19 nov. 2008

FLASH FIRE...

FLASH FIRE

Ce phénomène thermique, différent du flashover et du backdraft, est peu connu en France car non enseigné et non pris en compte par le GNR relatif aux phénomènes thermiques. Il est plutôt à classer dans la « famille » des Fire Gas Ignition

(FGI) = inflammation ou explosion de gaz de combustion.

EXEMPLE OPERATIONNEL

La porte fermée d’un appartement en feu donne sur un couloir. Sous l'effet de la surpression, de légères fumées se diffusent par les interstices et par le pourtour de l'ouvrant. Elles sont claires, statiques et peu chaudes voire froides … (pourquoi ? au contact de l’air : elles se refroidissent. Et puis en se diluant dans le couloir, elles se rapprochent de leur plage d'inflammabilité).

A l’ouverture de cette porte, une source d’ignition (ex : une flamme, une étincelle) vient au contact de ces fumées (combustibles !) déjà mélangées à l’air (comburant) :

Risque de survenue d'un Flash Fire (= embrasement instantané), comme on peut le voir sur la vidéo 1.

Conduite A Tenir :

Avant une ouverture maitrisée sous TOOTEM, attaque en inertant les fumées :

  • JDA angle large,
  • Faible débit (brouillards de gouttelettes en 3D - une lance type Ultimatic est parfaite pour cela),
  • et/ou ventilation hydraulique ou naturelle de ces fumées afin de réduire le risque d’inflammation (limitation du volume de combustible).

Si le mélange fumées/air se trouve dans la plage réactive (se rapprochant de la notion de stochiométrie = vitesse de réaction élevée = allure explosive) :

Risque de SGE (Smoke Gas Explosion = explosion de gaz de combustion), autre type de FGI, ainsi que l'on peut le voir sur la vidéo 2 (on y est presque, notons l'effet de souffle).

EXEMPLE OPERATIONNEL

On peut retrouver dans les volumes adjacents (surtout supérieurs, convection oblige), du/des volume en feu ces fumées claires, plutôt légères …
Une source d’ignition (flamme, étincelle, braise …) peut être transportée (ex : via gaines techniques, VMC, faux plafonds …) du volume embrasé vers ces zones de « pré mélange fumées/air ».

En cas de mélange idéal (stochiométrique) : SGE, avec risques potentiels d'atteinte des structures vu les pressions atteintes, 8 bars potentiellement…(cf. livre de John TAYLOR "Smoke Burns") car ce sont des gaz à haut potentiel énergétique, du fait de l’omniprésence des matériaux synthétiques dans les bâtiments à usage d’habitation, commercial, de bureaux,etc...

Conduite A Tenir :

En présence de fumées blanches = méfiance (car à contrario des fumées noires et épaisses, trop « riches » en combustible pour s’enflammer ; ces fumées claires et légères sont plus proches de leur plage d’inflammabilité, voire du Mélange Idéal CQFD !)

Lors des reconnaissances, isoler ces zones du volume en feu en fermant les portes, et inerter puis ventiler hydrauliquement ces fumées.

Dans les simulateurs (voir vidéo ci-jointe), ce risque est pris en compte et les formateurs travaillent avec des palettes qui dégagent des gaz moins riches. A contrario, avec de l’aggloméré ou, pire sur interventions avec l’omniprésence des polymères, le risque est réel.

Reportons nous au retex « english victorian house » de J. TAYLOR sur :

www.smokeburns.com

Ce dernier m'a confié avoir pu constater de visu lors d'un brûlage de ce type réalisé en Suède avec des panneaux d’agglomérés comme combustible, que le simulateur avait bougé de plusieurs dizaines de cm…

Mais soyons rassurés, nul besoin de mise en place d'une "filière" de formateurs incendie afin de nous former à des phénomènes thermiques étudiés depuis 20 ans ailleurs en Europe et malheureusement toujours ignorés en France en 2008 par la majorité de nos collègues, qui sont quotidiennement exposés aux risques sur le terrain…

Une seule fois suffit … à méditer.

Restons humbles.

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