolaire car les jeunes générations sont les relais indispensables de messages forts dans leur milieu familial,
  • Les sapeurs-pompiers se doivent d'être le relais de cette campagne (information du public lors des visites de centres, information du public et incitation à l'équipement en DAAF suite à chaque intervention pour feu, pose de panneaux d'information sur nos engins d'incendie, etc...).

FIRETEX

24 déc. 2009

Morbihan : Le pompier décède

VSR accidenté : 1 mort parmi les pompiers

Nous relations hier un accident de circulation qui impliquait un VSR du sdis 56 ayant glissé sur une plaque de verglas. L'un des membres de l'équipage, l'adjudant Damien Hochet a du être désincarcéré avant d'être hospitalisé dans un état grave.

Nous apprenons avec regret le décès de notre camarade au centre hospitalier de Lorient.

C'est en se rendant sur un accident de circulation que le véhicule de secours routier a dérapé sur une plaque de verglas. Le véhicule a ensuite effectué une embardée sur le bas-côté avant de percuter un arbre. Glissant sur une quinzaine de mètres, il a fini sa course couché sur le coté droit avant de s'immobiliser sur la route.

Très grièvement blessé, l'adjudant Hochet s'est retrouvé coincé entre la portière et la chaussée, il a du être désincarcéré par ses collègues avant d'être transporté au centre hospitalier de Lorient.

Notre camarade n'a malheureusement pas survécu à ses blessures.

Les deux autres membres d'équipage dont le conducteur, qui s'est agrippé au volant, et l'autre passager, éjecté de la cabine lors de l'accident, sont grièvement touchés.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à la famille de Damien Hochet ainsi qu'à tous nos collègues du centre de secours d'Hennebont et du sdis 56.

Source : Maville.com, Ouest-France, Letelegramme.com

23 déc. 2009

Morbihan : Trois pompiers blessés dans un accident


Cette nuit, aux alentours de 01 h 15, un VSR du Sdis 56 a glissé sur une plaque de verglas alors qu'il se rendait sur les lieux d'une intervention.

Les trois membres de l'équipage, tous trois sapeurs-pompiers professionnels du centre de secours d'Hénnebont ont été blessés dont deux gravement. Le pronostic vital semble réservé pour l'un d'entre eux qui a du être désincarcéré par ses collègues alors qu'il était coincé sous la cabine.

Nos trois collègues ont été transportés sur l'hopital de Lorient.

Nous leur souhaitons à tous un prompt rétablissement et assurons leur famille et nos collègues du sdis 56 de notre soutien moral.

Photo : Source www.sdis56.fr

Gard : Un FPT glisse dans un ravin

Six pompiers impliqués dans un accident
Lundi soir vers 22 h 30, un fourgon pompe tonne de Génolhac (Gard) de retour d'intervention circulait à allure réduite sur une route très glissante due aux mauvaises conditions atmosphériques.

L'engin-pompe, avec six pompiers à son bord, a glissé sur une plaque de verglas dans un virage et a heurté la paroi de la falaise. Il a ensuite glissé en arrière et a devissé à environ 45 m dans le ravin en contrebas.

Fort heureusement, deux pompiers ont pu sauter du véhicule alors qu'il était sur la route et trois autres tandis qu'il dévalait la pente. Seul le conducteur n'a pu se dégager et s'est retrouvé coincé dans la cabine de l'engin qui s'est écrasé sur le toit.

Les six pompiers ont été hospitalisés. Trois d'entre eux en sont sortis rapidement tandis que deux autres sont restés en observation. Le conducteur, quant à lui, a du être opéré de deux fractures à la main gauche.

Fort heureusement, les dégats humains sont limités, il en aurait vraisemblablement été tout autrement si le véhicule avait glissé dans le ravin en marche avant car la cabine aurait certainement été écrasé sous le poids de la tonne.

Nous souhaitons un prompt rétablissement à nos collègues du centre de secours de Génolhac.

RETEX
  • Nos engins devraient tous être dotés de ceintures de sécurité à toutes les places assises et si possible en fixation trois points,
  • Nous devons nous astreindre à être ceinturés en permanence,
  • La formation des conducteurs doit être reconnue comme un aspect important de la formation des sapeurs-pompiers,
  • Le simple fait de détenir le permis de conduire correspondant à la catégorie du véhicule n'est pas suffisant, il faut une formation "en situation" adaptée tant en situation réelle qu'au moyen de simulateurs afin notamment de compenser une pratique occasionnelle.

Source : Le midi Libre.com

Roanne : Des nouvelles du héros

Le pompier est sorti de l'hôpital

Dans notre précédent post, nous relations un sauvetage réalisé dans des conditions héroïques lors d'un incendie survenu à Roanne la semaine dernière.

Romain Auzel

Alors qu'une jeune fille paniquée se manifestait à une fenêtre (cerclée de rouge sur la photo ci-dessous), le caporal-chef Romain Auzel gravissait une échelle à coulisse afin de se porter à son secours.

Alors qu'il arrivait à proximité de la jeune fille, elle s'est précipitée sur l'échelle, le caporal-chef Auzel la réceptionna mais fut déséquilibré par la chute de la victime. Essayant de la retenir, il glissa avec elle en amortissant sa chute et il termina sa descente quelques mètres plus bas en tombant sur le dos et sur son appareil respiratoire isolant.

Présentant des fractures des vertèbres, une lésion pulmonaire, ainsi qu'un léger déplacement du coccys, nous apprenons avec plaisir que Romain est sorti de l'hôpital et a pu regagner son domicile.

Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et le félicitons de nouveau pour ce sauvetage.

Il convient au passage de souligner que Romain Auzel est un homme passionné par son métier et un technicien reconnu notamment par son appartenance au groupe des "opérateurs feu" PROMESIS, programme d'études et de recherche dans le domaine de l'incendie de structure bâtimentaire.

