8 déc. 2008

Backdraft.… !

Backdraft : les signes d’alarme, une fois la porte ouverte



video
video


Pour ce sujet relatif au backdraft, nous vous présentons deux vidéos, dans celle de gauche, le feu interesse un bâtiment de plain-pied, dans l'autre il s'agit d'un simulateur.


Bien que les structures soient différentes, dans les deux cas, on retrouve des signes similaires indicateurs d'un risque imminent de backdraft.

Vidéo de gauche, Lecture Du Feu :

  • pavillon de plain pied, volume à priori clos,
  • des fumées claires (gaz de pyrolyse et certainement un peu de vapeur d'eau" s'échappent" de la toiture sous pression et par pulsations,
  • pas de flammes visibles de l'extérieur,
  • signes de chaleur confirmée sur le tiers supérieur de la porte : peinture craquelée et brûlée...
  • ouvrants : vitres non noircies (la pièce est elle confinée ou bien sont elles obstruées de l'intérieur pour les besoins de l'exercice ?),
  • sons ??? (Pas d'informations flagrantes à ce sujet).

Par contre, pas de signe des "fameuses" fumées censées pulsées sous la porte. Ce n'est pas le cas ici car le "volume" n'est apparemment pas assez étanche ce qui cause de multiples fuites, notamment au niveau de la toiture limitant de ce fait la montée en pression du bâtiment.


Malgré l'absence de "test de porte", celle-ci ne semble pas "bouillante" de haut en bas... (La aussi, la convection concentre la chaleur en partie haute, de plus les "fuites" au niveau de la toiture amplifient un sens de tirage du bas vers le haut).


Typologie floue quand tu nous tiens...


(Nous sommes effectivement en plein dans le contexte typologie floue (cf. GNR phénomènes thermiques) : certains signes sont présents mais pas tous...)


RETEX et ANALYSE


Portes et ouvrants :


Ne jamais opérer en face de la porte = ne pas stationner en face des ouvrants quels qu'ils soient, on ne sait pas à quel moment ils sont suceptibles de "lacher" (ouverture ou rupture selon le cas).



Ouverture de la porte :
1 épais panache actif et turbulent de fumées surchauffées brunes claires, s'échappant sous pression en partie haute,
2 "la veine d'air" (« air track » cher à John TAYLOR), ou le "courant de convection"
(« gravity current » cher à Paul GRIMWOOD) s'établit nettement générant d'importants échanges véloces air/fumées (denses et jaunes/brunes).
Le feu ne respire à priori que par cette porte...
(NB : signe déjà observé sur des vidéos de simulateurs backdraft comme celle de droite)
3 le mélange trop riche se dilue inexorablement, le foyer se réactive....
(NB : le mythe de l'explosion "instantanée" dès l'ouverture en prend encore un coup...)
Résultat : backdraft suivi de flashover !
A l'instar du commentateur, on n'ose pas imaginer la situation du personnel d'un BAT qui se serait engagé dans un couloir et qui n'aurait pas "lu" ces signes annonciateurs (hélas trop méconnus des pompiers français)…


Car ils apparaissent et s'amplifient très rapidement après l'ouverture de la porte (suite à l'augmentation brutale de l'apport de comburant) et il est à craindre que pendant ce critique "timing" pré-backdraft, nombreux sont ceux qui pourraient prendre le risque de progresser "pour aller chercher le feu" (sic)...
Continuons à insister sur la vitale nécessité de réaliser une lecture du feu afin de rechercher ces signes, même et surtout une fois la porte ouverte !


Comment élimiter ou tout du moins limiter les risques de survenue du backdraft dans le cas présent ?


Tout d'abord en contrôlant la porte, même après ouverture. Il conviendrait de disposer d'un outil de forcement type barre Halligan qui permettrait de rabattre la porte en cas de nécessité.


Dans le cas présent,il aurait été judicieux que les deux pompiers disposent au minimum d'un moyen hydraulique permettant un débit de l'ordre de 500 l/mn afin de pouvoir :



  1. Attaquer la masse gazeuse, à plein débit en JDA (Jet Diffusé d'Attaque), en partie haute (pour un effet de refroidissement massif visant aussi à en diminuer le volume),

  2. A envoyer, toujours à plein débit une impulsion en JDA, dans la moitié inférieure du volume de la porte afin d'utiliser le courant de convection et amener un volume d'eau vers le foyer,

  3. A refermer la porte immédiatement après afin de laisser agir la vapeur.

Pour ce faire, il est impératif que le porte-lance et son équipier agissent de manière coordonnée.


Ensuite, recommencer à l'envie à plusieurs reprises jusqu'à diminution des signes (diminution du volume des fumées, éclaircissement de ces dernières, abaissement de la température, ralentissement de la vitesse de sortie des produits de combustion mélés de vapeur d'eau).


L'attaque et l'inertage des fumées contenues dans le volume pourra ensuite se poursuivre de puis l'estérieur.


Pour des raisons évidentes de sécurité, toutes ces actions seront menées depuis l'extérieur sans rester dans le cône d'expansion des gaz (ce qui n'est pas le cas car comme on peut le remarquer, les deux pompiers opèrent quasiment en permanence face à la porte !).


On peut constater sur les images que les deux pompiers utilisent des lances de dévidoirs tournants donc ne délivrant que des débits limités. Les images parlent d'elles-même, on voit bien que bien que deux lances soient en manoeuvre, leur action reste très limitée face à un feu pleinement développé.


Et pourtant, le volume est ici de faible dimension, qu'en serait il face à un volume plus grand et développant plus de puissance ?


En résumé :


Lecture du feu précise,


Tenue de feu complète + ARI,


Ne pas stationner face aux ouvrants,


Action coordonnée de l'équipe d'attaque (ouverture de porte + attaque),


Disposer au minimum d'un moyen hydraulique puissant (500 l/mn),


Anticiper sur le risque d'évolution de la situation,


Contrôler la porte après ouverture (barre Halligan ou autre moyen),


Attaquer le ciel gazeux JDA plein débit (refroidissement) + Attaque impulsion courtes JDA plein débit (utilisation du courant de convection),


Et entraînons nous aux techniques d'ouvertures de portes et à la maîtrise de l'air...feu qui respire feu qui empire...


Restons humbles

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Top ! rien à ajouter
Bon courage et take care !