8 avr. 2009

TOOTEM...

Mise en oeuvre d'une technique d'engagement par une porte ici à la mode scandinave lors d’une formation sur feu réel (vidéo en bas de page).

Lecture Du Feu = F.F.C.O.S.
  • Fumées
  • Flammes
  • Chaleur
  • Ouverture
  • Sons

Signes observables

  1. Pulsations de fumées claires en haut de la porte par les interstices, (volume chaud et surpression en partie haute, présence de vapeur d'eau (?), de gaz de pyrolyse, feu en phase de croissance),
  2. Lueurs orangées en partie basse à droite de la porte (feu sous - ventilé, mélange gazeux riche),
  3. Chaleur probable, (mais pas de test de porte réalisé pour s'en assurer),

  4. Porte fermée, tirante gauche, ne donnant pas sur un couloir ou une cage d’escalier, et s’ouvrant presque d’elle-même…
  5. Sons ( ?)

    TOOTEM

    Test de porte (non réalisé dans l'exemple ci-après) : estimer la chaleur/plafond de fumées dans le volume + réglage du jet en JDA avec pression correcte à la lance.
    Observation – voir LDF
    Ouverture : Le positionnement du binôme empêche la maitrise de l’ouvrant ET la communication entre chef et équipier… le chef ouvre la porte du bout des doigts puis doit faire face à une inflammation soudaine des fumées dès l’ouverture !

Test du plafond : absent car attaque immédiate nécessaire.

Engagement Mini : En la circonstance, c’est plutôt "Maxi" non ?


RETEX


Pourquoi ne pas rester à la porte dont l’ouverture serait contrôlée par l’équipier pour attaquer en sécurité depuis l'extérieur avant de s’engager…?

En l'absence de victime, quelle est la plus-value de l'engagement direct et immédiat dans le volume sur l'efficacité de l'attaque ?

Sécuriser l’ouverture de porte : Le binôme se place de chaque côté de la porte puis après analyse, adaptation selon le type de porte et l’environnement (couloir, cage d’escalier, sens d'ouverture, etc...) :

  • Chef à D : prêt à attaquer avec la lance, main sur le levier de manoeuvre, selon réaction des gaz chauds au contact avec l'air, donne l'ordre d’ouverture/fermeture,

  • Equipier à G : conserve la maitrise de l’ouvrant avec une courroie d’amarre sur la poignée ou la barre Halligan glissée en bas de la porte.

Prévenir l’auto inflammation des fumées : si ces dernières ont atteint leur température d'auto-inflammation, elle peut se produire au plafond au contact de l'air lors de l’ouverture (en particulier si le BAT se trouve dans un couloir ou dans une cage d’escalier non cloisonnée) :
Appliquer deux impulsions au plafond (une à D, une à G) en JDA /45°/ débit faible, juste avant l'ouverture de porte pour que les gouttelettes en suspension inertent les gaz chauds sortant.

(Réf. GNR lances p.71 « 3.2.3 Procédure attaque feu en volume clos ou semi ouvert »).

Ne pas s'engager inutilement :

Quand cela est possible, il convient d'attaquer depuis l'extérieur du volume concerné par l'incendie (utiliser la portée de la lance) et d'inerter le volume (laisser agir la vapeur = refroidissement + rétrécissement de la plage d'inflammabilité) avant de progresser. Il est possible et nécessaire d'agir sur la masse gazeuse même lorsque le foyer n'est pas visible. Après engagement du binôme, la porte d'accès doit être repoussée afin de limiter l'apport de comburant au foyer.

Bref, « Qui contrôle la porte contrôle l'air et contrôle le feu… » clin d'oeil à notre ami Stéphane du groupe Flashover 33 pour cette adaptation de la fameuse règle.

Restons humbles.


video

3 commentaires:

batcrabere.fredceline a dit…

salut Etienne bon sujet de debat le tootem une petite question me taraude.Ce fameux test du plafond est il vraiment efficace et fiable? Pas mal de parametres rentrent en jeux pour qu'il soit efficace et fiable - faible débit -fine gouttelettes -(pas facile quand on ne possede pas des ultimatics dans les fourgons) -effectué et regardé au bon endroit. Tout cela en quelques secondes. Cette action est securitaire et importante pour le binome. Pour conclure est ce que remplacer le test du plafond par une vrai impulsion et une fermeture de porte puis reouverture de la porte une fois que l'eau que nous avons pulverisé dans les fumees a fait son action est envisagable et tout aussi efficace? bat

etienne a dit…

merci Bat pour ton commentaire et tes questions

tu as raison, la problématique est réelle pour effectuer un « test du plafond efficace et fiable »
cela dépend non seulement du type de lance :
- et entre une DMRS TFT Ultimatic et une DMR « X » (réglée à 500l/min) …le pulvérisé est tout sauf comparable,
- du réglage en terme de 5D : Diffusion, Débit, Durée, Distance, Direction
- mais surtout du porte lance et de son entraînement régulier ou non …autre débat !

Pour ces raisons, le test du plafond s’avère souvent faussé sur le terrain et il est considéré à tort comme un « feu vert » pour progresser sans action au préalable pour sécuriser le plafond de fumées en l'inertant.

Or, pour « compléter » ce test, est-ce que la Lecture Du Feu ne permet d’évaluer plus logiquement la température du ciel gazeux ?

Exemples non exhaustifs vu en simulateur, formations feux réels comme sur interventions:

* Depuis l’extérieur du volume : une Porte chaude d’aspect (cloques, carbonisation, huisseries) et confirmé au test de la porte,
* La vélocité, la densité, la couleur et la hauteur du plafond de fumées (à travers interstices, à mi- hauteur par exemple)
* Une fois engagé la Pyrolyse de matériaux visibles…
* Suite au test du plafond (dont les gouttes retombent) la présence de vapeur d’eau au sol ré aspirée vers le feu…
* Au pire l’apparition d’anges danseurs ou de Roll over, ou sur cette vidéo dès l’ouverture de porte l’auto inflammation des fumées !

Voilà autant de signes à rechercher lors de la LDF qui contribuent à évaluer la température des fumées, au-delà du test du plafond, et permettent d’affirmer logiquement que ces fumées sont à bien plus que 100°C…

Rappel sur la « Raison d’être » du TP :
Le GNR se voulant à juste titre
« sécuritaire » : il précise que le risque d’EGE est lié à la chaleur en tant qu’élément déclencheur, d’où la nécessité de «tester le plafond de fumées»,

OK, mais petit Bémol : les Fumées froides sont combustibles…

Historique : à l’origine les pionniers suédois attaquent PUIS testent les fumées pour vérifier que leur action d’inertage dans les fumées à été efficace.
Nous, on préconise l’inverse sans (à ce jour) expliquer quand, comment et pourquoi « attaquer » les fumées efficacement …

Adaptons nous selon le volume, la LDF pour plus d’efficacité et de sécurité.

Ici je te rejoins, à travers une attaque massive (« vraie impulsion ») puis la fermeture de la porte (d’où la nécessité de rester maître de l’ouvrant…) afin de laisser agir la vapeur.
Ce qui aurait permis de sécuriser l’entrée (déjà en flammes dès l’ouverture de porte) avant de s’engager.

Prends soin de ton genoux !
Amicalement

damien a dit…

Bonjour, je souhaiterai récupérer la vidéo que je trouve très pédagogique. Je n'arrive pas à la retrouver sur YouTube, savez-vous comment je peux faire. Merci.