Photos : Source Sdis42.fr

17 déc. 2009

Un pompier blessé lors d'un sauvetage

Feu avec sauvetage

Le bilan fait état de quatre victimes (1 mort et 3 blessés dont un pompier) suite à l'incendie d'une maison d'habitation R+2 survenu à Roanne dans la nuit de mardi à mercredi.

Une femme de 56 ans est morte tandis que ses deux filles agées respectivement de 16 et 20 ans, ont quant à elles été blessées, ainsi qu'un pompier venu leur porter secours.

Une des filles se manifestait à une fenêtre au troisième niveau de la maison d'habitation et les pompiers ont dressé une echelle à coulisse afin de se porter à son secours.


Prise de panique, la jeune fille s'est jetée sur un pompier qui se portait à son secours, l'entrainant dans une chute de plusieurs mètres.

Notre collègue, un caporal-chef agé de 28 ans, présente de légères fractures de la colonne vertébrale et des côtes et a été hospitalisé au centre hospitalier de Roanne ainsi que les deux autres blessés.



Le corps de la mère a été retrouvé dans l'habitation par les pompiers.

Félicitations à notre collègue pour son courage et pour les risques pris lors du sauvetage et nous lui souhaitons un prompt rétablissement sans séquelles.

RETEX
  • L'équipement de l'habitation en DAAF (détecteurs de fumée) aurait vraisemblablement permis une détection précoce sauvant ainsi la vie de la malheureuse victime et évitant par voie de conséquence les blessures de notre collègue lors du sauvetage,
  • La panique est toujours génératrice de réactions incontrôlables,
  • De par leur conception, nos engins-pompes doivent être équipés de dispositifs permettant d'avoir très rapidement accès aux échelles à coulisse depuis le sol sans avoir à monter sur le toit, facteur de gain de temps et d'efficacité.
Source : Le Post.fr, www.sdis42.fr
Photos : Rabby Vincent

16 déc. 2009

Prévention incendies domestiques

CAMPAGNE NATIONALE

Suite à un incendie mortel survenu au mois de juillet dernier, le secrétaire d'état au logement s'était engagé à ce qu'une campagne de sensibilisation des français face aux risques d'incendie domestiques soit lancée avant la fin d'année.

C'est chose faite depuis hier avec le lancement d'un site Internet www.prevention-incendie.gouv.fr couplé à une campagne de médiatisation via les grandes radios nationales.

La télévision s'en est ainsi faite l'écho par le biais d'un reportage dans le journal de 13 heures de TF1 du 15 décembre. Vous pourrez revisionner le sujet en cliquant sur le lien ci-dessous.

http://videos.tf1.fr/jt-13h/detecteur-de-fumee-un-campagne-pour-sensibiliser-les-francais-5594881.html

Nous ne pouvons que nous féliciter que soit enfin pris en compte la nécessité d'informer le grand public sur les risques d'incendie.

Espérons simplement que cela ne soit pas qu'un effet d'annonce et que cette campagne soit suivie de nombreuses autres actions concrètes.

Au moment où survient la vague de froid qui engendrera une recrudescence du nombre d'incendies et d'intoxications au monoxyde de carbone, il est, plus que jamais, nécessaire de promouvoir l'installation de détecteurs et d'aviser nos concitoyens de la conduite à tenir.

N'hésitez pas à visiter le site "prévention incendie" cité ci-dessus, à y apporter vos remarques, et surtout à le faire connaitre dans votre entourage.

Préventivement vôtre.

FIRETEX

4 déc. 2009

Sainte Barbe

Sainte Barbe, Sainte patronne des hommes du feu

En ce 4 décembre, FIRETEX souhaite à tous les pompiers, qu'ils soient sapeurs ou marins, de France, de Belgique, de Suisse, du Québec, et d'ailleurs dans le monde une bonne Sainte-Barbe.

Que notre Sainte patronne nous protège dans le difficile exercice de notre métier.

Mais ne comptons pas que sur elle ou sur la chance.

Soyons prudents et vigilants, entrainons nous et apprenons de nos expériences en les partageant avec le plus grand nombre.

FIRETEX


26 nov. 2009

Un véhicule de pompiers percute un piéton

COLLISION AVEC UN PIETON - UN BLESSE GRAVE
Photo d'illustration (non liée à l'accident mentionné)

Hier aux alentours de midi, alors qu'il partait en intervention, le VSR du CSP Meaux, en Seine et Marne, a percuté un piéton alors qu'il traversait un carrefour.

La victime, une jeune fille de 15 ans, se serait engagé sur un passage piéton mais, porteuse d'un balladeur MP3, elle n'aurait pas entendu arriver le véhicule des pompiers.

Il semble que le véhicule de secours roulait à faible allure puisqu'il venait de redémarrer après avoir franchi un obstacle.

Inconsciente suite au traumatisme cranien consécutif au choc, la jeune victime a été transportée par l'hélicoptère de la Sécurité Civile sur l'hôpital Necker à Paris.

Le conducteur du VSR a été placé en garde à vue au commissariat de Meaux puis a été libéré en fin d'après-midi.

Les contrôles d'alcoolémie et de présence de stupéfiants chez le conducteur se sont avérés négatifs.

Nous appelons de tous nos voeux l'amélioration de l'état de santé de la victime et nous adressons notre soutien moral à sa famille.

Nos voeux de soutien s'adressent également à notre collègue conducteur du véhicule de secours ainsi qu'aux autres membres de l'équipage du VSR.

RETEX
  • Le risque est omniprésent, il convient de rester vigilant en toutes circonstances et d'essayer d'anticiper les situations, cet accident peut potentiellement arriver à tous les conducteurs de véhicules d'urgence.
  • La question de la formation des conducteurs à la conduite en situation d'urgence se pose, il est impératif de consacrer le temps et les moyens nécessaires à une formation spécifique et adaptée afin de préparer les pompiers à la conduite des engins de secours,
  • Le fait d'être détenteur du permis de conduire correspondant au type de véhicule ne suffit pas,
  • A quand la mise au point de programmes spécifiques, de simulateurs de conduite pour les pompiers et autres conducteurs d'urgence ?
  • Toujours anticiper la mise en oeuvre des avertisseurs lorsqu'on s'engage dans une intersection afin d'attirer l'attention des autres usagers de la route, qu'il s'agisse de conducteurs comme de piètons.
  • Nos avertisseurs sonores sont-ils vraiment efficaces ? On est en droit de s'interroger quand on sait que les véhicules sont de mieux en mieux insonorisés, que les conducteurs écoutent la radio à un niveau sonore élevé, que les piétons sont souvent équipés de balladeurs,
  • Alors que le balisage des engins d'incendie et de secours s'améliore sensiblement, que les équipements de signalisation lumineuse sont, pour certains, de plus en plus performants, il convient de s'interroger sur l'efficacité de la signalisation sonore de nos engins,
  • A quand l'homologation et la généralisation en France de sirènes sinusoïdales qui offrent un niveau de perception et d'efficacité nettement plus élevé que nos pauvres "pin-pon",
  • A quand une réelle prise en compte de l'efficacité des avertisseurs sonores quand on sait que les hauts parleurs sont souvent installés sous les capots moteurs insonorisés de nos véhicules (!) ou qu'ils disposent d'une position dite "nuit" qui en atténue encore le niveau sonore ?

Ceci étant, quel que soit le niveau de performance des avertisseurs, il convient toujours de rester vigilant, attentif et prudent.

Soyons humbles et prudents.

Sources : Le Post.fr, Aujourd'hui en France.

9 nov. 2009

NY : Collision entre deux engins d'incendie

COLLISION ENTRE AUTOPOMPE ET BRAS ELEVATEUR


Alors qu'ils partaient pour "fuite de gaz", deux engins du FDNY, la 107° cie d'échelles et la 236° cie d'engin-pompe, sont entrés en collision à une intersection dans le district de Brooklyn le 24 octobre dernier.

Percuté à l'arrière par l'engin-pompe, le bras élévateur s'est couché sur le flanc puis a continué en glissant sur le sol jusqu'au moment où la cabine a heurté un arbre sur le coté de la chaussée.


Sur un total de 12 impliqués selon le FDNY, on dénombre quatre blessés graves et huit blessés légers.


Deux pompiers membres de l'équipage de la 107° Cie d'échelles ont été incarcérés suite à cet accident et parmi eux figure le conducteur de l'engin pour lequel plus de deux heures d'efforts furent nécessaires afin de procéder à son dégagement.

Souhaitons leur un prompt rétablissement.

RETEX

  • Toujours ralentir à l'approche des intersections et s'assurer que tous les autres usagers cèdent le passage avant de s'engager,
  • Ne pas se laisser "griser" par les avertisseurs lumineux et sonores,

  • Formation des conducteurs à la conduite en situation d'urgence (mise en situation, formation spécifique, utilisation de simulateurs, etc...),
  • Nos collègues new-yorkais doivent une fière chandelle au fait que le FDNY s'équipe de véhicules dits "purpose built" (fabriqués spécialement pour devenir des engins d'incendie) de marque Seagrave dont les cabines sont renforcées,

  • Port des ceintures de sécurité (quand nos engins en seront ils tous équipés aux places avant comme aux places arrières ?).

ROULER VITE, C'EST BIEN, ARRIVER AU FEU, C'EST MIEUX !

Restons humbles !

Source : Photos NY Post, www.firefightersclosecall.com

8 nov. 2009

VPP et Développement Rapide du Feu...

EXERCICE FEU REEL AVEC MISE EN OEUVRE DE LA VPP


Voici la version complète d'un exercice à feu réel déjà diffusé sur le web, qui illustre certains risques liés à la mise en oeuvre de la VPP lorsque les règles ne sont pas respectées.

Lecture Du Bâtiment :
pavillon isolé, simple RDC, structure bois, porche/terrasse accès, ouvrants latéraux ouverts (face B et D).

Lecture Du Feu :

-Face A ouvrants noircis en partie supérieure, mais intacts et fermés,
-Toiture sous pression à G entre tuiles et charpente avec dégagement fumées claires
(pyrolyse) par bouffées (30s),
-Face B une fenêtre embrasée (feu développé) (20s),
-Face C panache véloce (énergie et température élevées) de fumées denses et claires (feu se développant par un autre ouvrant).

Notons le positionnement de l'engin puis l'établissement de la lance face aux ouvrants, certes sous ARI.

Chronologie :

1'30 s : Purge et test du jet, engagement puis progression (apparemment sans attaque des fumées)

Vent moyen orienté B/C.

Dès ouverture de la porte du pavillon en façade A, les fumées sortent sous pression, le plafond (de fumées) est situé à environ 1m du sol, elles sont claires mais denses et véloces (feu en croissance dans/vers ce volume).

NB : Le porche cantonne les fumées qui s'y accumulent...risque de propagation, visibilité à genoux.

2'15 s : Un binôme stoppe la propagation face C/D au moyen d'une lance de plain pied,
pas de lance de sécurité à l'entrée malgré l'engagement de 5 SP à l'intérieur.

2'30 s : Les fumées deviennent plus sombres et plus épaisses, leur volume augmente, le feu se développe, dégage plus de puissance et donc augmente le taux de pyrolyse à l'intérieur du volume sinistré, porte d'entrée laissée grande ouverte permettant l'apport de comburant...

3'03 s : Mise en oeuvre VPP au moyen d'un ventilateur thermique positionné sur le porche à environ 2m de la porte, on voit encore les SP engagés dans l'entrée...

Dès le démarrage du ventilateur, les fumées s'échappent avec turbulence, deviennent plus épaisses et sombres, impossible de voir les SP pourtant à 2m de la porte d'accès !

3'11s : Auto inflammation des fumées surchauffées en partie haute du porche, NB d'abord à l'extérieur puis propagation dans le pavillon, provoquant un flashover ! D'après les images au ralenti, hypothèse :

Ce feu malgré la pièce post-flashover face B parait être limité par la ventilation, comme en témoigne la LDF vers 2'50 s alors que les SP sont déjà engagés et qu'ils progressent.
Volume important (zone neutre s'abaissant mi-hauteur) de fumées épaisses, chaudes donc véloces, et s'assombrissant.

Ajouter une ventilation à ce stade de développement du feu lui permet de dégager plus d'énergie et d'évoluer vers un Développement Rapide du Feu (flashover induit par la ventilation, backdraft, ou FGI : ici une auto inflammation) ;

Trop riches dans le volume (au delà de la LSI) pour s'enflammer avant apport de comburant en grande quantité par mise en oeuvre de la VPP, les fumées sont propulsées vers l'extérieur par la porte d'entrée, le courant d'air généré les ramène dans la plage d'inflammabilité.

Le front de flammes se propage ensuite très rapidement vers l'entrée du pavillon, entraîné par le flux rentrant du ventilateur et y provoque un flashover.

Cause supposée :

Ouvrant de sortie insuffisant en taille ou trop grands et trop nombreux (la vidéo ne nous permet pas de voir en détails les faces C et D), donc pas de mise en surpression du volume en feu, et/ou porte(s) non calée(s) à l'intérieur bloquant le flux d'air ?

Conséquences : les fumées sont "brassées" dans l'entrée et refoulées par la porte d'accès, plaçant ainsi les SP entre le feu et la sortie des fumées !
Evacuation :

3'20 s : Un SP évacue le pavillon par l'itinéraire de repli, le long de la ligne d'attaque, on entend le signal d'évacuation émis au moyen de la corne de brume de l'engin-pompe, la tape sur l'épaule par son camarade resté dehors risque de le brûler par pont thermique en rompant la couche d'air de sa tenue brûlante qui vaporise/pyrolyse.

3'30 s : Un 2ème SP sort à son tour...

3'37 s : Le 3ème aussi avec la lance ce qui permet une attaque massive en parallèle de celle menée par le SP debout proche de la porte,

3'40 s : le 4ème puis le dernier SP sortent à 3'55s s soit plus de 30 secondes après le déclenchement de l'embrasement dans l'entrée du pavillon...

NOTA :
Dans son ouvrage "Euro Firefighter", le spécialiste britannique Paul Grimwood émet l'hypothèse que l'EGE ne s'est peut être pas encore produit plus loin dans le volume du fait d'un mélange toujours trop riche pour s'enflammer bien qu'une zone de réaction existe au niveau de la porte), mais avec néanmoins des températures très élevées de l'ordre de 400 à 500 °C à 1m du sol, ce qui peut expliquer la sortie "indemne", de fait non "en flammes" des SP plus de 20s après l'EGE (mais autant dire qu'en cuir, sans surpantalon et avec une cagoule à bavolet fermant par ruban auto-agrippant, les conséquences auraient été bien différentes...).
Il convient aussi de noter que la norme américaine NFPA requiert pour les tenues de feu nord américaines un niveau de protection thermique très élevé.

RETEX
Points positifs :

  • Réactivité, le ventilateur est coupé très rapidement,
  • Mise en oeuvre du signal d'évacuation, (à quand les mêmes sur nos engins en Europe ?),
  • Tenues textiles haute protection,
  • Calme et professionnalisme.

Points à améliorer :

- Formation des intervenants aux règles de mise en oeuvre de la VPP (il ne suffit pas de disposer un ventilateur devant l'entrée du bâtiment sinistré),

- Analyse du bâtiment afin d'appréhender l'existence, la position et la dimension des ouvrants (entrant, sortant), position du foyer, sens de développement du feu,

- Choix tactique de mise en oeuvre de la VPP à déterminer (attaque, protection, etc...) est du ressort du COS et doit s'effectuer de manière combinée avec tous les intervenants (moyens de communication indispensables),

- Les choix de mise en oeuvre de la ventilation doivent être basés sur une très bonne connaissance des phénomènes liés à la combustion, au développement des incendies et des phénomènes thermiques associés,

- Connaitre les conséquences de la mise en oeuvre de la ventilation selon le stade de développement du feu (feu limité par le combustible ou par la ventilation),

Nota : Dans le cas d'un feu limité par la ventilation, l'apport de comburant va augmenter la puissance du feu et la quantité de chaleur dégagée pouvant entrainer un flashover induit par la ventilation.

Aussi, il convient d'anticiper sur les conséquences par la mise en oeuvre de lances afin d'absorber préventivement l'énergie ainsi dégagée.

L'attaque des fumées est aussi de nature à limiter les risques de développement incontrôlé du sinistre. Comme on peut le constater sur le vidéo à 3' 45 s, le feu est rapidement contrôlé par la mise en oeuvre de lances dans le ciel gazeux suite à l'embrasement consécutif à la mise en oeuvre du ventilateur. Si cette attaque des fumées avait été menée en amont, les conséquences auraient vraisemblablement été très différentes.

- Ne pas mettre en oeuvre de techniques de ventilation après l'engagement de SP dans le bâtiment,

- S'assurer qu'il n'y ait pas de victimes ni de SP entre le foyer le sortant des fumées et gaz chauds,

- Disposer des outils de forcement permettant la création d'exutoires si cela s'avère nécessaire,

- Disposer au minimum d'une lance de sécurité ou d'appui,

- S'assurer que le feu est localisé et qu'il n'y ait pas de signes de backdraft avant la mise en oeuvre de la VPP,

- Respecter un ratio proche de 1 entre la dimension de l'entrant et du sortant (on peut accepter que l'ouvrant soit de dimension légèrement supérieur à l'entrant),

- Anticiper sur les conséquences éventuelles de la mise en oeuvre de la ventilation (itinéraire de repli, itinéraire de secours, renforcement des moyens hydrauliques, etc...),

En résumé, l'utilisation de la VPP est un outil particulièrement puissant et efficace pour autant que les règles de mise en oeuvre soient connues et respectées.

On notera au passage les splendides images de ralenti de SP sortant de la gueule de la bête ...car on sait que les conséquences pour nos collègues sont sans gravité !

Remercions au passage nos collègues qui ont permis la diffusion de ces images qui nous permettent de réaliser un RETEX constructif afin de continuer à nous améliorer et à apprendre.

Restons humbles.

26 oct. 2009

Feu d'appartement avec sauvetage

Feu d'appartement

Cette vidéo, diffusée cet été sur Internet, nous permet d'assister à un incendie d'appartement en pleine journée qui interresse un bâtiment à usage d'habitation.

Le feu est violent,flammes et fumées sortent par les fenêtres en façade, de la fenêtre de droite se dégagent des fumées de deux couleurs bien distinctes.

Les fumées sont noires sur la partie droite tandis que sur la gauche, elles sont plus claires, épaisses, turbulentes certainement chargées en vapeur et autres gaz de pyrolyse émis par les huisseries vraisemblablement en PVC.

Vers 1 mn 09, on aperçoit des lueurs dans les fumées qui s'embrasent sur la totalité de la surface de la fenêtre laissant penser que le feu prend son air par l'intérieur de la pièce. Les flammes sont vives et très jaunes indiquant un feu bien ventilé.

Ensuite, un pompier "entre en scène" depuis la plateforme d'une échelle aérienne et nous assistons à la réalisation d'un magnifique sauvetage.

Le feu continue à se développer puis à se propager en façade (certainement par les huisseries PVC qui brûlent mais aussi par les matériaux et autres objets entassés sur les balcons).

Le pompier revient, s'approche de l'appartement où il a récupéré une victime et pénètre à l'intérieur pour y effectuer une reconnaissance. On remarque à ce moment l'action des équipes chargées de l'attaque du feu aux niveaux inférieurs par le dégagement de vapeur d'eau.

On note aussi le balan important de l'échelle et la faible surface de la plateforme qui ne facilitent pas le travail du pompier !

Alors que le sinistre semble maitrisé au niveau de l'appartement d'origine du sinistre, on remarque que le feu continue de se développer en façade alors qu'aucune attaque extérieure n'est menée. Des matériaux enflammés finissent même par tomber dans la plateforme de l'échelle qui, fort heureusement, est vide d'occupants à ce moment là !

RETEX

  • Bravo au pompier sur l'échelle pour son courage, pour le magnifique sauvetage et son action de reconnaissance au mépris des risques encourus,
  • Engagement important de moyens,
  • Lecture des fumées très interressante (fumées d'allure et de couleurs distinctes se dégageant d'un même ouvrant) indiquant un potentiel de développement notamment par la vélocité de leur dégagement et leur couleur noire indiquant notamment une notion de température élevée,
  • prendre en compte la combustibilité des huisseries PVC mais aussi de certains matériaux utilisés lors des ravalement,
  • Ne pas oublier que les balcons abritent souvent des matériaux synthétiques et combustibles et que les barrières sont parfois composées de matériaux de synthèse,
  • La notion de stabilité au balan et la surface utile des plateformes devraient être des critères importants dans le choix des échelles aériennes (le travail du pompier en aurait certainement été facilité),
  • Une attaque extérieure brève et puissante (par balayage au moyen d'une lance ou d'un canon de toit par exemple) aurait vraisemblablement permis de contrôler et de limiter la propagation en façade ainsi que d'empêcher la chute de matériaux enflammés dans la plateforme de l'échelle.

Restons humbles !

23 oct. 2009

Décès d'un pompier volontaire en service


Nous apprenons avec tristesse le décès d'un sous-officier du sdis 42, l'adjudant-chef Michel Forest suite à une série de tests réalisés lors d'un exercice de sauvetage nautique pratiqué sur la base nautique de Saint-Victor.

Malgré toutes les tentatives de réanimation, notre camarade est décédé hier après-midi au CHU de Saint Etienne où il avait été transporté par hélicoptère.

Agé de 42 ans, marié et père de deux enfants, sportif aguerri, l'adjudant-chef Michel Forest était l'adjoint au chef du centre de secours de Feurs (Loire).

Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille ainsi qu'à nos collègues du sdis 42 et plus particulièrement à ceux du centre de secours de Feurs.

12 oct. 2009

Lance et "test du plafond"

La vidéo ci-dessus présente un nouveau concept de lance qui intègre un dispositif permettant de réaliser le "test du plafond".

L'idée de base est consécutive au constat réalisé par un pompier professionel des Yvelines selon lequel il est assez difficile de réaliser un "test du plafond" efficace et bien dosé permettant une bonne interprétation du niveau de température du volume sinistré.

La notion de "test du plafond" est apparue avec le GNR "Embrasement Généralisé Eclair et explosion de fumées" paru en mars 2003.

Pour résumer, l'idée consiste à donner au pompier porte-lance un moyen d'évaluer l'ambiance thermique du volume sinistré dans lequel il s'apprête à pénétrer. En effet, le niveau de protection procuré par les vêtements de protection limite la perception sensorielle du pompier, aussi il est apparu nécessaire de lui fournir des "outils" d'interprétation de la température.

Le test repose sur l'utilisation des propriétés de l'eau par rapport à la chaleur. Ainsi, en envoyant au plafond une petite quantité d'eau en jet diffusé d'attaque, deux lectures sont possibles :

  • soit l'eau retombe (ce qui signifie que l'ambiance thermique est acceptable),
  • soit l'eau ne retombe pas et on peut en déduire qu'elle est vaporisée et que le niveau de chaleur dans le volume sinistré est important.

Pour que cette lecture soit efficace, il convient de projeter l'eau en petite quantité et en jet diffusé, le tout au bon endroit ce qui n'est pas forcément aisé selon la situation (à 03 h 00 du matinn au fond d'un couloir sombre et enfumé par exemple) et le type de lance.

Aussi, on trouve sur cette lance intègre un dispositif permettant de réaliser automatiquement un test efficace en agissant sur une commande intégrée.

Bravo à notre collègue pour cette idée interressante, ceci étant, ne nous reposons pas uniquement sur des réponses "outils" mais privilégions la connaissance et la lecture du feu qui seules permettront d'optimiser l'utilisation des outils du pompier, si performant soient-ils.

Restons humbles.

Retour Firetex


RETOUR FIRETEX

Après quelques semaines de "silence", l'équipe rédactionnelle de FIRETEX va reprendre une activité régulière de diffusion d'informations et d'analyse de retour d'expérience.

Merci à nos fidèles lecteurs de leur compréhension et de maintenir leur confiance à FIRETEX.

8 sept. 2009

ESSONNE /Six pompiers blessés par une explosion


Appelés pour un feu de pavillon à Marcoussis ce matin aux alentours de 06 h 30, plusieurs pompiers de l'Essonne ont été blessés par une explosion apparemment due à une bouteille de gaz.

On dénombre au total six victimes parmi nos collègues respectivement agés de 20 à 52 ans, trois sont gravement atteints et trois autres plus légèrement.
Le blessé le plus sérieusement touché, un sapeur-pompier volontaire agé de 20 ans, a été évacué par hélicoptère sur l'hôpital de la Salpétrière à Paris.

Nous leur souhaitons à tous un prompt rétablissement.

Tout ceci nous rappelle qu'il n'y a pas de routine, pas de petits feux.

Restons humbles et prudents.
Source : Le parisien.fr / Le Post.fr / Capture image France 3

Un enfant de cinq ans sauve sa famille d'un incendie

Alors qu'il dormait dans la maison familiale à Ettouteville (Seine Maritime) dans la nuit de samedi à dimanche, le petit Julien, cinq ans a été réveillé par des crépitements vers 2 heures du matin.

Un court-circuit au niveau du compteur électrique engendre des gerbes d'étincelles que le garçonnet assimile à un feu d'artifice. Il monte immédiatement à l'étage afin d'alerter ses parents qui découvrent que la toiture du pavillon est en flammes.

Le pére de famille et son épouse ont tout juste le temps de réveiller leurs deux autres enfants et de quitter leur maison.


Cette fois-ci, le petit Julien s'est réveillé et a pu donner l'alerte évitant la survenue d'un drame, mais il n'en est, hélas, pas toujours ainsi et la chance ne sera pas toujours au rendez-vous.


Après une série d'incendies mortels (nous y reviendrons dans un post à paraitre) survenus cet été en France, qu'attendent nos députés pour enfin voter un texte visant à rendre obligatoire l'équipement des habitations en détecteurs de fumée ?


En attendant, il convient de féliciter le petit Julien pour son sang-froid.


Source : Dhnet.be

29 août 2009

Itinéraire de secours


SAUVETEUR EN DANGER

La vidéo illustrant ce post semble provenir d'Europe de l'est.

On y observe un feu développé dans un appartement (fenêtre de gauche), avec une deuxième fenêtre qui s'embrase (EGE) par la suite dans le même volume ou dans un volume adjacent.

Dans un premier temps, on peut constater un dégagement de flammes et fumées par les deux fenêtres. Le volume de fumées s'échappant de celle de gauche est moindre comparativement à ce qui s'échappe de la fenêtre de droite.

Fenêtre de gauche : mélange combustible plus proche de la notion de mélange idéal(dégagement de fumées moins important, présence de flammes, plus d'énergie dégagée). Le feu prend son air par ailleurs puisque les flammes se dégagent sur toute la surface de la fenêtre).

Fenêtre de droite : mélange combustible plus riche (signe de combustion incomplète), absence de flammes, montée en température rapide.

Dans un premier temps, seules des fumées se dégagent de la fenêtre de droite. Très rapidement, la vitesse de sortie augmente, les fumées deviennent plus turbulentes, leur volume augmente progressivement tandis que l'on aperçoit des flammes en partie haute. Le feu respire par cette fenêtre.

Très rapidement, on aperçoit en partie basse de cette fenêtre au milieu des fumées un pompier, à priori seul, qui apparemment a été piégé (était il en binôme ? Dans ce cas, où est son collègue ?), sans itinéraire de repli (par où a-t-il accédé ?, sans moyen hydraulique ?)

Il tente de se protéger au mieux du rayonnement des flammes en se positionnant au plus bas sur l'appui
de la fenêtre, dans la zone de dépression par où l'air frais rentre, mais la partie droite de son corps reste soumise au flux thermique.

In extremis l'échelle salvatrice vient à lui, lui évitant d'avoir à sauter dans le vide sous l'effet de la douleur. Exténué, il se laisse glisser sur l'échelle et descend, son bras droit parait "inerte" le long de la main courante du parc, probablement brulé (le plus exposé au rayonnement en attendant en vain une issue)

Quid de l'extinction et du risque de propagation à N+1 ?

RETEX

  • Le sauveteur est aussi une victime potentielle, piégé par ici par un flashover, le port complet d'EPI et d'ARI de qualité (EN469 et EN137), dont une cagoule à fenêtre fixe si possible double couche, augmentent les chances de survie (un pompier en veste de cuir et sans surpantalon n'aurait-il pas déjà sauté ?),
  • Il apparait indispensable que chaque pompier engagé dans une structure dispose d'une radio par pompier afin de communiquer avec le COS pour signaler une urgence comme le fait de se rerouver piégé par un développement rapide du feu...Inversement l'échelier et/ou le COS peuvent prévenir les pompiers engagés dans le bâtiment des signes d'aggravation indiqués par une lecture du feu depuis l'extérieur, indiquer que la plateforme de l'échelle est positionnée en attente sous le vent, à proximité des ouvrants où ils évoluent en cas de problème, etc...
  • Dans l'hypothèse assez probable où il y a communication entre les deux pièces concernées par le sinistre illustré dans cette vidéo, il est important pour les pompiers engagés d'observer la configuration des locaux. En effet, si une porte existe entre ces deux pièces, il aurait été interressant pour notre collègue de la fermer afin de s'isoler par rapport au foyer d'origine à l'identique de la philosophie de la technique V.E.S. (Vent, Enter, Search) que nous avons illustré dans un post "sauver ou survivre" publié le 09 avril 2009,
  • L'échelle à main tout comme l'échelle aérienne sont des agrès de sauvetage, tant pour les victimes "civiles" que pour les pompiers ! Il convient donc de les positionner systématiquement de façon pro-active en tant qu'itinéraire de secours près des ouvrants où évoluent les pompiers engagés dans le bâtiment,
  • Dès que possible, selon l'étage où se situe le feu, il est nécessaire d'établir une lance de plain pied en appui pour protéger un éventuel sauvetage, qu'il s'agisse d'une victime ou d'un pompier, sachant que la portée verticale efficace d'une LDV 500 alimentée correctement est d'environ 4/5 étages à raison de 3 mètres par étage.
  • Développer et enseigner les techniques de sauvetage du sauveteur, à l'instar de certains de nos collègues anglo saxons qui disposent, pour certains d'entre eux, de dispositifs individuels de descente, intégrés ou non à leur tenue de feu, leur permettant de s'extraire d'une pièce et de descendre au moins d'un étage (dans le cas présent, cela est suffisant) voire plus selon la longueur de la corde, afin de se mettre en sécurité http://www.petzlexopss.com,
  • Il existe à ce jour sur le marché des tenues de feu intégrant un dispositif harnais/longe facilitant la mise en oeuvre d'un tel dispositif (cf. concept T-REX).

Restons humbles.

1 août 2009

Echelle retournée

Le Tiller se retourne
C'est à Raleigh (Caroline du Sud) qu'a eu lieu l'accident impliquant cette échelle aérienne.
Une méprise est intervenue entre le conducteur du tracteur et le "tillerman" (conducteur de l'essieu arrière de la remorque) quant à la direction à prendre.
Chacun des deux conducteurs tournant dans une direction opposée, le véhicule s'est finalement retourné.
Fort heureusement, les 4 pompiers composant l'équipage de l'engin étaient tous ceinturés et aucun d'entre eux ne fût gravement blessé, un seul d'entre eux (le tillerman) ayant été transporté à l'hôpital pour examen.
A noter également la qualité des matériel utilisé puisque la cabine ne s'est pas déformé malgré un choc conséquent et un retournement.
Le véhicule en question de marque Pierce est un "custom built" , c'est à dire un véhicule construit spécialement pour un usage particulier : véhicule d'incendie et de secours.



Ces véhicules sont certes plus onéreux, mais spécialement étudiés pour leur usage, tous leurs composants, du chassis aux aménagements sont renforcés et destinés à un usage intensif.


RETEX

  • Véhicule "custom built" donc plus résistant, possédant une cabine à structure renforcée et spécialement adapté à la mission des services d'incendie,
  • Tous les pompiers étaient porteurs de la ceinture de sécurité (un blessé léger et trois indemnes),
  • Attention aux vitesses excessives (rouler vite c'est bien, arriver au feu c'est mieux !),
  • Importance de la communication avec le conducteur (risque de méprise),
  • Formation des conducteurs à améliorer (structures adaptées, formations spécifiques à la conduite en situation d'urgence, utilisation de simulateurs, etc...), cela coûte certainement moins cher de former correctement les conducteurs que de remplacer ou de réparer des véhicules accidentés sans parler des dommages corporels...
  • Restons modestes, cet accident s'est produit aux USA mais ormis le fait que nous n'utilisons pas de tillers en Europe, il aurait aussi bien pu survenir ailleurs, les syndrômes sont souvent les mêmes (vitesse excessive, formation des conducteurs, etc...).

Restons prudents et modestes !

20 juil. 2009

Façade au vent...



Cette vidéo est issue du blog très intéressant et productif d'Ed Hartin (voir lien Ed Hartin CFBT-US)

On y observe l'influence d'un vent moyen/fort orienté face A/C sur un feu développé dans les combles aménagés de ce pavillon.

La porte d'entrée, hélas laissée grande ouverte au vent, semble aider à gaver d'air le brasier à l'étage (escalier non cloisonné).

Face A : le feu est nettement perturbé car sa fenêtre est au vent, avec une zone d'échange air /fumées/flammes parfois marquée en l'absence de rafales.

L'alternance de flammes jaunes sans fumées puis de fumées noires, denses et véloces (elles parviennent à contrer le vent !) traduit un mélange combustible tantôt proche du mélange idéal, tantôt trop riche pour s'enflammer.

Faces B/C par contre, les flammes accompagnées d'un panache d'épaisses fumées noires sortent sur toute la surface des deux fenêtres...


Par où respire le feu ?

Sans doute par la porte d'entrée grande ouverte et l'escalier menant aux combles, mais aussi par la fenêtre en face A des combles à priori non recoupés, le feu est traversant.

L'énergie dégagée par le feu associée à la force du vent s'engouffrant par les ouvrants en face A provoque la sortie des flammes en faces B et C à l'horizontale ! (entre 1min35 et 1min50).

Lecture des fumées : volume important par rapport à la taille du volume sinistré - forte densité - vitesse de sortie élevée (angle proche de l'horizontale) et turbulente - couleur sombre (indicateur entre autre d'un niveau de température élevé). A noter le dégagement de fumées claires au niveau du faitage (vapeur d'eau + gaz de pyrolyse) que l'on peut apercevoir au début.


Une propagation au toit du garage se produit suite à la chute de débris enflammés face C.

La toiture trempée par la pluie parait par ailleurs bien isolée, car elle ne cède pas. On note cependant de très faibles dégagement de fumées autour des ouvrants embrasés, soumis au rayonnement des flammes...

Un scénario qui sera de plus en plus rencontré dans un avenir proche du fait de l'entrée en vigueur progressive de nouvelles règlementations en terme d'isolation pour les constructions neuves (développement durable oblige).

Notons le salutaire rappel à l'ordre des témoins qui empêchent un tiers de retourner dans la maison en feu, source non négligeable de victimes lors des feux d'habitations :
"once out, stay out ! " = "une fois sortie, restez dehors ! "


Malgré l'apparence intact du RDC, au vu de l'embrasement des combles, un effondrement partiel du plancher est possible.

Saluons le coté pratique présenté par le tuyau de 110mm plié en écheveau sur le pare choc avant de la pompe, le tout étant
pré-connecté sur un orifice d'alimentation situé à l'avant afin de permettre une alimentation rapidement sur un hydrant...


RETEX



  • Sens et force du vent à prendre en compte en transit puis à l'arrivée sur les lieux,

  • Lecture du Feu associée à Lecture du Bâtiment afin dévaluer les risques de survenue de phénomènes thermiques (tel que stade de développement du feu et son "état" : contrôlé par la ventilation ou par le combustible, les ouvrants au vent ou sous le vent, etc...,

  • Contrôle de l'air pour freiner la puissance du feu comme la propagation des fumées,

  • Nécessité d'informer le grand public sur les gestes simples permettant de limiter les risques d'incendie, sur la détection précoce (DAAF), mais aussi sur la conduite à tenir en cas de feu : évacuer en fermant les portes, ne pas re-rentrer dans le bâtiment, etc...,

  • Caméra thermique pour lire le feu "à travers" la toiture et déterminer les points les plus chauds pour la création d'exutoires (trop tard dans le cas présent, le feu est déjà pleinement développé),

  • Remarquez le calme des intervenants,

  • Une voiture est stationnée dans l'allée indiquant la présence potentiels d'occupants,

  • Techniques efficaces d'établissement en écheveaux du point d'eau au point d'attaque dans l'axe perpendiculaire à l'engin pompe, ce dernier se positionnant après l'adresse en refoulement pour les lignes d'attaques même de plain pied comme pour l'alimentation
Restons humbles et modestes !

18 juil. 2009

Sauvetages et caméra thermique

Feu avec sauvetages

Juin 2009 : Il est 21H30 quelque part dans un CSP de la région parisienne lorsque les secours (1 pompe et une échelle aérienne) sont engagés pour un feu d’appartement.



En cours de transit, le centre de traitement d'alerte confirme la notion de nombreux appels avec dégagement de fumée.

A l'arrivée des secours, de nombreuses personnes se manifestent aux fenêtres mais sans panique.

Le secteur étant connu des pompiers pour le stationnement anarchique, l'échelle s'engage en premier dans l'allée.

Lecture du bâtiment et des fumées :
  • Face A : environ 30 personnes non directement menacées par le feu se manifestent à différentes fenêtres du 5° étage,
  • Face C : dégagement de fumée noire sortant de manière rapide, laminaire et non turbulente d'une fenêtre entrouverte située au 4° étage dont le volet roulant est abaissé au 3/4 (feu sous ventilé).
Renseignements pris auprès de voisins, il semble qu'une famille de 8 personnes occupe cet appartement. La configuration interne du bâtiment est complexe, (coursives longues et portes d'accès décalées) et rend l'accès à l'appartement long et difficile.
L'équipage de la pompe procède à l'établissement d'une division alimentée afin d'attaquer le feu par l'intérieur. Le chef de la popmpe et de l'échelle ne disposent pas de moyens de communication.
L'échelle est positionnée sur l'herbe au pied du bâtiment, le chef d'agrès prend place dans la plateforme en ayant pris soin de se munir de la caméra thermique.

Arrivé à hauteur de la fenêtre, le chef échelle capèle son ARI, casse le volet puis ouvre la fenêtre, à ce moment là il balaie la pièce au moyen de la CT. L'ambiance thermique n'est pas très élevée, et un vent contraire limite l'évacuation des fumées.

Ayant aperçu sur l'écran de la CT un pied dépassant sous une table, le chef échelle pénètre dans l'appartement, localise la victime puis la glisse sur le sol jusqu'à la fenêtre d'où il parvient, non sans mal, à la hisser sur la plateforme.

Arrivée au sol, la victime est prise en charge par l'ambulance et l’échelier (elle sera plus tard transportée au caisson hyperbare). Durant la descente, la victime annonce à son sauveteur qu'une autre personne se trouve dans la pièce.

Le pompier regagne donc l'appartement et malgré une reconnaissance complète de l’appartement assisté de la CT, aucun autre occupant ne sera découvert.

Pendant ce temps, l'équipage de la pompe a procédé à l'extinction au moyen d'une LDV 500.

RETEX

  • Bonne connaissance de secteur (positionnement échelle) malgré le stationnement anarchique de véhicules sur la voie pompiers,
  • Heure relativement tardive mais période estivale donc occupants du bâtiment non endormis limitant ainsi les risques liés à la panique,
  • Population du quartier à majorité immigrée et africaine (prendre en compte la peur culturelle du feu et les comportements parfois démesurés qu'elle peut engendrer),
  • Feu sous-ventilé donc dégageant moins d'énergie et de puissance,
  • Lecture du feu indiquant un dégagement de fumée linéaire et non turbulent,
  • Terrain sec ayant permis de stabiliser l'échelle hors de la voie échelle,
  • Utilisation de la caméra thermique permettant d'optimiser les reconnaissances et la recherche de victimes,
  • Pas de possibilité de cloisonnement du feu (VES impossible car pas de porte entre foyer et position de la victime),
  • Calme et professionalisme des intervenants,
  • Manque de moyens de communications tactiques,
  • Train de départ insuffisant (1 pompe + 1 échelle : il faudrait à minima engager une pompe supplémentaire au départ afin de disposer d'effectifs supplémentaires qui font cruellement défaut dès les premières minutes).

Restons humbles !

Les images utilisées pour illustrer ce post ne sont pas en lien avec l'opération citée.